Sorties comics VO du 09/07/14

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Au programme cette semaine :

  • All-new X-men #29 (Stuart noooon revieeeeens)
  • Captain Marvel #5 (sérieux, quelqu’un saurait comment être Kelly Sue DeConnick ?)
  • Original Sins #3
  • Spider-Man 2099 #1 (mais juste être Peter David ça m’irait aussi, remarque)
  • Thor & Loki: The tenth realm #1

All-new X-men #29

L’arc sur la Confrérie du futur se termine avec ce chapitre, qui nous confirme les raisons de la présence de Molly Hayes, Beast ou Xorna autour du jeune Xavier (enfin, “se termine”… a priori). C’est aussi le dernier épisode dessiné par Stuart Immonen, qui part illustrer Captain America. Sara Pichelli assurera les dessins du #30, puis Mahmud Asrar prendra ensuite la relève pour une durée indéterminée.

D’un côté je suis déçu de voir le dessinateur partir tellement ce chapitre est une fois de plus un régal visuel, d’un autre côté l’histoire a tellement alterné le bon et le franchement médiocre qu’une partie de moi est rassurée de voir que le gâchis de talent s’arrête là (même si les artistes qui arrivent ne sont pas les moins doués, clairement).

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En effet, le voyage dans le temps et ses conséquences est un concept assez déroutant, les personnages n’ont de cesse de nous le répéter, mais ça sent un peu la bonne excuse pour des facilités scénaristiques. Comment la confrérie fait-elle pour revenir après avoir été vaincue et avoir perdu certains de ses membres ? Pourquoi le retour d’une Xorna absente ? “Oh ben vous savez, le voyage dans le temps c’est toujours bizarre hein, faut pas trop de poser de questions.” Mouais… Autrement, la recette habituelle s’applique : on passe d’un personnage à l’autre avec des bons mots, des références à des événements passés ou de petits indices pour le futur, mais jamais l’ombre d’un vrai développement consistant.

Captain Marvel #5

Où l’on découvre ce qui empoisonne les résidents de la planète Torfa, où l’empereur de Spartax s’impose vraiment comme un vilain et où les choses sérieuses commencent.

Il y a quelque temps, une rumeur insistante prétendait que ce relaunch n’était en fait qu’une mini-série en 6 épisodes. Kelly Sue DeConnick l’a démentie : le premier arc compte en effet 6 chapitres, mais la suite est déjà prévue. Bref, ce qu’il faut retenir, c’est qu’on en est à l’avant-dernier chapitre de l’arc en cours. Et une fois de plus, je suis épaté par la subtilité de l’intrigue, qui n’en finit pas de gagner en complexité alors que ça ne fait que 4 chapitres que l’histoire a vraiment commencé (le premier se situait en effet sur Terre et nous expliquait pourquoi Carol partait dans l’espace). A la relecture des chapitres précédents, on comprend que certains ennemis n’ont pas été introduits par hasard, et certaines paroles apparemment anodines prennent tout leur sens. Sauf que là où d’autres auteurs ne se seraient contentés que de teaser certains événements à venir par ce biais, la scénariste nous propose depuis le début une histoire tout à fait solide. Les révélations de ce chapitre éclairent juste certains événements passés sous une toute autre lumière et nous démontrent que l’histoire est particulièrement bien ficelée.

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En peu de chapitres, l’auteur aura aussi campé de beaux personnages, forts et nuancés. Son héroïne bien sûr, mais aussi Eleanides, dont on perçoit toute la complexité de son rôle de dirigeante. Les deux femmes brillent notamment par leur intelligence et savent très bien faire la différence entre les mots qui sont dits et ce qu’ils signifient vraiment. Je radote un peu sur le sujet en ce moment, mais je ne comprendrai jamais le raccourci qu’on fait souvent entre “sombre et sérieux” et “adulte”. Les adultes autour de vous vous semblent-ils sinistres en permanence ? Ils ne font jamais de blagues ? Hmmm… non, n’est-ce pas ? Ô surprise, être adulte a plus à voir avec la notion de responsabilité, et à la nécessité de faire des choix face à des situations qui ne sont pas simples. Et c’est exactement dans cette veine que s’inscrit Captain Marvel, dans la juste alchimie entre légèreté et gravité.

Deux petits détails m’interpellent cependant : le chapitre commence en plein milieu de l’action, ce qui fait se demander s’il ne manque pas une page (heureusement, l’action demeure tout à fait compréhensible). Et un lecteur francophone risquera de buter plus d’une fois sur le vocabulaire, plus riche que celui de la majorité des comics mainstream. Mais à part ça, tout comme son héritière Ms. Marvel, Captain Marvel nous rappelle que le mot marvel se traduit en français par merveille et que ces deux titres n’ont pas volé leur nom.

Original Sins #3

Un peu plus de grands noms dans ce troisième épisode des mini-anthologies ayant vaguement un lien avec Original Sin. La première histoire est en effet écrite par Charles ‘I write everything’ Soule, et nous parle d’un Inhumain violet dont le pouvoir consiste à absorber ses aïeux lorsqu’ils meurent, leur visage poussant alors sur son corps. Oui, c’est un peu beurk dit comme ça, mais c’est surtout une occasion pour le personnage d’avoir accès à certaines informations importantes. Comme dans les chapitres précédents, on n’échappe pas à un certain côté récité : le personnage doit être présenté en très peu de pages, donc la subtilité passe souvent à la trappe. Heureusement, le scénariste s’aide des différentes voix à sa disposition pour varier les narrateurs, ce qui est beaucoup plus plaisant. L’histoire que son aïeul raconte est plutôt liée à celles des Inhumains, dont je ne me préoccupe pas vraiment, donc je ne pourrai pas dire grand-chose dessus, mais je salue la façon dont le scénariste s’est débrouillé pour déjouer le piège des longs monologues auxquels on a pas mal eu droit jusqu’à présent.

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Les Young Avengers renouent quant à eux avec l’humour dont ils avaient fait preuve dans le premier chapitre (les petits commentaires de Ryan North en bas de page faisant systématiquement mouche). Bien que le chapitre soit un peu trop bavard, on rit beaucoup devant l’incongruité des situations : Marvel Boy se pose beaucoup de questions sur les capacités des métamorphes, et David Alleyne pourrait presque plus s’appeler McGyver que Prodigy. Plus sérieusement, Hood souhaite accéder aux secrets que certains civils ont obtenus lorsque The Orb a fait exploser un œil de Uatu, et prétend qu’il s’en servira pour aider les gens de façon beaucoup plus humaine que le S.H.I.E.L.D. Mais peut-on vraiment faire confiance à un vilain lorsqu’il dit essayer de faire le bien ? Se doutant bien que la réponse n’est sans doute pas oui mais peut-être pas totalement non, les Young Avengers font un choix…

Enfin, comme d’habitude cet épisode se referme avec une petite histoire en deux pages, scénarisée par Dan Slott et dessinée par Mark Bagley, rien de moins. Avec l’humour qu’on lui connaît, le premier nous révèle un des sombres secrets de J. Jonah Jameson et, sans rien spoiler, il est plutôt bien trouvé ^^ Pour le moment, c’est sans doute la meilleure utilisation de ces 2 pages finales.

Spider-Man 2099 #1

L’univers de Spider-Man n’est pas celui qui m’attire le plus (ces histoires de science et de savants fous, bof), je ne connais pas du tout le sieur 2099, mais j’ai vu les noms “Peter” et “David” en face du mot “writer” et donc, vous comprenez, je n’ai pas pu ne pas lire ce chapitre.

Suite à des événements dont je ne sais encore rien car je lis la série Superior Spider-Man en TPB, Miguel O’Hara, le Spider-Man de l’an 2099, s’est retrouvé en 2014, et n’a pas l’air de pouvoir revenir à son époque d’origine (heureusement, on nous récapitule tout ce qu’il y a à savoir avant le début du chapitre). Dans cet épisode, il cherche un appartement (dont le niveau de misère rappellera sans doute beaucoup de souvenirs aux plus parisiens d’entre vous) et fait surtout face à un ennemi du futur (mais d’encore plus loin que le futur d’où il vient), qui a remonté le temps pour le supprimer. Ce qui est assez rafraichissant, c’est que celui-ci analyse chaque victime potentielle afin de savoir si sa mort aura ou non un impact important sur le futur, là où dans d’autres récentes histoires de voyage dans le temps, on part souvent du principe qu’un changement dans le passé peut créer une nouvelle ligne temporelle (= changer le passé n’aura un impact sur le futur que selon le bon vouloir du scénariste).

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Le ton est résolument léger et drôle, même si connaissant le talent de l’auteur pour créer des personnages profondément humains, j’ai hâte de voir comment vont cohabiter le héros et son grand-père lorsqu’il était encore jeune. Les deux personnages féminins sont également loin d’être des potiches sans cervelle ni personnalité, et je suis curieux de savoir comment elles vont influer sur le destin du héros.

En ce moment, la tendance est de faire des arcs en un nombre de chapitres très identifiable : certains donnent dans le done-in-one comme Moon Knight, d’autres préparent les TPB à venir et créent des arcs narratifs qui tiennent par exemple pile-poil en 5 ou 6 chapitres et formeront une histoire complète une fois en volume reliés. Certains mélangent les deux, comme Black Widow dont on pouvait lire les premiers chapitres indépendamment les uns des autres, même s’ils finissaient pas aboutir à une intrigue suivie. Ici, Peter David a l’air de faire encore autrement : l’intrigue avec l’ennemi du futur est résolue dans ce chapitre, mais on n’a pas cette impression de “done-in-one”. Plutôt celle que l’auteur met en place des personnages bien campés, et va les faire interagir en observant ce qu’il se passe, tout en lançant comme à son habitude plusieurs sous-intrigues.

Côté graphique, je ne connaissais pas du tout Will Sliney (juste de nom car il a travaillé sur les controversées Fearless Defenders), mais son trait est vraiment joli, presque à couper le souffle lorsque le héros bondit dans la ville : les couleurs d’Antonio Fabela lui ajoutent une brillance tout à fait adaptée. Elle a en effet ce petit côté high-tech qui nous rappelle subtilement qu’on parle de personnages venant du futur.

Tout cela nous donne un chapitre qui se lit tout seul, et on n’en attendait pas moins (je n’en attendais pas moins) de l’auteur.

(Original Sin #5.1) Thor & Loki: The tenth realm #1

Le(s) titre(s) de cette mini-série en 5 épisodes prête(nt) vite à confusion, mais tout ce qu’il faut retenir, c’est qu’il s’agit d’un tie-in à l’event Original Sin, dans lequel Thor a récemment appris qu’il avait une sœur. Cette histoire est aussi la suite directe des événements de Loki: Agent of Asgard, et est co-écrite par son scénariste Al Ewing, ainsi que par Jason Aaron qui lui s’occupe de la destinée de Thor.

Dans la mythologie nordique, neuf royaumes reposent sur Yggdrasil, l’arbre du monde, dont Midgard (la Terre) et Asgard (la patrie des dieux nordiques). Dans le dernier chapitre des aventures de Loki, celui-ci tombait sur une carte laissant penser qu’un dixième royaume existait. Thor en a eu la confirmation via une vision lui révélant aussi l’existence d’une sœur cachée. Les deux dieux partent alors à la recherche de ce dixième royaume et de la fameuse Angela…

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Les lecteurs de l’event en cours et de la série de Loki auront sans doute une impression de redondance face à ce chapitre, qui reprend ce qu’il y avait à savoir dans ces deux histoires pour que tout le monde comprenne bien celle qui commence ici (mais on a tous débuté un univers un jour par ce genre de récit, et on était bien content que ces rappels existent pour ne pas être largués, donc ne crachons pas dans la soupe).

Le principe de révéler des secrets cachés est une jolie formule pour dire “on va faire de gros retcons”, mais je trouve qu’il se prête bien à l’univers de Loki. En effet, ce qui apparaissait clairement dans le run de Kieron Gillen dans Journey into Mystery et dans celui tout récent d’Al Ewing, c’est que les dieux sont des mythes, des histoires, et que par définition une histoire s’écrit. Et, surtout, se réécrit. Récemment Loki/Kid Loki n’a eu de cesse de vouloir réécrire la sienne et parfois celles des autres, ajoutant ou supprimant des lignes. Ici c’est une fois de plus le sujet : on apprend que certains événements ont été passés sous silence et effacés de l’histoire. Quant à Loki, les révélations de l’All-mother sur la façon dont il a été utilisé pour sécuriser le futur d’Asgard ne l’ont pas vraiment enchanté, lui qui depuis un certain temps essaie coûte que coûte d’échapper à son destin de vilain unidimensionnel, qui ne sied pas du tout à un dieu du mensonge normalement libre de se jouer de tout sans se cantonner à un camp bien défini et, fatalement, identifiable.

Aux dessins, on retrouve le trait tout en courbes de Lee Garbett, mais sans l’humour omniprésent d’Agent of Asgard, dont il devenait presque indissociable, ce qui surprend un peu. Simone Bianchi prend cependant la relève dès que les héros arrive dans le fameux dixième royaume, pour un changement d’ambiance radical : visuellement, on bascule de façon évidente dans la fantasy.

Bref, un chapitre plus introductif qu’autre chose, mais dans la droite lignée des événements précédents, ce qui donne envie de découvrir la suite plutôt que de juste sourciller quant au rattachement d’Angela (création de Neil Gaiman dans l’univers de Spawn à l’origine, chez Image Comics) au monde des dieux nordiques de Marvel.

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