Sorties comics VO du 12/03/14

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Au programme cette semaine : Black Widow #4, Captain Marvel #1, Hawkeye #17 et Secret Avengers #1.

Je reviendrai sur All new X-men #24 lorsque le cross-over The trial of Jean Grey sera terminé, et sur The superior foes of Spider-Man #9 à la sortie du 1er TPB sans doute.

Black Widow #4

J’avoue qu’à la base, j’ai surtout essayé ce titre pour Phil Noto, dont le style doux et un peu rétro m’enchante complètement, mais qui perd rapidement de son charme quand l’encrage et la colorisation sont confiés à des tiers. Comme il est ici tout seul aux pinceaux, aucune raison de ne pas se laisser tenter. Je ne connaissais pas du tout Nathan Edmondson, mais j’ai tout de suite adoré la voix qu’il donne à Natasha.

This is my atonement.

Les 3 premiers chapitres étaient composés d’histoires auto-conclusives, qui nous faisaient rentrer tout en douceur dans l’univers de Natasha. Que fait-elle quand elle n’est pas en mission au sein des Avengers ? Qui est-elle ? Ce qui est certain, c’est qu’on aura jamais complètement la réponse à la deuxième question : bien qu’elle cherche aujourd’hui à expier les torts qu’elle a causés, elle entend bien garder secrets certains aspects de son passé. C’est d’ailleurs le thème du 1er chapitre, tandis que le deuxième était l’occasion de nous parler des erreurs que même la meilleure espionne du S.H.I.E.L.D. peut encore commettre. Dans le troisième, elle évoquait l’épineuse question du foyer et des proches, qui vont difficilement de pair avec la vie dangereuse que mène une espionne internationale.

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Et ce fut l’occasion de découvrir un personnage assez complexe : professionnelle jusqu’au bout des ongles, la Veuve noire passe souvent pour quelqu’un de froid, voire d’insensible. On lui découvre cependant un subtil sens de l’humour et une personnalité tout sauf monolithique. Même si son activité l’oblige à se conformer à certains principes cruciaux pour ne pas mettre quiconque en danger inutilement, elle reste capable d’y faire quelques entorses pour laisser parler ses convictions. Sous la carapace de la Veuve, il reste quand même une certaine humanité que la narration très introspective d’Edmondson met parfaitement en valeur.

Et qu’est-ce que c’est agréable de voir évoluer ce personnage de l’ombre loin des gros bras que sont la plupart de ses collègues Avengers et qui appellent des scènes d’action hautes en couleur. Ici, Natasha n’a rien à prouver à qui que ce soit concernant ses capacités ou son mode d’action.

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On note aussi que la série commence à suivre un fil conducteur bien précis, entamé à la fin du chapitre 3. Alors qu’on pouvait éventuellement se lasser d’une succession de petites histoires bien ficelées mais ne semblant aller nulle part en particulier, Edmondson renouvelle notre intérêt en poursuivant une intrigue de plus grande envergure. Histoire de ne pas complètement couvrir ce titre d’éloges, j’espère que l’auteur a encore d’autres tours dans son sac, car je crains qu’à terme on étouffe un peu, enfermés dans la tête de Natasha. Mais pour le moment, aucune raison de bouder son plaisir.

Captain Marvel #1

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La précédente série Captain Marvel par Kelly Sue DeConnick n’a peut-être pas battu des records de vente, mais elle a rassemblé toute une communauté de fans, le Carol Corps, autour d’une héroïne positive et plutôt badass. Le redesign de son costume par Jamie McKelvie (j’envisage sérieusement de taguer mes posts avec un Point McKelvie™) a déjà dû aider : en évoquant à la fois son statut de pilote dans l’Air Force et l’origine Kree de ses pouvoirs, il tranche radicalement avec son ancien body noir qui ne connotait rien de spécial si ce n’est le fantasme hétérosexuel masculin (maintenant on peut voir des petites filles faire des cosplays de leur héroïne et c’est mignon ; avant euh…).

Mais avec son cast très féminin et son message féministe évident, DeConnick a surtout réussi à imposer un ton qui se fait assez rare dans les comics de super-héros. Les aventures de Carol ont oscillé de façon réjouissante entre des passages délirants et d’autres plus sensibles, avec son voisinage ou la menace de la perte de son identité. Malheureusement, avec une narration parfois confuse dans le premier arc et une succession de dessinateurs peu connus aux styles radicalement différents, la série a sans doute eu du mal à véritablement trouver un public en dehors du corps.

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Avec ce pseudo-relaunch étrange où la scénariste reste la même, Carol Danvers part dans l’espace sous les crayons de David Lopez, un artiste sans doute beaucoup plus abordable que Filipe Andrade par exemple. Après un incipit in media res (oui j’aime vous rappeler des souvenirs du bac de français) qui nous dépayse complètement et nous donne presque l’impression d’avoir raté un épisode, flashback sur Terre où la scénariste renoue avec la sensibilité, la justesse et l’humour qu’on lui connaît et pour laquelle on l’aime. C’est bon, on est entre de bonnes mains, j’ai confiance pour la suite de la série.

(petit aparté : en me rappelant l’espèce d’équivalent masculin de la petite amie potiche qu’elle avait créé dans sa précédente série, j’ai un peu pris peur quand Kelly Sue DeConnick a parlé de donner à son héroïne un nouveau love interest ; en fait c’est très bien géré et je valide totalement son identité – j’ai pensé qu’il fallait que vous le sachiez)

Hawkeye #17

La solicitation du chapitre 12 commençait ainsi :

The sleeper hit of 2012 is now the can’t miss book of 2013 (and probably the overhyped book you’re sick of people talking about in 2014!)

Et c’est vrai qu’à force on ne sait plus comment en parler. Tout le monde en dit déjà tellement de bien partout tout le temps qu’à force on se demande si on ne va pas finir par survendre la série à des lecteurs qui se sentiront forcément déçus. En plus la caractérisation de Clint dans ce titre a tellement marqué qu’elle se retrouve dans les autres titres où il apparaît, malheureusement elle se résume souvent à “mec poissard, bien mignon avec ses petites fléflèches mais voilà, quoi” (cf. Secret Avengers un peu plus bas).

Dans ce 17e chapitre, on revient en arrière, à un moment où Clint avait invité ses petits voisins à regarder chez lui leur programme de Noël favori. Ça y est, est-ce que la narration très éclatée de Matt Fraction ne devient pas un tic d’écriture, comme les “aw” et les “okay, this looks bad” ? Et surtout, est-ce que la série mérite toujours les éloges dont on la couvre en permanence ?

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Eh bien oui. Au fur et à mesure que Clint s’endort devant le dessin animé (dessiné par Chris Eliopoulos qui d’habitude ne s’occupe que du lettrage), celui-ci présente de plus en plus de similitudes avec sa propre situation : l’Avenger qui n’a pas de pouvoir et qui n’est pas toujours sûr de sa légitimité, entre un super-soldat, un dieu du tonnerre et autres forces de la nature. Un mec un peu paumé qui veut prouver qu’il peut y arriver, et qui ne sait pas toujours comment ni à qui demander de l’aide quand il y en aurait besoin.

En bref, un chapitre faussement léger qui réaffirme l’inventivité et la sensibilité de son auteur. Au cas où on l’aurait oublié, on comprend pourquoi c’est ce titre qui donne le ton de toute une fournée de nouveaux titres solo chez Marvel.

Secret Avengers #1

Un chapitre lu un peu sans conviction… Pour ceux qui auraient du mal à s’y retrouver dans la flopée de titres estampillés “Avengers” (et c’est bien normal), les Secret Avengers s’occupent d’affaires assez limite, dont il faut bien que quelqu’un se charge mais qui risqueraient de salir un peu trop l’image du S.H.I.E.L.D. ou des Avengers s’ils s’y retrouvaient impliqués publiquement. Une petite équipe secrète composée de membres de ces deux organisations est donc créée pour s’en occuper, enfin re-créée puisque là aussi il s’agit d’un énième relaunch.

J’avoue que malgré mon affection pour Natasha Romanova et Clint Barton, je n’aurais pas lu ce titre sans l’arrivée de Jessica Drew, alias Spider-Woman. Et même avec sa présence, ce n’est pas vraiment ça. Le chapitre souffre clairement d’un énorme manque de personnalité.

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“This looks bad” c’est marrant dans Hawkeye parce c’est une des marques de fabrique de la série et parce qu’elle a beaucoup d’autres qualités qui font qu’elle ne se réduit pas à un gimmick rigolo, mais transporté dans une autre série et répété plusieurs fois, ça vire immédiatement au succédané. De même pour le Hawkblock qui était bien trouvé dans Hawkeye, ça a fait tout le tour de Tumblr, on a tous bien ri, mais on aurait pu le laisser aux auteurs originaux.

Côté visuel, Michael Walsh a un style sympathique, dans la mouvance David Aja / Chris Samnee, en un peu moins inspiré et moins maîtrisé, ce qui contribue à nous donner l’impression d’une histoire qu’on a déjà lue avant, sauf qu’elle était mieux. Et pour ce qui est de l’histoire en elle-même, on saute sans cesse d’un endroit à un autre ; arrivé à la fin du chapitre, on n’a pas l’impression qu’elle ait vraiment commencé.

L’ambiance générale me laisse également perplexe. Cette atmosphère assez légère, un peu lose surprend dans un titre censé nous proposer une équipe de blacks ops. C’est vrai qu’avec la fin prochaine d’Avengers Assemble et le tournant plus sombre et introspectif qu’a pris Hawkeye on pourrait avoir l’impression qu’on va manquer de titres légers, mais entre She-Hulk et Ms. Marvel par exemple, ce n’est pas du tout le cas…

Le nouveau pouvoir que doit obtenir Spider-Woman m’intrigue, mais je pense malheureusement que la suite sera sans moi, tant je ne vois pas en quoi ce titre se démarque de ce qui existe déjà.

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