Sorties comics VO du 17/09/14

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La lecture marquante de cette semaine était sans grande surprise Edge of Spider-Verse #2, aka The Spider-Gwen issue, qui confirme tout le bien qu’on pouvait penser du chapitre après avoir vu les premières pages. On notera également la fin de Thor & Loki: The tenth realm, dans la droite lignée des chapitres précédents (c’est-à-dire bof), je suis toujours aussi incapable de critiquer The wicked + The divine alors je brode un peu comme d’hab’, les X-men de Bendis réservent quelques bonnes surprises (j’ai dit quelques) et Sensation Comics feat. WW séduit toujours grâce à sa cohérence.

Et cette rubrique va sans doute encore changer de forme : je vais certainement plus me concentrer sur les débuts de nouvelles séries, les fins d’arcs et les moments marquantes qu’essayer de dire un truc sur chaque chapitre.

La sortie de la semaine ~ Edge of Spider-verse #2

Si vous vous intéressez un minimum aux comics de super-héros, vous n’avez pas pu ne pas entendre parler de ce chapitre, qui met en scène une Gwen Stacy qui n’est jamais morte dans les bras de Peter Parker. Au lieu de ça, c’est elle qui a été mordue par une araignée radioactive et a endossé un costume d’araignée (qui a généré nombre de fanarts sur la toile, sans jeu de mots). Elle aussi a connu quelques tragédies fondatrices, avec lesquelles l’auteur reprend les grands moments des débuts de Spider-Man mais avec certains twists intéressants, même quand on ne connaît le héros que de loin.

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Le film The Amazing Spider-Man 2 avait déjà rendu le personnage de Gwen plus intéressant, en l’actualisant un peu et en le transformant en quelqu’un de réellement d’attachant, qu’on a envie de voir vivre des aventures plutôt que de mourir tragiquement pour motiver le héros. Ici, l’équipe créative pousse le concept encore un peu plus loin : dans cette réalité alternative, Jason Latour a fait d’elle la batteuse un groupe de rock féminin appelé The Mary Janes (meilleure idée du chapitre), tandis que Robbi Rodriguez lui donne une attitude qui tranche avec la sage jeune femme façon fantasme masculin de l’univers d’origine. Avec son sweat à capuche, son costume à capuche, sa façon de se mouvoir, on est très loin du love interest joli mais un peu fade : ici, Spider-Gwen est l’héroïne, le rôle principal. Son costume est pratique, ses mensurations réalistes et certains de ses choix diffèrent de ceux de Parker. Les dessins s’éloignent une fois de plus du style classique des récits de super-héros (mention spéciale aux couleurs vives de Rico Renzi et aux onomatopées écrites à la main) mais ce n’est pas plus mal, tant cela contribue à donner une identité propre à l’histoire et donc à son héroïne, sans donner l’impression d’un simple produit dérivé sans âme.

En une vingtaine de pages, les auteurs posent les bases plus qu’autre chose en indiquant bien les similitudes et les différences avec Peter Parker, mais on sent que le personnage a du potentiel et on a hâte de le voir le développer. Et comme le chapitre est reparti chez l’imprimeur et qu’il est dans le top des ventes de ComiXology (n°4 à l’heure où j’écris), il semblerait bien que beaucoup de lecteurs et lectrices aient hâte aussi… Espérons que Marvel reçoive le message.

Fin d’arc ~ Thor & Loki: The tenth realm #5

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Avec ce dernier chapitre, le titre confirme être un récit utilitaire, qui n’apporte rien de spécial aux personnages de Thor et de Loki. Le second joue une partition sans originalité (trahir et faire semblant de, mais pas forcément dans cet ordre, en tout cas sans jamais surprendre le lecteur), tandis que le premier fait tournoyer son marteau et invoque la foudre, les événements le rendant à présent indigne de brandir Mjölnir se déroulant dans Original Sin et dans sa propre série. Non, cette courte histoire avait juste pour but de :

  • Révéler l’existence de Heven, le fameux dixième monde dont il est question dans le titre, et nous présenter quel est son fonctionnement ainsi que celui des femmes ailées qui le peuplent.
  • Installer Angela en tant que sœur cachée de Thor et de Loki, et le révéler à ces personnages. En effet, les lecteurs le savaient déjà avant de lire le premier chapitre s’ils avaient lu l’annonce et/ou regardé l’image promotionnelle, par contre la principale intéressée ne l’apprend que dans le dernier chapitre.
  • Lancer la série solo d’Angela, qui débutera en décembre prochain.
  • Effectuer une modification que je ne révélerai pas dans ce pan de l’univers Marvel (dans la grande tradition de l’illusion du changement : un auteur a modifié le statu quo il y a à peine quelques années, un autre effectue le changement inverse à présent, youhou).

Bref, un récit sans grand intérêt, où la somme des talents de deux scénaristes semble avoir fonctionné dans l’inverse : l’histoire était tellement plate et anecdotique qu’on a plutôt eu l’impression d’une soustraction. On notera quand même (Point Minorités™) que Loki adopte à nouveau une forme féminine le temps de l’histoire, et confirme ainsi qu’il fait peu de cas du genre, que ce soit le sien ou celui de la personne d’en face.

The wicked + The divine #4

“Mais donc cosmos, pourquoi tu lis la série ? »
« Euh… pour découvrir les looks des différents dieux ?”
“…Nan mais à part ça ?”
“Euh…”
“Bon OK, pourquoi tu achètes les single issues de cette série alors que tu préfères de loin les recueils ?”
“Ah, ça je sais !”

Quand j’ai ouvert le premier tome de Young Avengers par le duo Gillen/McKelvie, j’ai réalisé que parcourir Tumblr m’avait déjà fait lire la moitié de la BD. Mais vraiment la moitié : je n’avais pas juste été spoilé sur l’intrigue, j’avais vu la majorité des planches, des dialogues, enfin à peu près tout ce que les fans les plus enthousiastes avaient fait partager. Pour cette série, vu l’importante fanbase de cette équipe sur Tumblr, je me suis promis de ne pas me faire avoir, donc je lis dès que ça sort, et ainsi je devance les spoilers.

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Et plus sérieusement, malgré ses très nombreux dialogues, The wicked & The divine est une série qui joue tellement sur le langage non-verbal en plus d’accumuler les références à des titres pop ou à des figures mythologiques, que l’expérience de lecture se retrouve décuplée quand on suit la série en même temps que tout le monde, afin de lire les interprétations des uns et des autres. Avez-vous lu l’analyse du langage corporel des différents personnages chez Atoll Comics ? Ou bien une hypothèse sur la malédiction de Luci par Azha ? Tout est contenu dans l’histoire, mais les éléments importants sont parfois introduits de façon si subtile qu’on a vite fait de passer à côté d’un non-dit, trop occupé à admirer la magnificence des tenues des uns et des autres, ou à rire de telle réplique particulièrement inspirée.

Sensation Comics feat. Wonder Woman #6

Suite et fin de l’arc Taketh away, où Diana doit faire face à des forces qui l’abandonnent. La première moitié m’avait un peu déçu dans le sens où on comprenait très bien ce qu’il se passait et qu’il n’y avait donc pas vraiment de suspense, par contre cette seconde partie m’a fait mentir par certaines révélations surprenantes.
Le projet est de plus toujours aussi cohérent : après l’identité, la jeunesse et les valeurs de Diana, il s’agit cette fois-ci de ses pouvoirs qui sont examinés à la loupe, ce qui continue de compléter le portrait de cette héroïne que tout le monde connaît sans vraiment la connaître.

Pendant ce temps, chez les mutants de Bendis…

All-new X-men #32 était vraiment agréable à lire. Les jeunes X-men réalisent qu’ils ont atterri éparpillés dans l’univers Ultimate, où Jean Grey rencontre le Spider-Man local, qui porte littéralement le chapitre grâce à sa bonhomie et son humour. On ne se regarde plus le nombril en faisant des parallèles avec des situations précédents dans l’histoire des X-men, on part à l’aventure avec humour, ce qui dit comme ça n’a l’air de rien mais change agréablement de la recette à laquelle on est habitué depuis un peu trop de chapitres maintenant.

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Et dans Uncanny X-men #26… “Han, le professeur Xavier nous a caché des choses !” “Bah suis un peu l’histoire Scott, c’est genre pas la première fois.” Bref, le passage intéressant du chapitre n’est pas celui qu’on croit. Il se déroule plutôt dans l’école de Cyclops, où les nouvelles recrues commencent à se demander quel est leur rôle dans tout ça… Kris Anka a ses détracteurs, mais j’attends avec impatience chaque chapitre qu’il dessine. Ses décors sont souvent inexistants, mais les couleurs des fonds de case aident particulièrement à créer une ambiance tendue ou à mettre en place une atmosphère inquiétante. Et comme en plus le dessinateur gère particulièrement bien les expressions faciales et le langage corporel, son trait plutôt simple et anguleux suffit pour transmettre beaucoup de choses.

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