Le rôle des différents membres d’une équipe créative

Conclusion

S’il y a bien une chose dont on se rend compte en décortiquant le processus de fabrication des comics, c’est qu’ils sont le fruit d’une collaboration. Le dessinateur n’est pas juste une main qui tient le crayon pour donner vie au seul génie créatif de l’Auteur du scénariste, le coloriste n’est pas juste la personne qui met des couleurs sur une planche qui aurait de toute façon été très bien en noir et blanc, un bon lettrage est important pour une bonne expérience de lecture et ainsi de suite.

A moins que l’équipe créative détaille précisément la façon dont elle a travaillé sur une page ou un chapitre en particulier, en tant que lecteurs nous devons avoir l’humilité de reconnaître que nous ne savons pas qui a eu telle idée qui nous paraît excellente (ou mauvaise !) car nous ignorons complètement tous les échanges ayant eu lieu entre les différents membres de l’équipe créative pour arriver au résultat final.

Quand un passage nous émeut, ce n’est sans doute pas juste les mots qui sonnent justes : c’est aussi peut-être l’expression des personnages et le choix des cadrages, les couleurs qui influent sur l’ambiance… C’est un tout auquel toute l’équipe créative a participé.

A nous donc de leur rendre justice à leur travail, de ne plus citer juste le nom du scénariste quand on parle d’un titre sur un forum, dans une review, dans une conversation… En somme, de désapprendre à dire « Watchmen par Alan Moore ».

Pour aller plus loin

3 commentaires

  1. Ah je n’avais pas vu ce nouveau billet ! Excellent boulot comme d’habitude ! Merci.

    On sous-estime souvent le travail de certains membres de la chaîne créative des comics, alors que c’est vrai qu’ils ont tous leur importance. Merci de les remettre tous en avant, et surtout le fait que c’est la combinaison des différents membres qui fait un bon ou mauvais (selon ses goûts bien entendus) comics. Et quand il y a une alchimie entre les auteurs, ça se sent tout de suite, comme dans le cas de Squirrel Girl, Superior Foes ou Sex Criminals.

    Et puis vu que dans cette industrie, les différents artistes (que ce soit scénariste, dessinateur, encreur, coloriste, lettreur) changent régulièrement de collaborateurs, on peut vraiment voir l’impact de chacun d’entre eux sur le résultat collectif.

    Ceux qui arrivent à faire de bons comics en team sont vraiment des champions, car c’est peut-être ce qui est le plus difficile. Un auteur qui fait tout lui-même sait où il veut aller. Certes il doit essayer d’être excellent dans tous les domaines, mais il a moins de risque de se trahir lui-même, de se desservir, tout au long du processus. Une team ou chacun arrive à mettre en valeur l’autre, c’est toujours impressionnant. Je me souviens de Art Spiegelmann qui disait dans la préface de « Cité de Verre » adapté du bouquin de Paul Auster par Mazzucchelli et Paul Karasik qu’il n’imaginait pas, avant de lire cette BD là, qu’on puisse faire un chef-d’oeuvre avec une collaboration.

    Bon et j’ai énormément de respect pour ses artistes qui arrivent à tenir le rythme mensuel. D’ailleurs la citation de Smallwood qui cite Latour est excellent. Et j’ai du rester aussi pour celle qui fait des aplats de planche en 2h max, parce que moi pour avoir fait ça occasionnellement pour certains auteurs, je peux dire que je n’avais pas la même cadence (ok, c’est du franco-belge, donc y avait sûrement plus de cases, mais quand même). Et je suis toujours impressionné par ces coloristes qui ne se perdent jamais dans leur colo et qui n’oublie jamais de mettre en avant la lisibilité et de parfaire l’ambiance d’un titre.

    Bon voilà, je vais arrêter là mon pavé. C’est toujours un plaisir de te lire en tout cas, Cosmos, et vivement une autre analyse des comics de ta part.

    1. Merci, ça me rassure que tu ne les trouves pas trop long, j’ai toujours peur de perdre les gens avant la fin avec ce genre de dossiers xP

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