Sorties comics VO du 18/06/14

Au programme cette semaine :

  • Elektra #3
  • Original Sin #4
  • The Wicked + The Divine #1
  • Uncanny X-men #22

Elektra #3

Toujours sur la piste de Cape Crow, Elektra et Kanto arrivent dans une magnifique cité engloutie, qu’on dit hantée. Grâce aux souvenirs des victimes dont il s’est nourri, Bloody Lips est également sur leurs traces. Mais une fois de plus, l’intrigue prend un tournant inattendu…

Pour la deuxième fois en trois chapitres, W. Haden Blackman nous surprend totalement. Alors que la fin du premier chapitre nous promettait Monster Island, le deuxième relançait l’intrigue dans une toute autre direction, en plus de nous révéler certaines embrouilles quant au contrat d’Elektra. Ici, après plusieurs pages d’introspection qui donnent notamment l’impression que Bloody Lips est imbattable, le face à face entre Elektra et lui a lieu. MAIS.

On pouvait penser que ce duel serait un des points d’orgue de l’intrigue, qu’il arriverait bien plus tard après que l’auteur a savamment fait monter la pression, sauf que celui-ci se joue de nous, nous met cet affrontement sous le nez puis nous révèle immédiatement que son véritable but était bien différent. La mort est là, mais elle ne vient pas couronner le plus fort, ce serait trop simple. Elle révèle, et fait apparaître des figures bien plus dangereuses…

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Je ne reviens pas sur le talent de Mike Del Mundo, tout le monde s’en est sans doute déjà rendu compte et ce n’est pas ici qu’il déçoit. Je viens aussi d’évoquer la capacité de l’auteur à se jouer de nos attentes pour mieux partir dans des directions inattendues, donc je n’en rajoute pas. Non, ici, j’aimerais surtout parler du travail du lettreur, dont l’importance est capitale. Sur une double page comme celle ci-dessus, c’est à lui que revient la tâche de rendre parfaitement compréhensible une image a priori bien confuse. Par le placement judicieux des zones de texte à côté des dessins auxquels ils font référence, tout en guidant notre œil pour qu’il sache comment lire cette image sans jamais se perdre, sans jamais se demander quelle bulle est la suivante. La couleur de fond de bulle nous renseigne aussi sans équivoque sur l’identité du personnage qui parle, ce qui est d’autant plus important quand les voix se mélangent (comme dans la page d’après) et qu’on risquerait de ne plus savoir qui dit quoi.

Ainsi, Elektra continue de nous proposer un voyage unique, vers des destinations magnifiques comme dans le riche imaginaire de ses auteurs, mais sans jamais nous perdre en chemin. J’ai hâte de voir ce que ceux-ci nous réservent pour la suite…

Original Sin #4

L’exemple-même du chapitre qui se résume à sa dernière page. Celle-ci vient en effet répondre à la question posée par la dernière du chapitre précédent (à savoir “qu… euh…. HEEEEIN ?”) tout en en suscitant de nouvelles. Entre les deux, des personnages qui réalisent qu’il y a plein de choses qu’ils ne savent pas et montrent bien qu’ils se méfient énormément les uns des autres. Et c’est à peu près tout (ah si, on voit un mec passer son temps à se balader avec une tête dans une main et un gros œil dans l’autre, ce qui est extrêmement pratique comme chacun sait).

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Pour être honnête, précisons quand même que l’action quitte New York pour se concentrer sur les duos/trios incongrus formés par le mystérieux boss, et qu’on avait assez peu vus jusqu’ici. La révélation de fin de chapitre sera peut-être l’occasion de découvrir pourquoi ils ont été choisis, ce qui serait intéressant à savoir car, pour l’instant, sorti du Punisher, ils ont tous l’air interchangeables avec un autre héros ayant les mêmes capacités.

The Wicked + The Divine #1

Parfois, il arrive que des artistes aient l’air de sortir de nulle part. En un rien de temps cependant, la somme de textes, de musiques, d’une imagerie et d’une attitude en fait des quasi-divinités pour leurs fans, et transforme leurs concerts en grand-messes. Dans The Wicked + The Divine, ce principe est pris au pied de la lettre : certaines pop-stars sont littéralement des dieux. Tous les 90 ans, douze dieux tels que Lucifer, Susanoo ou Baal se réincarnent en adolescents et sont au sommet du monde. Après deux ans cependant, ils meurent.

Laura, une jeune adolescente fan d’Amaterasu, a la chance d’être invitée backstage par l’androgyne “Luci”, pendant que son idole est interviewée par une sceptique qui ne croit pas une seule seconde à ces pseudo-dieux et à leurs prétendus miracles. Quand soudain, l’interview est brutalement interrompue…

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Ceux qui ont lu la dernière saison de Young Avengers seront en terrain connu : les dialogues de Kieron Gillen sont toujours aussi drôles et percutants, même s’il y a toujours un ou deux passages un peu obscurs pour le lecteur francophone. On notera aussi certains symboles amenés à être récurrents : dans YA c’était les étoiles et les barbecues coréens, ici chaque dieu a son symbole et claquer des doigts est un geste lourd de sens. Et puis bien sûr, il y a les dessins de Jamie McKelvie… Aaaaah, les dessins de Jamie McKelvie.

Dans ce titre ainsi que dans Phonogram, Gillen va puiser dans son vécu, dans des concerts ou des boîtes de nuit où ont eu lieu des moments de transcendance, déterminants dans sa vie. Ensuite, c’est au lecteur de voir s’il peut faire correspondre ces épiphanies à d’autres moments de son existence, voire d’autres formes d’art. Bon, personnellement les boîtes de nuit ce n’est pas du tout mon truc, et si j’ai de bons souvenirs de concerts je n’ai jamais été sur le point de m’évanouir non plus (je suis plutôt le mec les bras croisés au premier rang qui apprécie à fond mais intérieurement – et donc forcément La Grande Sophie ME choisit pour lui dire “je t’aime” – BREF). Par contre des fois je me dis que la contemplation d’un visage dessiné par Jamie McKelvie ne doit pas être loin, niveau “révélation transcendantale” : cette précision dans les expressions des visages me laisse toujours sans voix, notamment. De manière générale, sa façon de découper ses planches me fait penser à celle de certains mangas : le décor n’est présent que de temps en temps, de façon à rappeler où on se trouve ou bien à prévenir d’un changement de lieu, mais le focus se fait sur le langage. Les dialogues au scalpel de Gillen bien sûr, mais aussi le langage du corps, qui passe énormément par les visages, les mains. Quand il s’agit de remplir les cases, c’est le coloriste qui prend le relais, en nous faisant ressentir via des couleurs judicieusement choisies la présence surnaturelle d’un des dieux, ou bien la tension qui précède un fameux claquement de doigts.

Pour ce qui est de l’histoire, je ne sais pas trop quoi vous dire. Ayant lu et relu TOUTES les interviews et preview disponibles avant la sortie du chapitre, j’en avais déjà appris beaucoup sur le concept. De fait la lecture de ce chapitre a surtout été une belle claque visuelle et m’a laissé avide d’en savoir plus…

Uncanny X-men #22

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Tous les acteurs sont rassemblés à l’école Jean Grey pour le dernier acte de l’intrigue en cours, avant d’entamer un tie-in avec Original Sin. De plus l’identité du vilain qui se cache derrière les nouvelles sentinelles, le hacking des héliporteurs du S.H.I.E.L.D. et le dérèglement des pouvoirs de certains X-men est sur le point d’être révélée. Sauf que HAHAHA je ne sais absolument pas qui c’est. De fait la grande révélation du chapitre tombe un peu à plat. Et étant donné qu’on part sur une nouvelle intrigue le mois prochain, je ne suis pas certain qu’on en sache plus sur les motivations de ce mystérieux ennemi… on verra.

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