Sorties comics VO du 07/05/14, 2e partie

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Suite et non-fin des à peu près sorties de la semaine (oui en fait y en a vraiment trop :P) :

  • Batgirl Annual #2
  • Loki: Agent of Asgard #4
  • New Warriors #4

Batgirl Annual #2

Je sais, ce chapitre est sorti la semaine dernière, mais c’est mon blog et je fais ce que je veux :p

Commençons par une petite anecdote : en parallèle de ma 3e année d’école d’ingénieur en option environnement marin, j’avais tenté de suivre en parallèle une année de master en océanographie à la fac des environs. Ça s’est avéré ne pas être une bonne idée pour diverses raisons, mais je me souviens encore très précisément de la première semaine de cours à la fac, où les différents professeurs nous donnaient un aperçu des sujets qu’ils allaient aborder tout au long de l’année. Ce qui m’avait fait froid dans le dos à l’époque, c’était que leur conclusion était systématiquement la même : on fait de la merde. En vidant l’océan de ses poissons, en envoyant des appareils de mesure qu’on laisse couler au fond de la mer une fois qu’ils ont rempli leur office, ou en défigurant le littoral pour du tourisme (un des professeurs nous faisait d’ailleurs remarquer que l’emplacement de la fac si près du bord de mer violait très ironiquement la Loi littoral – attirer des investisseurs près d’une ville aussi moche que Brest était plus prioritaire que de respecter l’environnement qu’on nous faisait étudier).

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C’est sans doute pour une de ces raisons que j’aime beaucoup le personnage de Poison Ivy (l’autre raison étant qu’elle était trooop claaaasse dans le dessin animé quand j’étais petit). Elle est un peu l’incarnation exacerbée d’une certaine colère mêlée à un dégoût de l’humanité quand celle-ci pille la planète, sans trop se poser de questions ou sans trop savoir comment inverser la tendance face à des abus aussi généralisés. Ivy va trop loin dans ses actions, ce qui fait d’elle une écoterroriste, une super-vilaine, mais dans le cœur de sa haine, il y a quelque chose qu’on peut facilement comprendre. Fin de la parenthèse “my life”.

Revenons donc à Batgirl, une série que je ne suis pas d’habitude vu que je n’ai lu que des critiques négatives dessus. Cependant, la couverture de cet annual signée Clay Mann ainsi que la présence de Poison Ivy et des Birds of prey ont attiré mon attention.

Dans cette histoire, Batgirl enquête sur le mystérieux Mr Rain, qui a l’air de réaliser des expérimentations très discutables sur des créatures vivantes. Au fur et à mesure de son enquête et du déroulement des saisons, l’héroïne plonge de plus en plus dans l’horreur de ces expérimentations, tout en faisant à chaque fois équipe avec une Poison Ivy parfois difficile à cerner.

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Visuellement, c’est souvent un choc de passer de plein de séries Marvel à un titre DC. Là où le premier éditeur a lancé plein de séries à la patte artistique très marquée et bien différente d’un titre à l’autre, le second impose un style maison qui donne à première vue l’impression que tout se ressemble. C’est une stratégie comme une autre, le souci étant que si on n’adhère pas franchement à ce style, on peut vite tout rejeter en bloc. Enfin, si Marvel semble avoir rassemblé le haut du panier en matière de dessinateurs, chez DC sorti de quelques grosses pointures telles Greg Capullo, Ivan Reis, Francis Manapul ou Nicola Scott, le reste n’impressionne pas vraiment. Ici, Robert Gill et Javier Garrón livrent une prestation correcte, mais leurs visages et leurs proportions ne donnent jamais l’impression d’être vraiment maîtrisés.

Quelques maladresses aussi au niveau de l’histoire. Si on finit par comprendre où Gail Simone voulait en venir en passant d’une saison à l’autre, les multiples petits sauts dans le temps sont tout d’abord un peu perturbants. Le fait que Batgirl nous annonce rapidement qu’elle ne pardonnera jamais à Ivy MAIS qu’elle fasse équipe avec elle tout au long du numéro est également étrange. Certes, les différents moments où elles font équipe sont espacés de plusieurs mois, mais leurs prises de bec sonnent légèrement faux.

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Malgré tout, quelque chose fonctionne. L’auteur insuffle beaucoup d’humour, de tendresse et d’émotion dans les monologues intérieurs de Barbara Gordon. Bien que tel ou tel détail puisse agacer, on se prend vite d’affection pour les personnages et la façon dont ils se soucient les uns des autres. La compassion de Barbara, même si elle est mise à rude épreuve, est d’ailleurs le principal vecteur de cette émotion, qui culmine dans les dernières cases, même si la fin a quelque chose de prévisible. Gail Simone propose aussi une interprétation intéressante du fonctionnement de Poison Ivy, bien que je ne sois pas tout à fait convaincu de sa version hiver.

En résumé, cet annual de Batgirl navigue en permanence entre la déception et la franche réussite, mais ce sont les moments d’émotion sincère qui l’emportent.

Loki: Agent of Asgard #4

Alors que le précédent chapitre m’avait laissé perplexe (mais une histoire de Loki où tout serait limpide du premier coup, ça ne serait pas une histoire de Loki), celui-ci revient sur le jeune Loki et qu’est-ce que c’est drôle.

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All-new X-Factor a un humour très fin, reposant beaucoup sur le clash entre des personnalités très affirmées (qui se comportent parfois comme des grands gamins) et Polaris qui essaie de diriger ce petit monde sans péter complètement un câble. New Warriors joue beaucoup plus sur les running gags (“is that Spider-Man?”) et des traits de caractère particuliers (la réticence de Kaine à jouer le super-héros et son envie de rester tout seul sauf qu’il fera toujours le contraire ; à l’opposé, l’enthousiasme permanent d’Aracely ; Nova qui joue à fond le super-héros du haut de ses quinze ans ; Speedball et son sens de l’humour de manière générale). Même Black Widow fait preuve d’humour de temps en temps, via un second degré particulièrement subtil. Enfin, on ne présente plus celui de Bendis dans ses séries mutantes.

Dans Loki, l’humour se niche plutôt dans le décalage permanent entre de grandes figures d’Asgard, dont l’appartenance à ce royaume est soulignée par l’usage d’une typographie gothique et d’encadrés en forme de vieux parchemins… et la façon dont personne ne se prend vraiment au sérieux. Dans son run sur Journey into Mystery, Kieron Gillen se moquait volontiers du ton un peu pompeux, assez sérieux auquel on s’attend en lisant un récit de fantasy. Al Ewing, lui, le dynamite complètement. Entre Verity ‘cut the crap’ Willis, Loki qui a toujours une machination d’avance, les All-mother qui savent très bien lui rappeler QUI règne sur Asgard, Sigurd qui se la raconte et un certain autre personnage dont je ne révélerai pas l’identité, c’est un festival permanent, absolument réjouissant (certains petits détails en arrière-plan valent également le coup qu’on s’y attarde).

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Mais ce chapitre ne se résume pas à un enchaînement de gags. L’intrigue nouée dans le 2e épisode et qu’on avait temporairement délaissée dans le précédent trouve ici une suite, tout comme celle de Gram qui avait commencé dans le Point One publié avant le chapitre 1. Côté visuel, Lee Garbett n’a pas forcément un style renversant, mais son trait tout en courbes et ses visages particulièrement expressifs forment une association parfaite avec le style décomplexé du scénariste.

New Warriors #4

Oui, j’avais dit que je n’en reparlerais pas tant que la série ne s’améliorerait pas, mais ce chapitre m’a suffisamment plu pour écrire un petit mot dessus (et/ou c’est l’effet All-new X-men, à chaque fois je peux faire la liste de tout ce qui me déplaît dedans, mais je me jette quand même sur chaque nouveau chapitre quand il sort parce que c’est super joli et rigolo) (il me faut probablement aussi ma dose de Kaine et Aracely depuis la fin de Scarlet Spider).

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Fin du premier arc et réunion de l’équipe dans ce 4e chapitre, qui consiste principalement en un gros affrontement entre les New Warriors et les forces du High Evolutionary. Comme je ne suis pas vraiment familier de tout ce pan de l’univers Marvel, il m’a bien fallu la critique de ComicVine pour comprendre la différence entre le High Evolutionary et l’Evolutionary tout court (la différence entre ce dernier et les sbires du premier ne tient qu’à une couleur…). Mais sorti de ce détail, le chapitre se lit très bien : Marcus To n’est certes pas Stuart Immonen, mais ses planches ont un charme similaire, grâce à son trait dynamique et expressif et aux couleurs vives qu’ajoute David Curiel. Et grâce à l’humour dont je parlais au-dessus, on passe un bon moment.

Par contre – il fallait bien que je crache mon venin quelque part – comme cet humour repose beaucoup sur des running gags et sur la personnalité de certains protagonistes bien précis, leurs interactions ne sont pas très riches en informations. Confondre Scarlet Spider avec Spider-Man, ça fait rire, même au bout de la 10e fois, mais ça n’apporte rien de plus en terme de caractérisation ou d’avancée de l’intrigue.

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