[Review] The Green Hornet, par Mark Waid

Wouhou, je suis en vacances ! Ce qui veut dire un peu plus de temps pour écrire, je devrais donc pouvoir alimenter le blog plus régulièrement pendant les 2 semaines à venir. Peut-être pas avec des chroniques à rallonge, mais des avis plus courts sur ce que j’ai lu dernièrement. On commence aujourd’hui avec un titre de chez Dynamite.

Jusque récemment je ne connaissais pas du tout le Frelon vert, par contre j’aime beaucoup Mark Waid et la sensibilité qu’il déploie dans ses œuvres, notamment sur Daredevil actuellement. Comme son run sur The Green Hornet s’est récemment achevé, c’était l’occasion de tenter.

image

Nous sommes dans les années 40, à Chicago. Britt Reid a hérité de son père le quotidien Sentinel, dans lequel il arrive à confondre criminels et autres politiciens véreux avant tout le monde. Mais comment fait-il ? Lorsque le soir tombe, il revêt son masque et devient The Green Hornet, la terreur des bas-quartiers. Sauf que, comme on pourrait le penser, il ne joue pas les justiciers masqués à la Batman. C’est même exactement le contraire : il se fait passer pour un criminel et c’est en gagnant la confiance des malfrats qu’il arrive à être au courant de leurs plans.

Tout bascule le jour où l’homme qu’il accuse publiquement d’être responsable de plusieurs sabotages commet une tentative de suicide et, en plus, est loin d’être le coupable…

Autant l’avouer tout de suite : j’ai été un peu déçu. Les 13 chapitres du run se lisent bien, aucun problème là-dessus, mais quand on voit le nom de Mark Waid sur la couverture, on s’attend à mieux. Le problème vient surtout des dessins, qui m’ont rebuté jusqu’au bout. Les personnages ont tendance à énormément se ressembler, ce qui rend parfois difficile leur identification. On dira ce qu’on voudra de la représentation de la diversité, mais un des avantages d’un cast aux origines variées et dont on ne parle pas assez, c’est qu’il évite de se demander tout le temps “raaah mais c’est QUI cet énième homme blanc d’âge mûr en costume ? è_é”. Le contexte de l’époque ne le permettait peut-être pas, mais il y avait sans doute moyen de rendre les personnages plus dissemblables.

Daniel Indro puis Ronilson Freire proposent des styles graphiques qui correspondent à une certaine conception assez vieillotte de la bande dessinée, où le talent d’un dessinateur ne semble se mesurer qu’au niveau de détail de ses cases, que ce soit la richesse d’un décor où le nombre de plis d’un vêtement (personnellement je privilégie d’autres aspects, tels que la retranscription de l’énergie d’une scène d’action, la précision des expressions faciales etc.). Le titre aurait pu exhaler un envoûtant parfum rétro, au lieu de ça il faudra se contenter d’un classicisme plan-plan. Côté couleurs, Marcio Meniz offre cependant de sympathiques ambiances colorées.

image

Un extrait d’une couverture qui résume bien le principal défaut du titre : L’INVASION DES HOMMES BLANCS EN COSTUME.

Au niveau du scénario par contre, sans être ébouriffante l’histoire propose des enjeux plutôt intéressants : jusqu’où va le pouvoir de la presse à une époque où les journaux sont LA principale source d’information ? Combien de temps avant que quelqu’un ne fasse le lien entre les scoops du Sentinel et les agissements du Green Hornet ? Combien de temps le héros pourra-t-il prétendre être un vilain sans que les crimes commis par les malfrats à sa botte ne finissent par le rattraper ? Est-il possible de tout arrêter ?
En 13 chapitres, Mark Waid propose plusieurs renversements audacieux du statu quo ainsi qu’une histoire bien ficelée, qui a le bon goût de ne pas s’éterniser. Je me demande quand même quel aurait été le résultat avec un autre dessinateur, Paolo Rivera par exemple, qui s’est occupé de toutes les couvertures et qui, à l’inverse de ses confrères des pages intérieures, possède un style à la fois sobre et stylisé (*se prend à rêver d’une histoire située dans les années 40 avec des spécialistes du style vestimentaire comme Kris Anka ou Jamie McKelvie*).

Conclusion : une histoire que je ne recommanderais pas spécialement vu les faiblesses du dessin, mais qui m’a tout de même permis de découvrir un personnage dont j’ignorais tout et au concept plutôt intéressant (les justiciers aux méthodes brutales je connaissais, mais un héros qui va jusqu’à jouer le super-vilain pour combattre le crime, ça c’est original). Je surveillerai les autres itérations du personnage, on ne sait jamais.

Laisser un commentaire