Sorties comics VO du 10/09/14

Cette semaine, Ms. Marvel #8 est une fois de plus le cauchemar du chroniqueur, qui s’arrache les cheveux quant à la façon de parler de cette série qui est toujours aussi bien que dans les 7 chapitres qui ont précédé car elle a les mêmes qualités. Hawkeye #20 est différent : à l’angoisse du “le dernier chapitre de cette histoire à Los Angeles est paru il y a tellement longtemps, vais-je arriver à rentrer dedans ?” succède rapidement la joie du “ah ben oui, comment ai-je pu douter de Hawkeye ?” via des qualités supplémentairesCaptain Marvel #7 était par contre rigolo mais légèrement en-dessous de l’excellence à laquelle le précédent arc nous a accoutumés, et les New Warriors… continuent à être fidèles à eux-mêmes, entre vrais gros moments de fun et belles maladresses.

Hawkeye #20

Fin de l’aventure de Kate à Los Angeles et dernier épisode dessiné par Annie Wu (la deuxième partie de cette phrase contient clairement l’élément le plus tragique du chapitre). Jusqu’ici, seuls certains épisodes mettant en scène Clint à New York avaient le droit à une narration assez éclatée, mais Matt Fraction utilise ici le même procédé, ce qui donne un résultat assez complexe mais néanmoins compréhensible (si jamais vous avez tout de même été largués, Atoll Comics a tout remis dans le bon ordre).

Cependant, c’est surtout par son atmosphère que le chapitre brille particulièrement. Malgré toute la bonne dose de fun à laquelle on était en droit de s’attendre, que ce soit via les dialogues de Fraction ou le style volontiers exubérant d’Annie Wu, cette conclusion a le goût amer des limites, des réussites en demi-teintes qui ressemblent surtout à de bons gros échecs. C’est le retour à la réalité d’une héroïne pleine de ressource et de débrouillardise qui réalise que tout cela n’était même pas assez (et accessoirement que débarquer à L.A. avec juste un chien et une voiture mais aucun argent n’allait finalement pas être le début d’une belle et longue histoire). C’est aussi la jeunesse qui touche à sa fin en même temps qu’elle se heurte au monde des adultes, aux organisations tentaculaires et à tout ce qui nous donne parfois l’impression de n’être rien. Et c’est quand même très drôle par moments !

Annie Wu a intérêt à annoncer rapidement qu’elle travaille sur un nouveau projet génial, car les expressions excellentes qu’elle donne à ses personnages, sa capacité à donner dans le girly autant que dans quelque chose de plus sombre et de plus brut, avec par exemple une Kate au visage abîmé, vont vite me manquer…

Captain Marvel #7

“Chewie est une Flerken !” “Non !” “Si !” “Non !” “Si !” Voilà un peu à quoi se résume ce chapitre #7 de Captain Marvel (et rien qu’en ayant vu la couverture et/ou lessolicitations, on sait déjà qui a raison). Les dialogues et l’humour sont toujours au top, mais on sent que cet arc en 2 parties consacré au chat-de-Carol-Danvers-qui-n’est-peut-être-pas-un-chat est sans doute là pour décompresser un peu après un arc précédent beaucoup plus riche et aux enjeux beaucoup plus graves, et puis s’amuser un peu avec Rocket Raccoon et des histoires de chat. Le passage où ils sont à deux doigts d’en venir aux mains fait un peu forcé, cependant je suis curieux de savoir comment le cauchemar de Carol, placé en début de chapitre, va être exploité par la suite, car il n’est a priori pas là par hasard et tranche avec la légèreté de l’intrigue… Côté visuel, Lee Loughridge reste aux couleurs mais Marcio Takara remplace David Lopez le temps de cet arc. Le changement se fait en douceur car Takara possède un style assez épuré, par contre on réalise rapidement qu’il n’a pas l’aisance de Lopez pour les expressions faciales. Sa Carol est régulièrement très féminine avec ses longs cheveux blonds (c’est officiel, PERSONNE n’est d’accord sur sa coiffure depuis son changement de costume, PERSONNE), mais on sent l’artiste beaucoup plus doué pour réaliser des commissions avec de beaux personnages statiques que pour dessiner une histoire.

Ahahaha 😀 Comment faire exister un minimum son supporting cast quand celui-ci est à l’autre bout de la galaxie (et me faire éclater de rire au passage).

Bref, un chapitre un peu moins consistant que ce à quoi on est habitué depuis le relaunch, mais Kelly Sue DeConnick sait tellement bien mélanger la légèreté et la profondeur que je me demande bien ce que nous réserve la suite de l’intrigue avec Chewie…

New Warriors #9

Le gros de l’équipe part s’amuser en boîte à Prague, pendant qu’un ours géant attaque Houston ! Un chapitre vraiment fun, qui me ferait presque regretter l’annulation de la série dans 3 numéros. Je dis bien “presque”. Le principe est en effet excellent, mais l’ensemble pêche par plusieurs aspects. Comparé au style de Marcus To, les dessins de Tana Ford paraissent en effet vraiment moyens (surtout avec la colorisation mate de Ruth Redmond qui renforce cette impression de “seconde catégorie”), mais en jetant un œil à sa galerie sur DeviantArt par exemple, on se rend compte que ce style d’encrage et de couleurs en aplats ne met pas du tout en valeur son trait, certes un peu maladroit mais assez organique et personnel (ces deux portraits ne sont-ils pas beaucoup plus convaincants ?). Je comprends qu’il faille garder une continuité graphique entre les différents chapitres quand plusieurs dessinateurs se succèdent rapidement sur un même titre, mais ça me chagrine de me dire que ma première réaction a été “eurgh, c’est pas terrible…” tout simplement parce qu’on tente de faire rentrer dans le même moule des artistes aux sensibilités complètement différentes.

Pour ce qui est de l’intrigue, ce gros délire à base de mascotte géante est – qui l’eut cru – un moyen de revenir sur Scarlet Spider, toujours bloqué sur les mêmes répliques en boucle (“I hate you” , “I’m leaving” etc.) mais à qui Justice arrive à faire comprendre qu’il a complètement sa place au sein de l’équipe : si Kaine reste obsédé par ses crimes passés, ce n’est pas comme si le nom des New Warriors n’était pas entaché de honte depuis les événements qui ont mené à Civil War. Revoir Houston ravive aussi certains souvenirs qui feront plaisir aux lecteurs de la série Scarlet Spider, et les motivations du vilain du jour sont délicieusement absurdes : dans ces pages-là, on est totalement dans la lignée des team-up légers des comics qui n’ont pour autre but que de présenter de l’action et du fun dans un chapitre auto-conclusif. Du côté du reste de l’équipe, le pouvoir d’empathie d’Aracely et sa tendance à parler non-stop permettent un peu de caractérisation bourrine (pourquoi s’embêter à faire en sorte que les actions des personnages parlent pour eux quand on a un personnage qui peut réciter ce qu’ils pensent ?), mais dans l’ensemble on passe un bon moment.

Ms. Marvel #8

Début de l’arc Generation Why, où comme son nom l’indique Kamala et la scénariste s’interrogent sur la génération actuelle, que ce soit via des monologues intérieurs ou… un ouvrage analysé en classe. Qu’y a-t-il dans le regard d’une toute jeune héroïne qui lui donne une spécificité par rapport aux héros adultes habituels ? OK j’avoue, c’est tout ce que j’ai trouvé à dire sur ce chapitre qui, comme d’habitude depuis le début de cette série, est tout aussi excellent que tous ceux qui ont précédé, pour EXACTEMENT les mêmes raisons et trouve en plus le moyen de se renouveler dans ses thèmes : si le premier arc était surtout centré sur l’héroïne et la découverte de sa vocation, celui-ci la place dans le contexte plus global d’une génération. Après un court arc dans les égouts où Wolverine faisait office de professeur, on sent que par la cohérence de ses intrigues, la scénariste sait tout à fait où elle va avec sa jeune héroïne dont elle exploite pleinement les particularités.

Ms. Marvel, ou la preuve par l’exemple qu’on peut être une série sensible et intelligente tout en mettant en scène un énorme chien téléporteur et un paresseux ailé en peluche (oui oui).

Et puis qu’est-ce que c’est beau ! A la différence des 2 chapitres ci-dessus, ça fait plaisir de voir une histoire où le trait, la colorisation et l’intrigue travaillent de concert et se mettent en valeur les uns les autres (je ne sais pas pour vous, mais je m’éclate beaucoup au jeu du “OK, reprenons le chapitre depuis le début et partons à la recherche de tous les petits clins d’œil rigolos qu’Adrian Alphona a glissé dans ses planches”). Et en plus y a un gros chien à qui on a envie de faire plein de gratouilles >ω<

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