Sorties comics VO du 07/05/14, 3e partie

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Fin du marathon des sorties de la semaine o/

  • Cyclops #1
  • Iron Fist: The living weapon #2
  • She-Hulk #4

Cyclops #1

A plusieurs égards, ce chapitre est un peu tout sauf ce à quoi on pouvait s’attendre.

De Greg Rucka, je n’ai lu que les très sérieux Batwoman, Gotham Central, Wonder Woman: The Hiketeia ainsi que Queen & Country (mais juste le début) autrement dit des histoires où on ne rigole pas tous les jours. Je n’ai pas encore attaqué mon tome 1 de Lazarus, mais vu le résumé et le regard que nous lance l’héroïne sur la couverture…

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…je ne m’attends pas à ce que ce soit la fête non plus.

De plus, comme l’a fait remarquer un lecteur à Tom Brevoort, c’est rare qu’on puisse lire une histoire sur une relation père-fils saine. D’habitude le père en question est plutôt décédé depuis longtemps, ou alors il n’intervient jamais, voire il se révèle être un super-vilain. Mais il n’inspire pas vraiment sa progéniture.

Quand soudain, Cyclops #1, une histoire fun où un fils voit débarquer dans sa vie un père auquel il a envie de ressembler o_O En effet, dans les pages d’All-new X-men, Beast avait été rechercher les premiers X-men dans le passé, et Scott Summers s’était rendu compte que son futur lui était un terroriste recherché qui venait de tuer l’homme qui les avait recueillis. Bref, il ne se vendait pas vraiment du rêve à lui-même. Et c’est pendant les événements du procès de Jean Grey qu’il avait découvert que son père était encore en vie, et qu’en plus il était devenu un pirate de l’espace cool et sexy (un peu Robert Downey Jr dans Iron Man, le côté diva en moins, mais avec plus de cheveux). Un modèle déjà un peu plus motivant~

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Ce chapitre sert principalement à mettre en place le départ de Cyclops et de son père dans un voyage en duo, aucun des deux n’étant vraiment convaincu d’être le père ou le fils que l’autre attend. Ces doutes font d’ailleurs le sel des monologues intérieurs du jeune Scott : sa peur de ne pas être à la hauteur de la coolitude de son père se manifeste par une certaine autodérision, qui participe à la légèreté du titre solo d’un personnage plutôt connu pour son côté sérieux voire prise de tête. Légèreté, mais pas superficialité ; en effet, une autre bonne nouvelle, c’est qu’a priori l’auteur sait très bien de quoi il parle :

Greg Rucka: I was offered the book by [editor] Nick Lowe, and he basically said that he had been talking to Brian Bendis, and he had suggested me, because, I believe as Bendis put it, “Greg’s got a son about Scott’s age, and it seems that could be a really good fit.” And that was how Nick sort of pitched it.

Et pour ne rien gâcher, visuellement c’est plutôt joli <insérer ici mon blabla habituel à base de “dynamique”, “expressif”, “expressions faciales réussies”, “jolies couleurs” + le nom de Russell Dauterman>. Je me laisserai donc bien tenter par ce voyage dans l’espace, ayant hâte de voir comment Greg Rucka va insuffler son vécu dans cette histoire beaucoup plus colorée que celles pour lesquelles on le connaît.

Iron Fist: The living weapon #2

Durant le premier chapitre, Danny Rand recevait la visite de ninjas-zombies-cyborgs (ça ne s’invente pas) bien décidés à le tuer, en plus d’un message lui demandant de retourner à K’un Lun, la cité mystique où il avait appris les arts martiaux et était devenu Iron Fist.

Le deuxième chapitre le voit se diriger à nouveau vers cette cité, où des célébrations ont été entachées par des conspirations internes et par l’arrivée d’autres ninjas-zombies-cyborgs. Le voyage est également l’occasion pour Danny de continuer à se souvenir des événements qui l’ont amenés à K’un Lun la première fois, lorsqu’il avait neuf ans.

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On peut dire que Kaare Andrews ne rend pas la tâche facile à ses lecteurs, surtout à ceux qui découvriraient le personnage à cette occasion (ou qui ont déjà lu certaines de ses aventures mais les ont un peu oubliées – genre, moi). S’il nous re-raconte les origines de son héros, comme c’est souvent le cas au début d’un titre solo, il fait aussi intervenir des éléments ou personnages importants dans l’histoire de Danny sans les présenter du tout. Ou utilise des termes tels que Yu-ti ou sifu sans les expliquer, ce qui peut faire sourciller.

On note aussi quelques pointes d’humour tombant un peu à plat : Danny qui se trompe systématiquement sur le nom de la journaliste avec qui il vient de coucher par exemple, c’était éventuellement drôle la première fois, mais à un moment il faut passer à autre chose. Comme dans le chapitre précédent, le reste de ses monologues intérieurs donne plutôt dans le premier degré torturé (alors qu’il y a des ninjas-zombies-cyborgs, je ne le soulignerai jamais assez), tandis que le phrasé du Yu-ti est emphatique à souhait pendant la cérémonie.

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Visuellement par contre, le travail de Kaare Andrews est toujours aussi original et réussi. Heureusement qu’il est tout seul aux commandes de la série (seul le lettrage est assuré par Joe Caramagna), car son style tranche radicalement avec l’esthétique avec laquelle on est habitué en lisant des comics de super-héros et il aurait été dommage d’essayer de le faire rentrer de force dans un moule. Lorsqu’il côtoyait celui de Brandon Peterson dans les pages d’AvX: Versus #4, son trait faisait bizarre. Lorsqu’on le voit tout seul, le mot qui vient à l’esprit est plutôt “personnel”.

Il y a quelque chose de très organique dans sa façon de représenter le mouvement ou bien les corps de ses adeptes du kung-fu, forcément très musclés mais bien loin de top-models. Son Yu-ti est une masse imposante, son Davos inspire une raideur glaçante, tandis que Danny est plutôt proche de la sauterelle. On note également tout plein de bonnes idées de découpage, où comme dans le premier chapitre les onomatopées se mélangent aux cases (le passage avec les THUMP THUMP THUMP est juste brillant comme transition), et de manière générale des compositions saisissantes (si la vision de la dernière page ne vous fait rien, je ne sais pas ce qu’il vous faut).

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Mike del Mundo avait bien cerné le personnage avec son animal variant.

En résumé, une histoire déstabilisante, agaçante mais portée par une vraie personnalité. De quoi continuer encore quelques numéros pour voir si la sauce prend finalement ou pas.

She-Hulk #4

Suite à la façon… surprenante dont s’est terminé le chapitre précédent, Jennifer Walters s’envole pour San Francisco afin de consulter un autre avocat super-héros à ses heures perdues : Matt Murdock, alias Daredevil. De quoi lui permettre de rebondir dans cette affaire, avant de s’attaquer à un autre cas étrange.

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Le moins qu’on puisse dire, c’est que les 3 premières pages ne donnent pas dans la subtilité. Angie rappelle à Jen les événements précédents, puis Matt Murdock lui raconte ses dernières mésaventures ainsi que le fonctionnement de ses pouvoirs. Je ne vois pas trop l’intérêt de nous faire un résumé des épisodes précédents quand il y en a déjà un en page d’avant, et que les lecteurs qui découvriront l’histoire en TPB n’auront sans doute pas oublié une action s’étant déroulée 2-3 pages en amont. Comme il n’y a pas vraiment de team up entre She-Hulk et Daredevil, quel est l’intérêt de nous expliquer que le second a un sens radar ? Savoir qu’il était avocat était tout ce dont on avait besoin.

Après cette introduction pour le moins pataude, le chapitre reprend un rythme de croisière agréable. Le Dr Doom, son ego surdimensionné et et ses doombots sont d’une kitscherie réjouissante, la raison pour laquelle Jen continue de se battre pour son client est plus profonde que ce à quoi on s’attendait vu la légèreté du titre, et la nouvelle affaire à laquelle s’attaque notre héroïne nous permettra a priori de voir ses associées en action. Bref, que du bon.

Et je ne le dirai jamais assez, mais quelles jolies couleurs. Comme certains passages sont assez riches en dialogues et en considérations judiciaires, un style urbain et réaliste comme celui du run de Bendis ou Brubaker sur Daredevil aurait littéralement plombé le titre. Ici, même en l’absence d’action, les couleurs éclatantes de Muntsa Vicente et le côté cartoon du trait de Javier Pulido exacerbent le moindre aspect un peu délirant du titre (et il y en a plusieurs, du singe d’Angie en passant par les habitants de l’immeuble où Jen s’est installée) et font de la lecture une petite bouffée d’air frais.

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