[Review] X-treme X-men (2012)

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X-treme X-men, ou l’alliance improbable entre le cuir-moustache et les cupcakes, avec un peu de licornes dedans.

Juste avant de partir faire papier-peint chez Bendis, Dazzler a été à la tête d’une petite équipe de mutants venus d’autres dimensions, et chargée par un Charles Xavier alternatif d’éliminer 10 méchants prof. X dans d’autres dimensions. Western, antique-steampunk, poneys… (!) le dépaysement est souvent total, chaque chapitre réserve une petite surprise (révélation, rebondissement, nouveau membre dans l’équipe…) et la découverte des versions locales de nos chers mutants est plutôt amusante. Malheureusement le titre souffre très rapidement d’un manque d’identité et donne le sentiment d’une lecture banale. Les dessins y sont pour beaucoup : plusieurs artistes tournent rapidement sur le titre, leurs prestations allant de “ça va encore” à “mon dieu ce que c’est laid”. Les personnages féminins et particulièrement Dazzler sont souvent représentées inutilement arquées et dans des tenues minimales (costume de Princesse Leia version esclave dès le premier monde visité, bam ! o.Ô), et c’est assez étrange de réaliser que les efforts réalisés sur la représentation des femmes et le choix de leur tenue sont tout de même très récents. Ce titre n’a que 2 ans, et pourtant il donne l’impression d’être déjà vieux, en versant ainsi dans le cliché sexiste et en donnant raison à ceux qui trouvent que “les comics, c’est quand même souvent moche”.

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Une conception très personnelle de l’anatomie humaine.

Au niveau de l’histoire et du ton, Greg Pak joue sur plusieurs tableaux mais sans vraiment y aller à fond à chaque fois. En un peu plus délirant, le résultat aurait pu être proche du déjanté Nextwave d’Ellis et Immonen, mais non. Le passage dans un monde où les robots ont éradiqué les humains pour s’approprier leur territoire fait clairement référence à l’histoire d’un certain pays, mais l’allusion reste légère. C’est d’autant plus dommage qu’après un certain nombre de chapitres et quelques ajustements faits à l’équipe de départ, l’auteur avait réuni une équipe assez diversifiée (ce qui nous amène à des thématiques très actuelles dans les comics) et on sentait que la sauce commençait à prendre. Mais je suppose que le titre n’a pas battu des records de vente, et il s’est arrêté après la fin de l’intrigue concernant les 10 prof. X, en plein X-Termination, un crossover ignoble et ultra-moche avec les séries Astonishing X-men et Age of Apocalypse (ce qui fut l’occasion de valider un 3e cliché : “avec ces crossovers et ces events dans tous les sens, les comics de super-héros on comprend rien”).

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Point Minorités™ (y avait longtemps que je ne l’avais pas sorti) : comme l’indique l’image ci-dessus, la principale raison pour laquelle on a entendu parler de cette série, c’est que le Wolverine alternatif de l’équipe de Dazzler sortait avec le Hercule de sa dimension. On note aussi l’inclusion du caporal Scott Summers, un Cyclops noir qui était esclave sur sa Terre d’origine. Une telle équipe aurait pu donner des résultats intéressants (surtout menée par une ex-chanteuse disco qui transforme le son en lumière) et explorer les thèmes très x-menien de la discrimination, des minorités etc. mais comme son nom l’indique, X-Termination a massacré plusieurs versions alternatives des mutants connus (cliché n°4 : “un event n’en est pas un s’il n’y a pas au moins quelques morts”). Comme le titre était d’une importance toute mineure, je suppose qu’on n’en reverra jamais la plupart…

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C’est assez dommage, car malgré ses défauts X-treme X-men répond à une demande très actuelle de voir des héros qui ne soient pas tous des mannequins blancs hétéro, mais il est l’exemple même de la série sympa sans plus qui n’a jamais vraiment brillé. Une bonne idée très pauvrement exécutée.

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