[review] The Amazing Spider-Man : Le destin d’un héros

Il y a 2 ans, à l’été 2012, j’errais un peu dans Paris en me disant que j’irais bien voir un film, mais sans grande conviction. Je n’avais lu aucune critique récemment et les affiches de ne disaient rien. Enfin si, il y avait ce relaunch de The amazing Spider-Man avec Andrew Garfield et sa touffe improbable. Allez, je rentre dans la salle, sans m’attendre à quelque chose d’exceptionnel, mais au moins à être un peu diverti. Et en fait c’était une excellente surprise ! Malgré quelques moments de bravoure un peu chargés en bons sentiments, le film était frais et réjouissant.

Même si je ne suis pas particulièrement fan des aventures de Spider-Man en solo, j’allais donc être au rendez-vous pour ce deuxième opus, dans lequel le Tisseur affronte cette fois-ci Electro tout en essayant de concilier super-héroïsme et vie amoureuse.

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Le côté “vie amoureuse” est très bien retranscrit, ce qui ne surprend pas quand on sait que Marc Webb avait déjà réalisé (500) jours ensemble. Dans cette comédie romantique toute sympathique, Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel incarnaient deux amoureux dans une relation dont on nous racontait le début, la fin ainsi que plein de moments entre les deux et pas spécialement dans l’ordre, ce qui faisait son originalité.

C’est avec le même talent que Marc Webb filme la relation entre Peter Parker et Gwen Stacy, ponctuées de passages tantôt absolument charmants, tantôt complètement déchirants. Le danger de côtoyer un super-héros y est bien sûr évoqué, tout comme l’éventualité de prendre des chemins différents. La Gwen Stacy d’Emma Stone est d’ailleurs particulièrement attachante, par son attitude d’une part, mais aussi par ses connaissances scientifiques qui lui permettent de se poser en alliée de Spider-Man, et pas juste en demoiselle en détresse ou simple love interest un peu mignonne-et-c’est-tout. Comme il ne peut pas terrasser ses ennemis par la force brute, il doit se montrer plus malin qu’eux. Et quoi de mieux pour l’aider qu’une brillante étudiante major de sa promo ?

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Un autre aspect bien rendu est la tragédie inhérente à Spider-Man, qui sauve tout un tas de vies en racontant blague sur blague et incarne l’espoir pour la population de New York, mais met par là-même en danger les quelques proches qui comptent pour lui, quand il ne les déçoit par ses mensonges, ses obligations secrètes, ses erreurs. Plus il rend heureux des inconnus, plus sa vie personnelle en souffre.

Mais en parlant de souffrance, Peter Parker n’est pas la seule victime du film. Si l’humour fait toujours autant mouche, The amazing Spider-Man 2 donne globalement l’impression d’avoir été trop chargé en intrigues diverses, de façon à introduire un maximum de personnages de la franchise en 2h21, sans doute pour rattraper le plus vite possible Marvel Studios sur le terrain des univers étendus*. Les dégâts sont particulièrement visibles lors des scènes où certains personnages deviennent des vilains. On comprend qu’il s’agissait de bons gars malmenés par la vie, ayant nourri un certain ressentiment auquel un accident ou une conjecture particulière donnent l’impulsion qui leur fait franchir la limite, les fait basculer du côté obscur. Mais le film va beaucoup trop vite pour qu’on ressente vraiment ce glissement. C’est d’autant plus dommage vu la sensibilité avec laquelle les moments entre Peter et Gwen ont été rendus, et le côté un peu improbable du matériau de base (on prend un individu, il se passe de la scieeeence et *paf* ça fait des Chocapics un super-vilain) qui nécessitait d’être réactualisé. La psychologie des ennemis de Spider-Man, dont on perçoit clairement les embryons d’un développement crédible, semble avoir été sacrifiée sur l’autel de la stratégie commerciale pour amener The amazing Spider-Man 3 et le spin-off The Sinister Six, centrés sur les vilains.

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Visuellement par contre, le film propose pas mal de scènes de virevolte qui donnent juste envie de se balancer à une toile dans New York, et les manifestations des pouvoirs d’Electro sont aussi impressionnantes qu’esthétiques.

En résumé, un film un peu bancal, qui alterne entre des moments sincèrement sympathiques et réussis, et une action un peu précipitée, qui déçoit par la rapidité avec laquelle elle introduit tant de menaces insuffisamment développées.

* : les droits d’exploitation des personnages Marvel au cinéma n’appartiennent pas tous à Marvel Studios. Les Avengers sont par exemple dans son giron, mais les droits de Spider-Man appartiennent à Sony depuis les films de Sam Raimi, tandis que ceux des X-men ou des Fantastic Four avaient été vendus à la Fox. Si ce n’est pas clair, ce diagramme des Geek Twins résume clairement qui appartient à qui :

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Fait surprenant, la scène post-générique (enfin, elle arrive pendant le générique) annonce X-Men: Days of future past de la Fox. Contrairement à Captain America 2, il n’y en a qu’une, vous pouvez donc sortir de la salle juste après sans attendre la toute toute fin des crédits juste au cas où :p

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