Sorties comics VO du 04/06/14

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Cette fois-ci j’ai eu envie de classer les sorties de la semaine, en allant de celles que j’ai préféré jusqu’à celles qui m’ont moins plu.

  • Loki: Agent of Asgard #5
  • Earth 2 #24
  • All-new X-Factor #9
  • New Warriors #5
  • Moon Knight #4
  • Cyclops #2
  • Original Sin #3
  • Black Widow #7
  • Iron Fist: The living weapon #3

Loki: Agent of Asgard #5

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Toujours le rayon de soleil du mois : comme à chaque chapitre, Al Ewing mène son intrigue tambour battant, en parsemant les pages d’un humour ravageur, en créant des alliances improbables qui ne tiennent qu’à un fil et en multipliant les machinations cachées derrière les mensonges, eux-même dissimulés derrière des secrets, où tel est pris qui croyait prendre. Sauf qu’ici, il fait également la lumière sur un mystère qui dure depuis la toute dernière page du premier chapitre, tout en s’inscrivant dans une veine très à la mode chez Marvel et DC en ce moment (vous verrez en lisant les dernières pages). Voilà, le premier arc de la série est clos, de quoi laisser la place à la mini-série Original Sin: Thor & Loki – The tenth realm avant de revenir en septembre.

Earth 2 #24

Autant le précédent chapitre, l’annonce de la série hebdomadaire Earth 2: World’s End ainsi que celle du retrait de Power Girl et Huntress de la série World’s Finest pour en faire un énième titre sur Batman et Superman m’avaient refroidi dans mon enthousiasme, autant celui-ci était une joie à lire.

Bon, déjà, Alan Scott qui pète tout sur son passage en se prenant un peu pour Rorschach, ça fait plaisir à voir tellement ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu le personnage en action. Mais surtout, on a enfin une CARACTÉRISATION des tout premiers héros du titre. Il aura juste fallu attendre VINGT-QUATRE chapitres (et un changement de scénariste) pour que le miracle se produise. Alan Scott s’impose donc comme le fier héros très puissant investi de La Mission De Protéger La Terre, et qui a bien besoin que son entourage garde la tête froide pour le ramener sur… terre justement, et qu’il n’est pas tout seul. Cette mission échoit à Kendra, qui semble être la voix de la raison du groupe mais non sans humour, même si Jay a visiblement été choisi pour être LE petit rigolo de la bande.

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Du côté de la pseudo-Trinité, c’est un régal de voir le tout jeune Jimmy Olsen sermonner papy Batman comme on ferait la leçon à un enfant, après que celui-ci a eu des mots particulièrement durs à l’encontre de Val. On sent que l’auteur se fait plaisir avec le concept d’univers parallèle, qu’il en profite pour jouer avec les grandes figures de l’univers DC d’une façon qui ne serait pas possible sur la Terre prime.

Je regrette toujours un peu que le titre soit finalement parti pour nous raconter la fin d’un monde alors qu’on a enfin l’impression de voir les personnages prendre vie, mais ce serait mentir de dire que je n’ai pas passé un excellent moment à le lecture de ce chapitre.

All-new X-Factor #9

Quand je parle de la série, je dis souvent qu’elle est drôle. C’est tout à fait vrai, elle l’est énormément, mais ce n’est pas lui rendre honneur de n’insister que là dessus. Ce serait plus juste de dire que Peter David souffle le chaud et le froid, passant d’une confrontation plutôt dure entre Doug et Georgia à quelques mots bien sentis de la part de Danger (dont le casting est décidément LA bonne idée de la série), puis à un échange inhabituel entre Pietro et Lorna. Alors que les prises de bec entre ces deux-là créent d’habitude des moments comiques, celle-ci ravive plutôt d’anciennes blessures, tout du moins une certaine vulnérabilité chez l’un comme chez l’autre. Les non-dits entre Doug et Georgia menacent également d’aggraver la situation, ce qui fait qu’on ne se préoccupe que peu de la dernière bourde de Gambit, pourtant affichée en couverture.

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L’air de rien, avec ses petits arcs en 2 chapitres, l’auteur complexifie à chaque fois un peu plus la situation, pour un résultat qui me rappelle les plus riches heures du manga Nana (= les 9 premiers tomes). Il ne s’y passait globalement rien, mais tous les personnages vivaient intensément et les non-dits, les fêlures qui finissaient par affleurer créaient petit à petit une toile complexe de sentiments, rendant chacun des personnages infiniment attachant (et puis après l’auteur a rajouté plein de personnages, plein de gros événements, a beaucoup moins pu développer tout le monde et ce fut un drame pour le shôjo). All-new X-Factor me ramène un peu à cette époque, avec ses personnages malmenés par la vie, ses caractères forts et sa façon de passer d’un éclat de rire à un drame intime, notamment grâce à des dialogues et des expressions faciales impeccables de justesse.

New Warriors #5

Cette série est discrètement en train de passer de “titre que j’étais à deux doigts d’abandonner” à “titre que j’ai envie de lire en premier quand arrive le premier mercredi du mois”. Pourquoi ? Eh bien parce qu’elle ne promet pas forcément beaucoup (juste de l’action et du fun) mais qu’elle s’y tient.

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Après le précédent chapitre qui avait vu la réunion de l’équipe, celui-ci nous emmène sans transition au cœur de l’action, au mont Wundagore, où Justice, Water Snake et Scarlet Spider affrontent des peluches en soutane, tandis que le reste de l’équipe sauve les villageois en contrebas (sauf qu’en fait ceux-ci n’ont visiblement pas besoin d’être sauvés, donc ils papotent surtout autour d’une table).

Avec Aracely/Hummingbird, ça fait plaisir de voir une télépathe pleine de joie de vivre et non pas traumatisée par les voix dans sa tête, par exemple. Elle est cependant l’occasion de se rendre compte que le sémillant Speedball ne l’est peut-être pas tant que ça, et qu’il n’en a pas fini avec Penance, l’identité torturée qu’il avait adoptée à la suite d’un incident à Stamford ayant fait plusieurs centaines de morts (incluant certains membres d’une précédente incarnation des New Warriors dont il faisait partie) et qui fut le point de départ de Civil War. De manière générale, cette attablée nous permet d’en apprendre un peu plus sur les différents héros, ce qui n’est pas plus mal étant donné que les premiers chapitres étaient énormément portés sur l’action et ne développaient pas vraiment les personnages.

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A ce propos d’ailleurs, ce serait bien de varier un peu la caractérisation de Scarlet Spider, qui se résume pour le moment à “je ronchonne / je ne suis pas un super-héros / encore moins Spider-Man / je ronchonne / j’irai bien sur une plage du Mexique / groumpf”.

Bref, un peu de sérieux, beaucoup d’action et de fraîcheur, des moments un peu bouffons mais néanmoins très drôles, ce serait juste parfait si le style graphique était à la hauteur. C’est en effet Nick Roche qui remplace Marcus To le temps de deux chapitres, avec Ruth Redmond aux couleurs. Le fait que Roche n’ait pas la virtuosité de To n’est pas vraiment le problème, par contre les couleurs plutôt banales donnent vraiment l’impression d’une équipe de remplaçants. On est loin du résultat du trio de Moon Knight par exemple, où Declan Shalvey a un style plutôt éloigné des standards des comics de super-héros, mais qui colle parfaitement à l’ambiance créée par le script et les couleurs.

Moon Knight #4

Parlons d’ailleurs du chevalier de la lune, dont une des aventures sortait aussi ce mercredi. Après une première page qui nous rappelle que Warren Ellis, ce n’est pas juste des titres bizarres imprégnés de science-fiction, mais aussi des délires à la Nextwave, Moon Knight entreprend un voyage au cœur de l’étrange. En effet, les patients d’une petite clinique se plaignent de faire tous le même rêve douloureux, et il faut bien un voyageur de la nuit un peu dérangé comme Moon Knight pour résoudre ce mystère.

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A part les premières et dernières planches, le reste du chapitre est quasiment muet. Le cœur de celui-ci est un périple assez unique, dans un monde onirique peuplé de crânes et de champignons aux couleurs psychédéliques. Un peu comme si Warren Ellis reculait d’un pas et nous disait : “je travaille avec un dessinateur et une coloriste géniaux, et si vous ne vous en étiez pas encore rendu compte, ceci devrait finir de vous convaincre”. On ne lit pas cette saison de Moon Knight pour une histoire suivie ou de l’action à gogo, mais pour un voyage mensuel à nul autre pareil.

La mauvaise nouvelle par contre c’est que Warren Ellis clôt bien son run au chapitre 6, et que Declan Shalvey en profite pour également lever le pied, n’assurant plus que les couvertures. Seule Jordie Bellaire restera aux couleurs, pour illustrer des planches de Greg Smallwood sur des scénarios de Brian Wood. Ce qui veut dire que je vais continuer à lire un titre pour sa coloriste, ce que je ne pensais pas possible il y a encore quelques mois. Mais bon, Jordie Bellaire (d’ailleurs c’est officiel, je veux vivre dans des planches qu’elle colorise, je veux que la nuit à Paris ait ses couleurs, elles sont beaucoup trop jolies).

(et sinon, j’entends Claire Cadillac pendant la page de générique, et vous ?)

Cyclops #2

Où le jeune Scott Summers et les lecteurs se rappellent qu’être pirate ce n’est pas juste cool, c’est aussi avoir sa tête mise à prix et des chasseurs de primes sur le dos. Les lecteurs spécifiquement réalisent également que la coolitude du père de Scott a un certain prix.

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Hahaha, un titre lumineux écrit par Greg Rucka, dire que dans ma folle naïveté j’y ai cru. Après avoir présenté Corsair comme l’archétype du père qu’on aimerait avoir, l’auteur écorne immédiatement son image et nous fait nous demander l’étendue de ce qu’il cache. Bien sûr, c’est une qualité, et cela promet d’apporter à la relation entre le père et le fils une complexité plutôt intéressante.

Autrement, l’aspect cosmique du titre nous permet de croiser tout un tas d’extra-terrestres aux morphologies et aux couleurs très variées, ce qui n’est jamais un mal.

Bonus : comment le jeune Scott a déjà pu regarder Star Wars.

Original Sin #3

Comme on s’en doutait, les deux voire trois ennemis dont l’identité était révélée à la fin du chapitre précédent ne sont pas les véritables meurtriers de Uatu. Alors que l’un d’entre eux fait exploser l’un des yeux du Gardien, révélant ainsi de sombres secrets qui donneront lieu à des retcons/tie-ins dans d’autres séries (dans une scène tout sauf subtile), le trio Moon Knight / Gamora / Bucky fait une découverte surprenante dans l’espace, ce qui précipite un final… pour le moins intrigant.

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Ce qui me marque à chaque fois en lisant ce titre, c’est la façon dont le graphisme ne va pas du tout avec le texte. Jason Aaron écrit des dialogues plutôt décomplexés, ce qui détonne avec le trait extrêmement sombre et léché de Mike Deodato Jr. Le sérieux qui se dégage de ses planches pleines de rectangles contraste avec celui dont le scénariste ne s’embarrasse pas vraiment. Mais je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un défaut. En effet, plusieurs moments nous mettent un peu mal à l’aise (mention spéciale à celui où les enquêteurs de l’espace découvrent sur quoi ils ont mis les pieds) et ce décalage entre l’image et le texte contribue à cette atmosphère bizarre, où on ne sait jamais trop vers où on s’avance, entre mystères et révélations incongrues.

Comme je le disais quelques mois avant, les gros events comme celui-ci ne sont pas vraiment ma tasse de thé, je préfère les histoires à taille humaine. On peut cependant reconnaître à l’auteur une qualité, c’est celle de proposer quelque chose de tout sauf générique : c’est une histoire de meurtre, mais l’enquête part aussi bien dans l’espace que dans les profondeurs de la Terre que dans une dimension magique, au lieu de se cantonner à un simple environnement urbain par exemple. Le dessinateur est une des grosses pointures de la maison, mais dans les couleurs et les dialogues, quelque chose vient tordre la perfection un peu froide de ses traits et nous dérange. Malgré le passage en revue de très nombreux personnages, on sent réellement une certaine patte, une façon très personnelle de faire du blockbuster. Ma curiosité est donc renouvelée… (bon par contre on ne voit presque pas Emma Frost, c’est proprement scandaleux).

Black Widow #7

Nouvel arc, et nouvelle mission qui emmène cette fois-ci Natasha à San Francisco, où a récemment déménagé Daredevil et où les deux avaient vécu quelque temps ensemble par le passé.

J’avoue que la confrontation entre les deux m’a un peu déçu. Ça fait plutôt bizarre de passer du Daredevil de Mark Waid (tantôt joyeux, tantôt paranoïaque et au bord de la dépression, mais toujours incroyablement vivant) à celui d’Edmondson et de Noto, qui se résume ici à une figure hiératique, un détecteur de mensonges sur pattes qui vient sermonner Natasha par deux fois, dans un flash-back et dans le présent.

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Après un premier arc dont le thème principal était la solitude et la possible paranoïa qui guettait l’héroïne, celui-ci semble être tourné vers les autres. Au vu des couvertures des prochains chapitres, on s’attend à ce que ces autres soient principalement des justiciers connus (après Daredevil, on nous promet le Winter Soldier et le Punisher), mais dans les pages intérieures c’est plutôt Isaiah qui s’impose pour le moment. L’assistant de Natasha était resté plutôt en retrait dans les premiers chapitres, mais la question de leur confiance mutuelle, de son implication, la façon dont il se met en danger en travaillant pour Black Widow sont ici abordées. Le thème qui s’annonce est donc intéressant, même si le chapitre en lui-même se révéle beaucoup plus triste et froid que ce à quoi on pouvait s’attendre en délocalisant temporairement l’action à San Francisco.

Pour le reste, on retrouve globalement les mêmes qualités et défauts que d’habitude : Edmondson donne une nouvelle fois à Natasha quelques répliques bien senties, mais la met encore dans une situation qui tourne au vinaigre, parce que notre espionne a présumé de ses capacités ou parce que ses ennemis ont un train d’avance sur elle, ce qui devient assez récurrent (on s’ennuierait si elle réussissait tout haut la main, mais bon, ne tombons pas dans l’extrême inverse non plus). Phil Noto, quant à lui, dessine de magnifiques scènes de pluie ou de brouillard, et semble un peu plus à l’aise dans les moments d’action, qui n’ont pas été son point fort jusqu’ici.

Iron Fist: The living weapon #3

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Non. Juste non. Je m’étais dit que je tiendrais au moins jusqu’à la fin de l’arc, mais ça ne sera pas possible, je ne supporte plus ce Danny sombre qu’on croirait écrit avec la sensibilité d’un adolescent emo. Pourtant il y a des bonnes idées, allant de magnifiques ambiances colorées à une escouade d’infirmières combattantes, mais ces monologues intérieurs torturés et ces gros DEATH étalés sur les planches, c’est vraiment trop grotesque.

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