Sorties comics VO du 25/06 et du 02/07/14

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Au programme cette semaine :

  • All-new X-Factor #10
  • Black Widow #8
  • Earth 2 #25
  • Moon Knight #5
  • Ms. Marvel #5
  • New Warriors #6 et #7
  • Original Sin #5
  • Original Sins #2
  • Trees #2

All-new X-Factor #10

Les X-Factor partent à la recherche de Georgia qui vient d’être enlevée par Memento Mori, pendant que Gambit s’attend à de sérieuses représailles de la part de son boss après son “erreur” dans le chapitre précédent.

AnXF est un peu le genre de série qui me fait douter de l’intérêt de chroniquer chaque mois certains titres, tellement ils sont bons tout le temps. Comment on fait pour trouver régulièrement de nouveaux trucs à dire dessus quand ils gardent les mêmes qualités d’un mois sur l’autre, sérieusement ?

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Ici la bonne nouvelle c’est que la série n’a rien perdu de son humour, et mieux, elle se renouvelle. Jusqu’ici c’était surtout l’absence totale de tact de Danger ou bien les chamailleries entre Quicksilver et Gambit qui venaient détendre l’atmosphère (Quicksilver à lui tout seul EST un élément comique de toute façon). Dans ce chapitre, c’est la confrontation entre Georgia et Memento Mori qui surprend par sa légèreté : l’une vient d’être enlevée par l’autre, mais les deux citent James Bond. Plus tard, on est entouré par les forces de police mais on débat sur le premier film de Star Trek.

Je découvre actuellement la précédente mouture d’X-Factor via sa réédition en complete collection, et c’est assez intéressant de voir comment l’auteur arrive à faire en gros la même chose mais en se renouvelant. Dans un cas comme dans l’autre, il a été chercher des quatrièmes couteaux qu’il a su rendre rapidement passionnants, en mettant en avant leur personnalité et leurs fêlures, avec beaucoup d’humour et de sensibilité. Dans les aventures d’X-Factor Investigations, Jamie Madrox était le narrateur privilégié : ses monologues intérieurs étaient autant de questionnements sur le sens de la vie ou son incapacité à prendre des décisions. Ils ouvraient et fermaient les chapitres mais venaient surtout apporter un regard décalé sur l’action, tantôt en la commentant ironiquement, tantôt par un jeu de correspondance entre les mots et l’image. En découvrant l’équipe par les yeux de leur chef, on était littéralement parmi eux, ce qui facilitait l’empathie.

Dans AnXF, il n’y a quasiment pas de voix off (à part celle de Gambit de temps en temps, mais elle est bien moins omniprésente que celle de Madrox). Certes, certains personnages sont plus mis en avant que d’autres, mais le regard est cette fois-ci extérieur. Peter David a aussi fait le choix de commencer par de courts arcs en deux chapitres (même s’il commence à s’éloigner de ce schéma), là où il entremêlait brillamment énormément d’intrigues d’importances diverses dans la précédente série. Enfin, on n’est plus dans les films noirs chers à Jamie Madrox : l’introspection et le quartier crasseux de Mutant Town ont laissé leur place aux couleurs vives et à une apparence corporate très propre, très lisse, heureusement humanisée par le trait résolument organique de Carmine Di Giandomenico. Mais sous l’humour et l’action qui nous captivent, les fêlures affleurent toujours et donnent à ce titre ce petit supplément d’âme qui en fait plus qu’un simple bon divertissement.

Black Widow #8

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Natasha accepte une petite mission toute simple, pendant qu’Isaiah est chargé d’aller récupérer un paiement… Oui sauf qu’on sait très bien comment se déroulent les “petites missions toutes simples” de Natasha, hein (spoiler : tout sauf simplement). Celle-ci tombe en effet nez à nez avec le Winter soldier, qui a gardé les souvenirs de leur relation amoureuse tandis que les siens ont été effacés, comme Marvel nous le rappelle en première page du chapitre. Leur rencontre n’a cependant pas grand intérêt, et on voyait arriver les complications à 2 km ; de fait je me demande où Edmondson veut en venir avec ce nouvel arc apparemment consacré à l’entourage de Natasha. C’est plutôt Isaiah qui nous intéresse ici, en nous rappelant qu’il est bien plus qu’un simple col blanc et en se retrouvant pour la première fois dans une situation épineuse qui, elle, nous tient en haleine. Serait-ce lui la vraie star de cet arc un peu mou du genou pour le moment ?

Earth 2 #25

Green Lantern, Flash et Hawkgirl ont une armée de paradémons à leurs trousses, Val-Zod révèle et accepte enfin son héritage, tandis que le repas entre Loïs Lane, Superman et les parents de celui-ci à la ferme Kent se déroule dans une ambiance *légèrement* électrique.

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Il aura fallu du temps, le changement de scénariste ainsi que l’apparition prochaine d’une série-sœur hebdomadaire n’auront sans doute pas aidé, mais depuis peu Earth 2 semble réellement devenir la série qu’elle était censée être. L’histoire d’un monde ayant cru qu’il s’était relevé de la première grosse offensive de Darkseid il y a quelques années, sauf qu’à l’inverse de la Terre principale qui a vu l’émergence d’une Justice League puissante, il a perdu plusieurs de ses héros principaux et son sort est sans doute déjà scellé. Mais surtout, c’est fun, c’est beau, c’est épique et chaque chapitre a son lot de moments badass. Ici, c’est notamment Flash qui brille enfin, même si une ancienne connaissance fait une apparition aussi courte que jouissive. Le repas à la ferme Kent oscille quant à lui entre le tragique et le comique, et ce mois-ci on a exceptionnellement le droit à 30 pages de bonheur. Que demander de plus ?

Moon Knight #5

Avant-dernier chapitre pour Warren Ellis et Declan Shalvey, avant de laisser la main à Brian Wood et Greg Smallwood, tandis que la coloriste Jordie Bellaire reste sur la série. Moon Knight décide d’aller sauver une petite fille retenue par une bande de malfrats au cinquième étage d’un immeuble désaffecté, en se frayant un chemin à coups de poings et de… moonarangs ? (il y a un terme officiel pour ses petits shurikens en forme de lune ?)

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Si vous avez aimé le chapitre #3 où Moon Knight se castagnait contre des fantômes, vous aimerez certainement celui-ci (moi pas trop). Si vous avez vu Old Boy, The Raid, Drive… enfin bref, les films dont Declan Shalvey s’est inspiré pour l’ambiance, vous reconnaîtrez sans doute certaines atmosphères, certains clins d’œil (je ne les ai pas vus). D’un côté j’aime beaucoup la liberté de ton que s’autorise l’équipe créative, d’un autre, un chapitre complet de baston avec juste un échange malin entre Moon Knight et la jeune fille sur la fin, je trouve ça quand même un peu léger. Il y a tellement à faire avec Konshu et les multiples personnalités du héros que je suis un peu déçu de n’avoir que ça. Cependant, comme l’explique cyniquement Warren Ellis, qui avait prévu de n’écrire que 6 chapitres avant de laisser la main :

The job has been, simply, reactivating Moon Knight as a productive property for the Marvel IP library.

Et c’est vrai que de ce point de vue, c’est réussi. Personnellement je connaissais peu le personnage et n’avait pas tellement d’intérêt pour lui, mais depuis quelques chapitres j’avoue que ma curiosité est réellement piquée : j’ai hâte de voir ce que la prochaine équipe créative va faire du personnage maintenant qu’il a été remis sur les rails d’une façon aussi singulière (même si j’aurais bien aimé que l’actuelle en fasse un peu plus que des chapitres hallucinants sur la forme mais finalement un peu légers en terme de caractérisation).

Ms. Marvel #5

Mais comment fait-elle ? Comment fait G. Willow Wilson pour créer chaque mois une histoire crédible ET émouvante ET intelligente ET drôle ?

Vouloir expliquer les choses, les rendre les plus “réalistes” possible, ça ne fonctionne pas toujours très bien dans les comics de de super-héros. Pas mal de détails demandent d’accepter qu’il s’agit d’une histoire et qu’il est vain de chercher une réponse à tout (“mais comment ils font pour garder leur identité secrète en sortant costumés par leur fenêtre à l’ère d’Instagram ? et pourquoi ils ne dorment pas toute la journée s’ils ont passé la nuit à combattre le crime ? ils doivent être fatigués, non ? ils ont combien de costumes de rechange ? pourquoi ils sont déjà sur pied alors qu’ils souffraient de blessures graves 3 pages avant ? ils ont déjà reconstruit New York après qu’elle a été à moitié rasée 4 fois la semaine dernière ?” etc.) Et pourtant, le titre trouve la bonne recette. Sans doute parce qu’il ne cherche pas à faire réaliste justement : les petits griffonnages d’Adrian Alphona et de Ian Herring en fond de case n’ont rien perdu de leur fantaisie par exemple. Le but de l’équipe est plutôt de rendre l’héroïne très juste dans ses réactions et de nous faire ressentir de l’empathie pour elle. J’apprécie particulièrement que la scénariste la confronte ici à l’échec : eh oui, plutôt que de s’embêter à justifier des petits détails techniques dont on n’a rien à faire, Wilson nous rappelle qu’au début, quand on essaie quelque chose, généralement on rate. Et que l’héroïsme arrive juste après, quand on ne baisse pas les bras et qu’on réalise que :

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On note la différence avec Spider-Man qui a besoin de faire des erreurs pour comprendre la façon d’utiliser ses pouvoirs : Kamala veut immédiatement faire le bien, mais vouloir et y arriver sont deux choses différentes. La scénariste a également la finesse de nous rappeler que les parents ne sont pas OU BIEN une présence oppressante qui n’a rien compris à la vie OU BIEN un puits d’amour sans fond (quand ils ne sont pas morts), mais souvent un peu des deux : il y a quelque chose à tirer de leurs enseignements, de leur expérience, même s’il faut faire la part des choses dans tout ce qu’ils nous disent, et leur amour ne s’exprime pas forcément de la meilleure façon, ce qui ne l’empêche pas d’être réel.

Chapitre après chapitre, Ms. Marvel confirme donc qu’elle a tout à fait mérité son buzz : en plus de proposer une héroïne un peu différente que ce à quoi on est habitué, elle nous offre surtout une bonne histoire et des personnages justes, ce qui n’arrive que trop rarement quand on parle de minorités. Et comme en plus le graphisme rigolo accueille les petits comme les grands, aucune raison de passer à côté.

New Warriors #6 et #7

Double ration de nouveaux guerriers avec la parution de deux chapitres en deux semaines. Le deuxième voit revenir Marcus To aux crayons, après qu’il a laissé sa place à Nick Roche pendant les deux épisodes précédents, aidé par David Baldeon sur le #6 (je dis beaucoup “deux”, non ?). Honnêtement ce n’est pas plus mal : l’irlandais à un trait sympathique, mais New Warriors est pour moi le genre de série sympa qui a besoin d’un bon graphisme pour réellement fonctionner. Un trait plus maladroit, plus quelconque, fait immédiatement ressortir les faiblesses du scénario et nous rappelle que la série n’est pas renversante non plus.

Le chapitre #6 oscille entre sérieux et bouffonnerie : entre deux moments d’humour, Water Snake est assaillie par des visions plutôt glauques, Justice et Speedball font face à Iron Man et Captain America qui leur rappellent leurs erreurs passées (et réciproquement) et enfin Haechi se rend dans la demeure familiale. On tourne les pages sans effort mais l’action manque parfois de clarté, notamment avec Aracely dont les pouvoirs sont *un peu* compliqués : je ne suis pas sûr que des lecteurs qui n’aient pas lu Scarlet Spider où elle apparaissait pour la première fois comprennent du premier coup tout ce qu’il se passe.

Le chapitre #7 est bien plus esthétique, même si je ne comprend pas pourquoi Mr. Whiskers et surtout Jake Waffles ont soudain des apparences complètement différentes (plus classes certes, mais beaucoup plus sérieuses) : même si je préfère largement le trait de Marcus To, les bouilles que leur avait donné Nick Roche convenaient beaucoup plus au ton léger de la série. Kaine est toujours aussi monolithique sinon, et sa caractérisation dans Scarlet Spider semble déteindre sur Haechi dans les premières pages (“aaah je suis un monstre, mon entourage va mourir à cause de moooooi”). On note que l’auteur a l’air parti pour développer ses créations originales, ce qui est bien, mais l’ensemble confirme que Chris Yost n’est pas dans le haut du panier des scénaristes de Marvel (les couleurs mates de Ruth Redmond, qui remplace les teintes brillantes de David Curiel, fonctionnent étonnamment bien par contre).

Original Sin #5

Après le choc des dernières pages des deux chapitres précédents, celui-ci nous surprend en abandonnant pour un temps les différentes équipes hétéroclites formées par le mysterious boss, pour nous raconter la vie secrète de Nick Fury pendant toutes ces années. On a ainsi la réponse à certaines questions, comme le pourquoi du comment des différents cadavres éparpillés dans l’espace, dans les entrailles de la Terre comme dans une dimension magique, et la fin du chapitre semble pointer vers un coupable du meurtre de Uatu. Mais nous n’en sommes qu’à 5 chapitres sur 8, et ce serait sans doute trop simple d’avoir la solution maintenant. Et surtout, plusieurs questions restent en suspens : pourquoi ces équipes ? Pourquoi leur avoir fait découvrir le pot aux roses ?

Nick Fury n’étant pas le personnage que je connais le plus ni celui que je préfère, je ne prétendrai pas que cet event me passionne, mais l’ambiance polar est plutôt inédite pour un récit de ce genre, et je reste quand même curieux de savoir où Jason Aaron veut en venir, surtout avec les personnages qu’il a rassemblés (mais non, pas “surtout avec Emma Frost (et Moon Knight)”)(bon OK, un peu).

Young Avengers Original Sins #2

Au programme de cette mini-anthologie : Black Knight, Howard the duck et nos chers Young Avengers. Je passe rapidement sur les deux premiers héros, dont les histoires ouvrent et referment le chapitre. Le but de leurs courtes histoires est simplement de présenter ces personnages pour ceux qui ne les connaitraient pas (genre, moi), mais sans grande imagination. L’histoire sur Black Knight est à peu de choses près le long monologue d’une romancière qui fait au héros le résumé de sa vie, tandis que celle sur Howard the duck consiste juste en deux pages de voix off qui nous récapitulent les origines du héros aux pieds palmés. Autant le but de l’histoire sur Deathlok dans le chapitre précédent était clair (il s’agissait d’annoncer la série qui lui sera consacrée), autant ici on ne sait pas trop quoi penser. S’agit-il de teasers qui précèdent le retour des ces héros sur le devant de la scène ? Si c’est le cas, ce n’est sans doute pas eux qui nous donneront envie de nous y intéresser.

Pas grand-chose à signaler non plus du côté des Young Avengers : si le chapitre précédent recelait quelques dialogues excellents, celui-ci commence par une scène d’action parfois peu claire, pour s’achever sur 2 pages extrêmement bavardes (trop). A part une originalité indéniable, je ne suis finalement pas sûr de ce qu’apportent les dessins de Ramon Villalobos : le côté crasseux de ses visages déconcentre plus qu’autre chose (mon dieu ce gros plan sur la mâchoire de The Hood), et le bonhomme n’est pas non plus un as de la narration claire. Seuls les habituels commentaires de Ryan North en bleu clair en bas de page viennent apporter un peu d’humour et (presque) sauver ce mini-chapitre de l’ennui.

Trees #2

Non content de faire se dérouler l’action dans 4 endroits différents dans le premier chapitre, Warren Ellis rajoute ici 2 destinations supplémentaires où des Arbres ont élu domicile : Cefalu en Sicile, et Mogadiscio en Somalie. Le gros de l’action a cependant lieu dans le Spitzberg, où une équipe de chercheurs a trouvé au pied de leur Arbre d’étranges coquelicots noirs dont le comportement ne correspond pas à celui de la flore terrestre. Dans les cotés négatifs de ce chapitre, je noterai une tendance warrenellissienne à rendre certains de ses personnages un peu froids en leur donnant trop de répliques sarcastiques, et à se complaire un peu dans les considérations politico-SF (et je voulais revoir la cité de Shu avec ses habitants en marge et ses jolies couleurs ;_; mais bon, ce sera pour une autre fois). Dans les positifs, il y a heureusement de l’humour un peu plus léger et un peu moins grinçant par moments, et des situations qui intriguent énormément. A l’issue de ce chapitre, tout peut basculer : est-ce que la diversité des lieux où se situe l’action sera un frein à l’intérêt qu’on pourra avoir pour certains personnages qui risqueraient de ne faire que passer ? Est-ce qu’avoir pour point commun des arbres qui globalement ne font rien sera suffisant pour relier les différentes intrigues entre elles ? Difficile de juger en seulement deux chapitres, il faudra lire la suite pour le savoir, mais ça tombe bien, pour le moment l’histoire donne envie.

Et je me rends compte honteusement que j’avais déjà lu un titre dessiné par Jason Howard : Wolf-Man, scénarisé par Robert ‘The walking dead’ Kirkman et paru chez Glénat en francophonie, mais sans reconnaître son trait ici. Il faut dire que la différence est saisissante : d’un encrage extrêmement épais qui donnait à ses personnages un côté cartoony (qui n’allait finalement pas vraiment avec l’ambiance glauque de la série), on passe à un trait extrêmement fin qui use et abuse des petits traits, pour un résultat beaucoup plus convaincant.

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