Spider-woman et les autres sorties de ces dernières semaines

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L’univers Marvel actuel résumé en une phrase, courtesy of Maria Hill. Autrement, retour sur le début de la nouvelle série Spider-Woman qui a débuté hier, avec quelques mots sur d’autres sorties récentes.

  • Marvel
    • Spider-Woman #1
    • Loki: Agent of Asgard #8
    • Black Widow #12
    • Marvel 75th anniversary celebration
  • DC
    • Batgirl #36
    • Gotham Academy #2

Spider-woman #1

On peut enfin juger sur pièce de la fameuse série qui avait tant fait parler d’elle à cause de sa couverture alternative signée Milo Manara. Mon avis sur la polémique ? Assez proche de celui de Kelly Thompson en fait : c’est plutôt le choix de Greg Land pour les pages intérieures que je trouve douteux.

Mais comme on a déjà énormément parlé de l’emballage de cette série, je propose de passer à ce qu’il y a à l’intérieur. Comme nous l’explique le récapitulatif en première page, ces nouvelles aventures de Jessica Drew commencent en plein Spider-Verse, un des events Marvel du moment où les spider-men (voire -women) de toutes les dimensions sont pourchassés par les inheritors, qui les exterminent en se nourrissant de leur force vitale. Comme il semblerait que Silk (une jeune femme mordue par la même araignée radioactive que Peter Parker et introduite à l’occasion de l’event Original Sin) attire particulièrement ces ennemis, Jessica Drew et le Peter Parker de Spider-Man: Noir (qui se déroule dans les années 30) sont chargés de l’accompagner à travers les dimensions en espérant attirer ces ennemis loin des autres versions de Peter Parker, en essayant de ne pas mourir eux-mêmes au passage.

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Dans les points positifs, c’est un vrai plaisir de réentendre la voix de Jessica Drew, qui se retrouve à veiller sur une petite nouvelle au cœur d’or mais un brin hyperactive et qui n’a pas tout à fait conscience de l’ampleur du danger. Or Jessica n’est pas vraiment un leader-né, et c’est très amusant de la voir essayer de gérer tout ce petit monde (oui, d’autres têtes connues débarquent un peu plus tard dans le chapitre). Malgré son expérience au sein des Avengers notamment, on retrouve ses fêlures : son syndrome de l’imposteur, son manque de confiance en elle qui lui font douter en permanence de sa capacité à remplir correctement sa mission. Le tout mâtiné de son humour un brin caustique, qui essaie de masquer tant bien que mal ses insécurités. Le contraste se remarque d’autant plus que les autres personnages du chapitre ne sont pas vraiment du genre à se prendre la tête.

Dans les points négatifs, je ne suis toujours pas fan de l’approche ultra-esthétisante de Greg Land, notamment les cheveux de ses héroïnes qui ont toujours l’air de voler au vent de façon glamour même lorsqu’elles ne bougent pas dans une pièce fermée. Le moment où une femme se fait attaquer au marché manque même complètement de clarté, j’ai dû relire le passage deux ou trois fois pour comprendre correctement l’enchaînement des événements. Certaines expressions faciales sonnent faux, autrement. L’ensemble reste plus agréable à regarder qu’un énième style graphique banal, mais j’attends déjà un changement de dessinateur. Aux couleurs, Frank d’Armata crée par contre une jolie ambiance sépia lors de la séquence prohibition.

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Dans une de ses réponses suite à la polémique autour de la couverture de Manara, Tom Brevoort se fendait notamment d’un “not every comic book is for every reader” très politiquement correct. Et clairement, on sent que ce titre-là n’est pas dans la même veine que Ms. Marvel ou Batgirl, qui peuvent tout à fait être les premiers comics de jeunes lectrices. On est plutôt dans un titre rassemblant de belles jeunes femmes bien mises en valeur mais sans excès (enfin, sorti de cette fameuse couverture de Manara)(bon OK, et de la couverture de Land qui accumule les erreurs d’anatomie grossières) qui s’adresse au lectorat masculin existant. Un lectorat si possible au courant des derniers grands événements de l’univers de Spider-Man d’ailleurs, car même si la première page de l’histoire nous explique bien qui sont Silk et Spider-woman, je pense que quelqu’un qui débarque dans l’univers Marvel via ce titre aura un peu du mal à s’y retrouver entre tous ces spider-personnages qui visitent trois dimensions en un seul chapitre, avec une héroïne dont la mission est apparemment déjà en train de changer.

En bref, ce premier chapitre nous confirme que Dennis Hopeless sait parfaitement restituer la personnalité de Jessica Drew, je suis cependant plus réservé sur la partie graphique et le manque d’accessibilité de la série aux lecteurs qui ne liraient pas Spider-Verse.

Et les autres séries Marvel

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Je ne sais pas dans quelle mesure les auteurs sont contraints ou se proposent d’écrire des tie-in à tel ou tel event, mais je suis toujours épaté par la façon qu’a Al Ewing de tirer parti des événements extérieurs pour nourrir son histoire dans Loki: Agent of Asgard #8. Loki voulait changer ? Eh bien que son vœu soit exaucé ! Grâce à l’inversion ayant eu lieu dans AXIS, Loki est à présent devenu bon et se comporte en héros. Mais ses exactions sont-elles vraiment derrière lui ? Un certain K. L. n’a pas l’air tout à fait d’accord… Pour amener toutes ces infos, le chapitre use à mort d’un narrateur omniscient et plusieurs notes de l’éditeur nous proposent de lire tel ou tel chapitre d’AXIS / AXIS Revolutions pour en savoir plus sur certains détails, mais le tout reste très accessible et, mieux encore, agréable (et puis pour avoir lu les chapitres en question, on ne perd rien en passant à côté…). Mention spéciale à l’avant-dernière page où le dialogue entre Verity et Lorelei est du Loki: AoA pur jus, que ce soit dans les mots ou dans les expressions que dessine Lee Garbett, toujours aussi irrésistibles.

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Autrement, j’avoue que je commençais à décrocher tout doucement de Black Widow. Tout cet arc sur l’entourage de Natasha faisait sens après que le premier était consacré à la tentation de céder à la paranoïa et de se couper de tout, mais donnait plus l’impression d’une succession de team up vaguement reliés par un fil conducteur assez ténu que d’une histoire cohérente. Et c’est là qu’arrive le chapitre #12, où la Veuve ne fait pas équipe avec une figure connue mais où certains événements la rattrapent, en parfaite cohérence avec tout ce qui a été développé précédemment sur le thème de la solitude, des dangers de la vie d’espionne pour son entourage etc. OK Nathan Edmondson, j’ai tort d’avoir douté.

Il y a quelques semaines est également sorti le Marvel 75th anniversary celebration, un recueil de courtes histoires entrecoupées de fausses couvertures, qui célébraient l’héritage de la maison. La première était l’occasion d’évoquer les débuts des grandes figures Marvel pour se terminer sur la petite dernière : Ms. Marvel ; un petit chapitre assez sympa qui reliait le passé à l’avenir mais qui présentait surtout l’avantage de voir tout ce petit monde dessiné par Chris Samnee et colorisé par Jordie Bellaire. On note aussi deux chapitres résolument rétro : un dessiné par Bruce Timm dont le style colle à merveille à cette ancienne histoire de Captain America scénarisée par Stan Lee, et un autre sur Spider-Man notamment dessiné par feu Stan Goldberg, plus connu pour son travail sur Archie. Je passe vite fait sur le dernier chapitre sur Wolverine que je trouve sans grand intérêt pour en arriver à LA raison pour laquelle j’ai acheté cette mini-anthologie : une histoire inédite d’Alias par l’équipe d’origine, où Jessica Jones reprend temporairement du service pour venir en aide à une vieille dame qui cherche quelqu’un qu’elle a croisé il y a 75 ans. Et il y a surtout cette case :

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Mais oui ! MAIS OUI ! Vas-y ! Lâche ton bébé et remets-toi au boulot ! On reverra clairement Jessica dans la série Netflix qui va bientôt lui être consacrée, mais je suppose que Marvel ne ratera pas l’occasion de la mettre en scène dans une série au même moment, mais bon, faut-il vraiment attendre l’arrivée de la série ? On est d’accord que non, hein ? Et puis quand je vois la façon dont Maria Hill lui résume l’état actuel de l’univers Marvel, je me dis qu’il manque vraiment un titre avec ce genre de regard sur les choses : un peu détaché, qui ne prend pas trop les choses au sérieux, mais qui reste très humain.

Du côté de chez DC

La bonne nouvelle, c’est que Batgirl #36 confirme tout le bien qu’on pouvait penser de l’équipe créative. Les auteurs nous offrent une nouvelle fois un chapitre assez dense mais plus facilement compréhensible que le précédent étant donné qu’ils peuvent un minimum capitaliser sur les informations données dans le #35 au lieu de devoir tout présenter EN PLUS de raconter une histoire.

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Leur choix de faire tenir une enquête complète en 20 pages tout en continuant à développer le fil conducteur présenté à la fin du chapitre précédent les a sans doute obligé à utiliser le moindre espace disponible, ce qui nous évite des cases pleine page voire des doubles pages, et en ces temps de décompression (parfois) à outrance, ça fait toujours du bien. Mention spéciale au flashback sur l’enfance de Barbara, où celle-ci s’investit de façon un peu trop émotionnelle dans un dessin animé qu’elle regarde à la télé, et qui est assez touchant. Et puis ai-je mentionné le sens du style qu’ont tous les personnages ?

Par contre, toujours déçu par Gotham Academy. Dans ce chapitre #2, la narration d’Olive me fait penser à, vous savez, cette personne sur Facebook qui ne va pas très bien mais qui, au lieu d’en parler précisément, se contente d’écrire des statuts cryptiques ? Maintenant imaginez ça sur 20 pages avec un léger soupçon de gothique. Les dessins et surtout les couleurs ont beau être magnifiques, c’est non.

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