Sorties comics VO du 09/04/14, 2e partie

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Fin des avis sur les sorties de la semaine (dernière)(hum) avec juste deux séries mais à propos desquelles j’avais envie de mettre plein d’images raconter plein de choses.

  • Adventures of Superman #46 à #48 et #50
  • All-new X-Factor #1 à #6

Adventures of Superman #46 à #48

(où l’on se rend compte que cette rubrique “sorties de la semaine” se résume parfois à “boh, c’est vaguement sorti récemment et j’avais envie d’en parler”)

Adventures of Superman est une série qui paraît d’abord en numérique, et regroupe de courts arcs narratifs écrits et dessinés par une multitude d’auteurs, détachés de la continuité actuelle. Jusqu’ici je ne m’y étais jamais vraiment intéressé, mais certains savent titiller la curiosité des gens.

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Les chapitres #46 à #48 forment l’arc Strange visitor, qui s’ouvre sur les derniers instants de la Terre. Toute l’humanité a évacué la planète, sauf Kamandi qui souhaite se recueillir devant une statue de Superman, pour “dire adieu avant de revenir”. Voyant son roi perplexe face à ce paradoxe, il entreprend de lui raconter une histoire de Superman et de lui expliquer son véritable rôle parmi nous. Je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher les plus beaux moments de cette belle histoire.

Mais ce qui est extrêmement agréable, c’est de retrouver un Superman qui correspond assez bien à l’idée qu’on s’en fait. Son côté surhumain ne se limite pas à ses extraordinaires capacités physiques : Superman, c’est aussi la bonté infinie, le courage inaltérable et, toujours, cette capacité à ne pas se laisser dépasser par un échec mais à aller de l’avant. Et à inspirer tous ceux qu’il entraîne dans son sillage. L’émotion nous prend presque par surprise en tournant les pages, et c’est d’autant plus heureux vu que l’histoire ne cadre pas du tout avec la tendance au sombre et réaliste dans laquelle se complaisent les comics DC et leurs adaptations à l’écran.

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En parlant de DC, la fin du monde a chez eux une résonance particulière. Les deux grands éditeurs de comics de super-héros exploitent les même personnages depuis des décennies, cependant là où Marvel ne reboote pas son univers mais installe de plus en plus régulièrement de nouveaux statu quo afin de pouvoir embarquer les nouveaux lecteurs au passage, DC utilise des crisis et autres Flashpoint pour élaguer une continuité devenue un peu trop compliquée à suivre, ce qui a donné dernièrement les New 52. Strange visitor joue complètement de son côté meta, avec ses paradoxes temporels et cet univers qui touche à sa fin, pour donner naissance à un autre.

Une magnifique surprise qui m’a rappelé Whatever happened to the caped crusader de Neil Gaiman, publié lors de la “mort” de Batman et qui convoquait à son enterrement les grandes figures de la vie de Batman, pour se recueillir sur son souvenir et ses nombreux aspects, et qui nous parlait aussi de la fin et du renouveau. Je ne sais pas ce que valent tous les arcs qui ont précédé Strange visitor, mais le TPB qui les réunira m’intéresse soudain beaucoup.

Adventures of Superman #50

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Dans une magnifique histoire qui avait été adaptée en un épisode du dessin animé Justice League, Alan Moore s’était déjà posé la question de savoir quoi offrir à L’homme Qui A Déjà Tout. Batman et Wonder Woman répondaient à cette question chacun à leur manière. Ici, à la surprise d’absolument personne, Kelly Sue DeConnick ramène une Lois Lane un peu absente de la continuité actuelle pour lui faire offrir une Mystery Box à Superman. Le propos est bien sûr beaucoup plus léger, et c’est dans un mélange d’action et d’humour typique de la scénariste que Superman se demande ce que contient cet énigmatique cadeau. Plusieurs de ses amis héros lui donnent leur avis, tout en l’aiguillant sur un cadeau à offrir en retour (et sous sa plume, même Batman se met à faire de l’humour, c’est très déstabilisant).

On sourit beaucoup, car les dialogues sont parfaits comme d’habitude avec cet auteur, les expressions que dessine Valentine de Landro sont parfois très réussies et surtout, surtout, c’est incroyablement ro-man-tique. Un peu comme si DeConnick avait voulu offrir à tous les fans de la relation Superman/Lois un concentré de la romance dont ils été pas mal privés ces dernières années.

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“…it’s not a fish.” Merci Aquaman.

All-new X-Factor (#1 à) #6

Alors non, All-new X-Factor n’est pas la dernière mouture d’un télé-crochet. Le seul point commun entre la dernière série de Peter David et l’émission en question, c’est peut-être leur côté “vieilles gloires sur le retour”.

Serval Industries est une entreprise prospère et pas du tout douteuse (ils ont créé le meilleur moteur de recherche du net, quand même) dont le but affiché est d’aider les gens. Depuis que son PDG a racheté le nom “X-Factor” à son précédent propriétaire, il a créé sa propre équipe de super-héros sponsorisés, en plaçant à sa tête Polaris, qui appartenait déjà à la version précédente d’X-Factor. Celle-ci commence par recruter le mutant Gambit, avant d’apprendre que son demi-frère Quicksilver vient également s’incruster dans l’équipe.

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La petite ambiance sympa.

Si je vous dis qu’il m’a fallu plusieurs mois pour me décider à terminer le premier chapitre, je pense que ça vous renseigne sur mon enthousiasme quant aux premières pages de la série. En effet, les premiers personnages introduits ne sont ni les plus sympathiques, ni les plus connus de l’univers Marvel :

  • Fille de Magneto, Polaris a hérité de son père de puissants pouvoirs sur le magnétisme, en plus de sortir de graves problèmes d’alcool et d’avoir l’air plutôt instable.
  • Son demi-frère Quicksilver est l’archétype du speedster arrogant, qui prend tout le monde de haut et aime bien leur faire comprendre qu’il fait tout plus vite qu’eux et que leur lenteur l’agace prodigieusement (en plus de ne pas toujours être bien intentionné). Et globalement, tout le monde le lui rend bien.
  • Gambit est sans doute le plus connu des trois : mutant, voleur, charmeur… Bref, pas le mec le plus fiable. Mais ce nouveau statut pourrait mieux lui convenir que le rôle de professeur dans l’école pour jeunes mutants de Wolverine.

Et pour leur première mission, cette fine équipe part sauver des griffes d’A.I.M. d’autres mutants encore moins connus et dont le look nous rappelle les heures les plus sombres du chara-design chez Marvel. Mais si, A.I.M., l’organisation criminelle qu’on voit un peu partout en ce moment et qui, à force, devient complètement générique. Besoin de vilains à affronter sans trop se prendre la tête à expliquer le pourquoi du comment ? A.I.M. est là pour vous, avec une quantité infinie de laboratoires secrets à détruire et d’expériences illégales à stopper.

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Le tout dessiné par Carmine Di Giandomenico, qui croque des visages expressifs et plutôt détaillés, au contraire de ses décors qui manquent singulièrement de texture. Lee Loughridge les remplit d’aplats de jolies couleurs vives qui hurlent le numérique, ce qui donne un rendu étrange aux planches, mais paradoxalement très adapté à Serval Industries. Les ambiances lumineuses sont agréables et les couleurs bien choisies, comme dans une communication très étudiée, sauf qu’au fond, quelque chose cloche.

Bref, après avoir lu les 5 premiers chapitres, je n’étais pas vraiment enthousiaste. Quelques jours après par contre, je me disais que, quand même, la série n’était pas désagréable. Une semaine plus tard, je n’en pouvais plus d’attendre le prochain chapitre @_@

Déjà, Peter David a la bonne idée d’introduire un 4e personnage qui est l’antithèse complète des trois précédents. Là où ils sont dissimulation et suspicion, elle est toute vérité et précision (et n’a bien sûr aucun tact – c’est un peu la Lying Cat de la série, quoi). Immédiatement, la dynamique de l’équipe change et devient beaucoup plus intéressante. On réalise aussi que derrière une intrigue qui avançait plutôt calmement, l’auteur a l’air de rien initié pas mal d’intrigues secondaires qui enrichissent lentement mais sûrement son univers et rendent vite addict au titre. Que cache le PDG de Serval, dans une sphère où “gentil” et “méchant” deviennent des mots vides de sens ? Quicksilver va-t-il trahir son allégeance ? Quels sont les problèmes irrésolus de Polaris ? Reverra-t-on les chatons de Gambit ? Tant de questions. Et puis petit à petit, les personnages se révèlent quand même rudement sympathiques, surtout Quicksilver qui arrive à prodigieusement agacer tout le monde tout en nous faisant beaucoup rire par ses sarcasmes. A ce niveau-là, il y a tout ce que je recherche systématiquement, à savoir une excellente caractérisation et des dialogues bien troussés.

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A la fin du chapitre #6, la team est complète et, forts de la certitude que l’auteur sait y faire pour construire une équipe qui promet de riches interactions, on se dit que ce voyage dans les contrées les plus méconnues de l’univers Marvel s’annonce très agréable.

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