Sorties comics VO du 07/05/14, 1ère partie

image

Avalanche de sorties cette semaine, donc comme précédemment, je découpe le post en 2 parties. Dans celui-ci :

  • All-new X-Factor #7
  • Black Widow #6
  • Earth 2 #23
  • Moon Knight #3
  • Original Sin #1

All-new X-Factor #7

image

Quicky. Doug appelle le fier Quicksilver Quicky.

QUICKY.

image

Rien qu’avec ça, je sais qu’on est bien partis. Bon, plus sérieusement, ce chapitre s’ouvre avec un appel au secours émanant de la fille d’un magnat de la presse célèbre pour ses opinions anti-mutantes. Après pas mal de tergiversations quant à leur rôle et leur statut, l’équipe décide de lui porter secours, mais ils ne sont pas au bout de leurs surprises…

J’aime bien, j’adore All-new X-Factor pour des raisons très simples : comme il n’y a qu’une équipe assez limitée, l’intrigue n’a pas la possibilité de vraiment s’éparpiller, et même à l’échelle d’un seul chapitre, on sent réellement qu’elle avance. De plus, les dialogues sont toujours aussi excellents, je dois éclater de rire toutes les 2 pages en moyenne : les froides assertions de Danger font toujours mouche, tout comme l’humour pince-sans-rire de Polaris. Outre l’humour, ces dialogues tissent lentement et sûrement une toile de relations et une caractérisation qui participent énormément au charme du titre.

Visuellement par contre, autant j’aime beaucoup les nuances de couleur que choisit Lee Loughridge, autant j’ai toujours l’impression que le trait, l’encrage et la colorisation ne vont jamais vraiment ensemble. Je serais d’ailleurs curieux de voir Carmine Di Giandomenico avec un trait plus lâché : un encrage aussi net ne fait que plus ressortir ses quelques maladresses. Tantôt certaines expressions faciales sont excellentes, tantôt certaines proportions ont l’air à côté de la plaque.

Black Widow #6

Ces derniers temps, je ne savais plus trop quoi penser de la série. Les premiers épisodes étaient très accrocheurs car ils fonctionnaient comme des one-shots : un thème, une courte intrigue, les deux examinés en un seul chapitre. Plein de petits points d’entrée parfaits pour des lecteurs qui ne connaîtraient peut-être pas plus que ça la discrète Natasha. Mais Nathan Edmondson ne pouvait pas continuer de la sorte indéfiniment, et c’est assez rapidement qu’il a mis en place une intrigue un peu plus globale. L’arrivée de ce fil conducteur lançait vraiment la série, mais chaque chapitre perdait paradoxalement un peu en intensité.

image

Dans celui-ci, l’auteur arrive à mélanger les deux approches : l’histoire de Molot trouve une conclusion qui donne immédiatement naissance à de nouveaux mystères, et c’est avec plaisir qu’on retrouve Isaiah, qu’un guest fait une apparition rigolote… et il y a Liho ! Les couleurs de Phil Noto ne sont pas étrangères à cette impression de respirer à nouveau : alors que le chapitre commence dans des couleurs froides qui font écho au professionnalisme très détaché de Black Widow et de Maria Hill, la fin baigne dans des tons chauds et ramène un peu d’humour. Le thème de ce chapitre était visiblement la solitude, et il aura fallu en arriver là pour qu’apparemment, le supporting cast de Natasha s’installe vraiment. Comme en plus Edmondson file merveilleusement bien la métaphore de la veuve noire et de sa toile, c’est avec beaucoup de confiance que j’attends le prochain épisode.

Ma seule critique négative concerne les premières planches. Elles débutent avec un mélange encrage + aplat de couleurs très banal, avant de repasser aux belles peintures numériques caractéristiques de Noto sur le titre… en plein milieu d’une page. Le dessinateur était-il pressé par le temps ? A une époque où c’est devenu rare qu’un même dessinateur s’occupe de plus de 4 chapitres à la suite, on peut cependant saluer sa performance puisqu’il s’occupe tout seul des couvertures et de toute la partie graphique des 8 premiers numéros au moins. Le combat contre un certain ennemi qu’on a du mal à reconnaître immédiatement n’est pas très bien découpé non plus, mais heureusement ça n’entache pas l’excellente impression que laisse ce chapitre.

Earth 2 #23

image

Le 17 avril dernier, DC annonçait l’arrivée en octobre prochain d’une troisième série hebdomadaire après Batman Eternal et Futures End, dénommée Earth 2: World’s End. L’image accompagnant la news nous montrait une Terre se fissurant et percutée par Apokolips, Power Girl en pleurs dans les bras du kryptonien Val-Zod en costume de Superman, Huntress dans les bras de Batman dans une pose qui laisse craindre le pire pour sa vie, le casque du Dr Fate au sol et Green Lantern se débarrassant son anneau. Bref, la fin du moooonde et une destinée potentiellement tragique pour certains des héros de la deuxième Terre.

Dans une interview publiée aujourd’hui sur CBR, la dessinatrice Nicola Scott raconte que suite à la perte de la Trinité dans le premier chapitre, la Terre était restée meurtrie et que la situation ne s’améliorerait jamais vraiment complètement. Une série dérivée de cet univers était également en projet depuis le début, mais elle fut repoussée plusieurs fois avant de devenir le titre hebdomadaire annoncé il y a une vingtaine de jours. Même si elle n’est pas au courant de tous les développements, elle pense que World’s end pourrait permettre à la série-mère de redevenir un peu plus héroïque.

image

Soit. J’avoue qu’en attendant, je ne sais plus trop quoi penser. Même si l’intrigue sur evil!Superman commence à traîner un peu, ce chapitre se lit très bien : Lois Lane / Red Tornado en impose une fois de plus par son attitude et quelques mots bien sentis, Batman et son interlocuteur ne se la racontent que pour être mieux mis en boîte par Jimmy, quelqu’un y passe… On ne s’ennuie pas et les expressions de Nicola Scott sont une fois de plus au top, notamment sur les parents Kent. Je m’interroge juste sur la direction du titre, qui n’a jamais vraiment été claire depuis le début et que le changement de scénariste n’a pas dû aider. Dans les premiers chapitres on pensait à une nouvelle version de la Justice Society avec Alan Scott, Jay Garrick etc. Finalement la Trinité fait son retour sous d’autres incarnations (Fury serait la Wonder Woman venant rejoindre Val-Zod et Batman dans un futur proche), sauf qu’en fait c’est la fin du monde.

Le manque de développement des personnages prend quelque part un peu plus de sens : si l’objectif est surtout de s’auto-référencer constamment en jouant au jeu des 7 différences avec l’univers de base (ah, lui il est noir ; ah, lui il est gay ; ah, elle c’est sa fille etc.) oui ça ne vaut pas le coup de détailler la psychologie des personnages, surtout quand on sait que tout va péter assez rapidement. Mais mon enthousiasme pour la série a pris un sacré coup.

Moon Knight #3

Allez je me la joue ComicVine pour cet avis :

Le bien : Jordie. Bellaire. Je suis complètement fan de ses couleurs et de ses choix esthétiques (en supposant que ce sont bien ses initiatives). Tout comme le blanc très pur dans lequel elle habille Moon Knight lui donne déjà une allure très intrigante, le vert de ses fantômes dans ce chapitre fait vraiment d’eux des créatures de l’au-delà. De manière générale, la palette de verts et de bleus avec laquelle elle nimbe la ville est tout simplement magnifique.

image

Autrement, je pensais avoir découvert Declan Shalvey avec cette série, mais il se trouve que je l’avais déjà vu à l’œuvre dans les chapitres du très oubliable Minimum Carnage consacrés à Venom. Associé à Lee Loughridge pour les couleurs, le résultat n’avait absolument rien de marquant, et faisait même “dessinateur de troisième zone pour un personnage de troisième zone”. Il a sans doute mûri en tant qu’artiste depuis, mais la différence de rendu est hallucinante, tant on est passé de planches parfaitement banales à un résultat à présent envoûtant. J’avais déjà eu la même impression avec Dustin Nguyen, dont le style personnel très aquarellé est vraiment doux et immédiatement reconnaissable, mais qui devenait totalement quelconque lors de son bref passage sur Gates of Gotham. On touche du doigt les limites du principe qui consiste à confier le dessin, l’encrage et les couleurs à 2 ou 3 personnes différentes (voire plus !) : s’il permet de gagner du temps et de tenir un rythme mensuel, on se rend compte qu’il induit un certain risque d’aboutir à un résultat très impersonnel, si l’association des différents artistes ne fonctionne pas très bien ou que l’éditeur impose un style maison.
Enfin, on revoit l’étrange figure squelettique du premier chapitre, et le lien avec l’Égypte antique se fait un peu plus présent. On constate également en lisant les rares dialogues de l’épisode que Warren Ellis n’a rien perdu de son talent pour écrire des réparties pleines de mordant.

image

Le moins bien : ben c’est Moon Knight qui tape des fantômes, dans un costume grotesque la moitié du temps. Oui oui, l’intrigue se résume à ça, ce qui est quand même bien mince 🙁

Le verdict : ben bof.

Original Sin #1

Après la sympathique introduction d’il y a deux semaines, l’événement Marvel du moment est officiellement lancé. Plusieurs Avengers découvrent le cadavre énucléé de Uatu the Watcher sur base lunaire, or la liste des individus au courant de son existence n’est pas très longue, et tous ne sont pas des vilains. Assez rapidement, on nous fait comprendre qu’enquêter sur la mort du Chauve revient à ouvrir la boîte de Pandore : au lieu de laisser s’échapper des maux, ce sont d’importants secrets qui risquent d’être révélés au grand jour.

image

Visuellement, l’équipe artistique a peut-être un peu trop pris au pied de la lettre le concept de la “sombre histoire de meurtre”. Du fait des zones d’ombre dont ils usent et abusent, la majorité des planches baigne dans une semi-obscurité très peu accueillante. Le trait de Mike Deodato se révèle d’ailleurs assez froid, heureusement que l’introduction à base de steaks et de chasse à l’ours (si si) vient apporter un peu de légèreté à cet ensemble qui joue à fond la carte du mystère et du sérieux.

Des équipes assez improbables sont rapidement formées, sans qu’on sache trop pourquoi le Punisher est associé au Dr Strange ou Emma Frost à Scott Lang, mais je suppose qu’on en saura plus au fur et à mesure des chapitres. Le casting est assez varié (des humains, une extra-terrestre, une mutante, un magicien…) même si encore une fois très masculin. En tout cas, on ne perd pas de temps : on sent qu’on pose les bases, mais l’intrigue a déjà bien démarré et on a hâte de voir dans quels lieux inattendus ces équipes vont mener leur enquête.

A propos d’Emma Frost plus particulièrement (raison n°1 pour laquelle je lis cet event je le rappelle – et au moins n°2 et n°3 aussi), je ne comprends pas trop pourquoi elle est présentée en tant que télépathe vu que cette partie de son pouvoir est censée ne plus très bien fonctionner. Je suppose qu’elle prétend l’avoir encore car, sorti de ses collègues mutants, personne n’est et ne doit être au courant, mais comme cette intrigue a été bizarrement gérée depuis le début dans Uncanny X-men, je ne sais pas exactement quoi penser.

image

Ouf, un peu de second degré avec la couverture de Skottie Young.

Laisser un commentaire