Un weekend à la Paris Comics Expo 2014

Ça faisait quelque temps que je n’avais pas été à une convention, mais on m’avait dit du bien de celle-ci et puis il y avait la talentueuse Sara Pichelli ainsi que Jeff Lemire (qui a finalement dû annuler) alors je suis retourné me mêler à la foule pour deux jours.

Samedi

J’arrive un peu avant 9h pour une ouverture à 9h30, le temps que la file descende les escaliers je réalise qu’une autre s’est formée au niveau de la deuxième série d’escaliers, résultat il y a deux files qui correspondent à… ben on sait pas vu qu’il n’y a ni affichage ni info. Là je commence à me souvenir pourquoi je ne vais plus aux conventions (après un peu d’attente et des gens qui vont là où ils veulent, un membre de la sécurité dirige cependant les personnes n’ayant pas de billet vers une file spécifique).

Première destination une fois entré un peu après 10h : le stand de Sara Pichelli pour savoir si elle prend encore des commissions. (La pauvre a sans doute dû répondre à la même question un bon paquet de fois en début de matinée, mais en gardant le sourire !) La réponse est non, sans surprise, mais elle nous invite gentiment à revenir demain. Je règle donc mentalement mon réveil sur “très-très-tôt-demain-matin”.

Après un petit tour du salon, qui n’est pas si grand finalement, c’est déjà l’heure de la principale conférence que j’attendais ce jour-là, à savoir celle de Katchoo sur Wonder Woman. Une intervention vraiment intéressante où elle a notamment beaucoup parlé de son créateur : l’atypique William Moulton Marston, un psychologue qui a inventé le détecteur de mensonge, vivait une relation polyamoureuse et avait un certain goût pour le bondage. Le tout avant d’évoquer les différents remaniements auxquels a eu droit l’héroïne au fil du temps, pas toujours très heureux. Je crois cependant que l’info qui m’a le plus marqué est une réponse à une question du public, à savoir “comment Wonder Woman a-t-elle rejoint les rangs de la Justice League ?” “Après un vote des lecteurs qui ont déterminé si elle avait bien le droit, et dans les faits elle occupait surtout un rôle de secrétaire pendant que les garçons allaient au combat.” o___O

A 14h30, nouvelle conférence où François Hercouët s’est aussi imposé comme une Personne De Goût™ : après le T-shirt Spider-Gwen de Katchoo, celui-ci arborait sous sa chemise le Comics are for everybody lancé par Jordie Bellaire il y a quelques mois. Le directeur éditorial d’Urban Comics a présenté leur planning pour 2015, et je propose presque qu’on renomme l’éditeur “Batman & Image Comics” tellement l’année à venir s’annonce chargée en titres du Batverse et en publications venant de chez Image. Ce qui n’est pas pour me déplaire en fait, surtout quand ils annoncent déjà l’arrivée de la Batgirl of Burnside en librairie ou la publication de Trees. Cf. le récap. de DC Planet pour les titres de DC, et les commentaires de l’article pour le listing des titres Image.

Je n’ai pas assisté à la conférence Panini parce que j’achète tous mes titres Marvel en VO (je n’ai plus aucune confiance en les traductions de la firme italienne), cependant j’ai été ravi de lire plus tard que l’excellente série Silver Surfer allait sortir en librairie, ainsi que la géniale Ms. Marvel mais ça on le savait déjà.

Dimanche

J’ai dû poser 2 jours de repos pour aller à cette PCE, dont l’objectif avec l’annulation de la venue de Jeff Lemire était en grande partie d’obtenir un dessin de Sara Pichelli (sachant que je n’ai rien à lui faire signer vu que tout ce que j’ai lu d’elle c’était en numérique :P), du coup je n’ai pas lésiné sur les moyens pour obtenir un dessin en arrivant à 7h du mat’, soit 3 heures avant l’ouverture des portes.

…sauf que j’avais oublié mon bracelet-qui-indiquait-que-j’avais-un-billet-2-jours chez moi, bref, le temps de refaire l’aller-retour jusque chez moi il était 8h15 (insérer ici diverses lamentations). L’ambiance était finalement plutôt sympa dans la file d’attente, on se demandait mutuellement pour qui on était là si tôt, en consultant le plan pour savoir vers quel stand courir comme des dératés se diriger (en espérant qu’on ne soit pas tous là pour le même artiste et en stressant parce qu’il y avait OH MON DIEU 10 personnes devant nous c’est FOUTUUUU). Ça s’est légèrement détérioré quand on a vu que, plus l’heure tournait, plus des gens en profitaient pour gruger en mode “nan mais un pote attend pour nous depuis des heures” ou en se greffant à la file, comme ça, l’air de rien. Enfin bon~ Ce qu’il y a à retenir, c’est que Sara Pichelli ne prenait de commandes que pour 6 sketches ce matin et que je faisais partie des 6 premiers dans sa file, donc ça s’est bien goupillé pour moi.

11h30, nouvelle conférence sur Alan Moore cette fois-ci, animée par Xavier Fournier et Lise Benkemoun du magazine Comic Box, visiblement rompus à l’exercice de la conférence et hyper à l’aise. J’ai beaucoup aimé cette présentation, qui mettait en évidence certains thèmes chers à l’auteur, comme par exemple le surhomme qui est tellement au-dessus de tout qu’il devient détaché de l’humanité (comme le Dr. Manhattan dans Watchmen, mais aussi Miracleman dans la série du même nom dont il faut absolument que je finisse le premier tome à présent). Ils faisaient aussi remarquer que Moore avait souvent tendance à dynamiter les titres sur lesquels il arrivait, en révélant notamment que ce qu’on savait sur leur personnage était en partie faux et en réécrivant ainsi ses origines (ce qui donne des moments assez marquants, comme la révélation de la véritable nature de Swamp Thing). Bref, j’ai eu pas mal de moments “mais oui mais c’est bien sûr !” qui m’ont donné envie de lire et de relire du Alan Moore.

14h, conférence sur les vilains dans les comics cette fois-ci (et où, définitivement, il devenait évident que placer le stand des R2D2 builders avec leurs petits robots qui font bidibip tout le temps juste à côté de la salle de conf’ n’était pas l’idée de l’année). Alex Nikolavitch n’a paradoxalement pas tant parlé de comics que ça, en revenant beaucoup sur les origines des “super-vilains”, que ce soit dans le monde réel (Vlad Drakul, Gengis Khan…) ou dans la littérature papier, notamment les romans-feuilletons comme Les trois mousquetaires avec le cardinal de Richelieu. Cela pour mettre en valeur la nécessité pour un super-vilain de revenir

On refait un dernier tour pour admirer les cosplayeurs sur la scène, récupérer un dessin chez Sara Pichelli qui a été extraordinairement souriante tout le temps (scan à venir) et on rentre chez soi !

Bref, une édition dont je n’attendais finalement pas grand-chose étant donné que je ne lisais pas les œuvres de pas mal d’invités (à quand Kelly Sue DeConnick et Kevin Wada ? à quand ?), mais les conférences ont été instructives 🙂

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