Sorties comics VO du 11/06/14, 2nde partie

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Mon annonce de répondeur rêvée, et je ne le savais pas.

  • Captain Marvel #4
  • She-Hulk #5

Captain Marvel #4

Il y a quelques mois, l’annonce du relaunch de la série à l’occasion d’All-new Marvel NOW! avait été accueillie de diverses façons. Certains n’en comprenaient pas la raison : étant donné que la précédente saison n’en était qu’à son 17e chapitre, ce nouveau #1 où la même scénariste restait aux commandes du même personnage sonnait un peu artificiel. D’autres étaient plutôt rassurés de voir qu’en dépit de ventes modestes, Carol Danvers allait continuer à bénéficier d’un titre solo. En effet, le fameux 17e chapitre s’était fait attendre, alors que la série sortait du crossover The enemy within avec Avengers Assemble puis de tie-ins à Infinity assez redondants avec cette même série. Captain Marvel racontait en effet certains événements du point de vue de Carol, Avengers Assemble du point de vue de Spider-Woman, mais plusieurs scènes et dialogues étaient totalement identiques. L’introspection de Jessica Drew dans la deuxième série avait beau être poignante, on avait quand même l’impression de lire deux fois la même chose. Et puis surtout, l’arrivée d’Infinity n’avait pas vraiment permis à l’auteur de développer les conséquences de la fin de The enemy within. Bref, à voir la série ballotée entre des events, des dessinateurs débutants qui changent tout le temps et surtout absente des plannings futurs, on avait peur qu’elle n’aille nulle part si ce n’est vers l’annulation.

Après quelques chapitres de cette nouvelle saison, on peut affirmer que le relaunch était une excellente idée. Je ne sais pas si le fait d’écrire l’étrange Pretty Deadly chez Image lui permet à la scénariste d’y canaliser sa bizarrerie, mais cette nouvelle itération de Captain Marvel est beaucoup plus carrée, maîtrisée, cohérente que la précédente. Les qualités habituelles sont là : casting varié, dialogues toujours au top, personnages tellement bien caractérisés qu’on a envie de les suivre jusqu’au bout du monde même si on ne les connaît que depuis trois pages, alternance de moments de rire et de situations complexes… Mais on n’a plus l’impression que l’auteur essaie par exemple de caser le plus possible de personnages féminins et de messages féministes pas subtils du tout en un minimum de pages. L’histoire se déroule et nous emporte sans que les intentions de la scénariste nous sautent aux yeux et nous distraient.

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A titre de comparaison, je lisais récemment Océan, une mini-série de SF Warren Ellis et Chris Sprouse qui se déroule sur une des lunes de Jupiter et qui n’est sans doute pas leur meilleur travail. En effet, tout dans cette série est froid : les couleurs, le trait, l’histoire sur fond d’exploitations d’armes extra-terrestres antiques par une multinationale sans scrupule… Même les personnages le deviennent à force de réparties cinglantes, n’ayant pas ce petit truc en plus qui les rendrait un minimum complexes.

Dans Captain Marvel, c’est tout l’inverse : le trait tout en courbes de David Lopez et les couleurs chaudes et/ou pastel de Lee Loughridge font de la série un endroit accueillant, où on se sent immédiatement chez soi. Tous les personnages ont un défaut, une excentricité… quelque chose qui les rend tout de suite identifiables sans tomber dans la caricature. On est littéralement sur une autre planète, mais les enjeux sont clairs et accessibles, les personnages profondément humains.

She-Hulk #5

“Aaaaaah c’est affreux les dessins sont moches spéciaux.” C’est ce que se sont dit beaucoup de lecteurs en découvrant les premières pages du chapitre #1. C’est sans doute ce que se sont dit pas mal d’autres en ouvrant celui-ci. En effet, Javier Pulido et Muntas Vicente sont remplacés le temps de 2 chapitres par Ron Wimberly et Rico Renzi, et la différence se voit. Les couleurs saturées qui semblaient indissociables du ton de la série sont remplacées par des tons plus ternes, tandis que le trait un peu cartoon de Pulido laisse temporairement sa place à un graphisme plus “street”, avec de nombreuses onomatopées insérées directement dans les cases par Wimberly, et surtout des perspectives vertigineuses, volontiers exagérées.

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Charles Soule reste cependant égal à lui-même : j’aurais du mal à décrire son style un peu passe-partout, mais son humour fait mouche à défaut de nous faire nous tordre de rire, certaines conversations sont plus profondes que ce à quoi on s’attend et l’intrigue du dossier bleu va bon train. De la belle ouvrage discrète, en somme. On peut dire la même chose des dessins de Javier Pulido, en apparence trop simples, avec un découpage souvent très sage. Mais plus d’une fois le dessinateur a eu d’excellentes idées de composition, et la coloriste apportait la touche finale, en faisant exploser chaque planche de vie et de couleurs. Ce dynamisme arrivait à compléter finement l’écriture du scénariste, or ce n’est pas le cas ici. Les angles de vue très audacieux que choisit le dessinateur apportent un rythme indéniable, mais un peu discordant avec le rythme de l’intrigue. Le résultat n’est pas pour autant mauvais, il y a juste moins de synergie qu’auparavant entre le texte et l’image.

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