Sorties comics VO… des semaines qui ont précédé

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Vous avez peut-être noté que ça faisait quelques semaines qu’il n’y avait pas de sorties de la semaine. Deux raisons à cela : (1) beaucoup de boulot pour moi et (2) beaucoup de sorties pas plus enthousiasmantes que ça. Retour sur ce qui m’a marqué ces dernières semaines :

  • Captain Marvel #6
  • Sensation comics feat. Wonder Woman #1
  • She-Hulk #7
  • Spider-Man 2099 #2

Dans les autres sorties récentes, Black Widow #9 me laisse circonspect. Le principe du mini-crossover avec la série Punisher du même auteur est sympa, les deux personnages ont des points communs mais aussi des différences qui rendent leur confrontation potentiellement intéressante, cependant on se rend compte à la lecture que chaque chapitre présente de grosses ellipses qui nécessitent de lire l’autre série pour vraiment comprendre ce qu’il se passe. Le souci c’est que certaines scènes sont présentes à l’identique dans la série du voisin, ce qui donne la même impression de redondance que certains tie-in à Infinity. Bref, à la fois il faut lire les deux, et en même temps ça semble trop. Bizarre. Et j’aimerais bien savoir où Edmondson veut en venir avec cet arc où l’on croise (trop) rapidement tous ces autres héros…

Uncanny X-men et All-new X-men continuent sans surprendre : les deux premiers chapitres consacrés à la lecture des dernières volontés de Charles Xavier sont magnifiques parce que Kris Anka, par contre là encore il faut se contenter de miettes d’intrigue (la révélation de la fin du 2e chapitre n’en est pas vraiment une étant donnée la généalogie d’un certain ennemi rencontré peu de temps avant…). Sara Pichelli nous en met plein les yeux du côté des jeunes X-men et fait plus que nous consoler temporairement de la perte de Stuart Immonen, niveau intrigue “faut voir comment ça va évoluer”.

Quant à Cyclops #3, il révèle un Corsair extrêmement humain par ses failles et explique aux vieux lecteurs pourquoi il n’est pas mort, et – drame de ma vie – c’est le dernier chapitre dessiné par Russell Dauterman :’(

Captain Marvel #6

Suite et fin de l’arc consacré à Torfa dans ce 6e chapitre, où Carol et ses alliés passent à l’offensive. Je reprocherais un rythme un peu rapide : on sent qu’il faut boucler l’intrigue afin que tout se tienne bien en TPB, et je n’aurais pas été contre quelques pages supplémentaires afin de mieux marquer le départ de Carol après que la situation a été réglée (enfin d’un côté c’est bien, ça change de “on aurait pu raconter la même chose avec moitié moins de chapitres”).

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Par contre la magie de DeConnick, Lopez et Loughridge continue d’opérer. Grâce aux mots de la première, aux expressions et aux looks dessinés par le second ainsi qu’aux couleurs caractéristiques du dernier, on a beau ne connaître la plupart des personnages que depuis 5 chapitres, ils sont tellement bien caractérisés qu’on est avec eux. On vibre à leurs côtés quand ils arrivent enfin à se libérer du joug de l’ennemi avec l’aide de Carol (ou bien on les déteste s’ils sont du côté de l’ennemi, comme l’ambassadrice et son petit air méprisant).

Avec le recul, la série ne se révèle pas si accessible que ça malgré son relaunch récent. Entre le premier chapitre qui convoquait brièvement tout un tas de personnages que les nouveaux lecteurs ne (re)connaitront pas forcément, les conséquences d’Infinity et le secret de la planète Torfa, mieux vaut quand même avoir une certaine connaissance de base de l’univers Marvel pour apprécier ce premier arc qui était mine de rien assez dense. Ce relaunch demeure néanmoins une des meilleures surprises de la récente vague de #1 chez Marvel, qui a pu faire ricaner.

Sensation comics feat. Wonder Woman #1

Connaissez-vous les digital first de chez DC ? Il s’agit de courts chapitres d’une dizaine de pages qui, comme leur nom l’indique, sortent tout d’abord au format numérique. Avec deux d’entre eux il y a de quoi faire un chapitre entier qui paraît par la suite au format papier, et par la suite le tout sort en recueil. Batman et Superman avaient déjà eu droit à des séries similaires avec Adventures of Superman et Legends of the dark knight, des anthologies proposant des histoires hors-continuité sur les deux héros, écrits et dessinés par toute une ribambelle de créateurs.

Cette semaine, Wonder Woman connaît les honneurs d’une telle publication et ce sont Gail Simone et Ethan van Sciver qui ouvrent le bal, avec l’arc Gothamazon en deux parties. La scénariste a visiblement sauté sur l’occasion de raconter des histoires hors New 52 pour ramener un personnage cher à son cœur : Barbara Gordon en tant qu’Oracle, qui lorsque les ennemis de Batman se disent enfin qu’ils seraient plus efficaces en s’associant, juge nécessaire d’employer la manière forte et d’appeler l’Amazone à la rescousse.

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Hormis l’humour et l’action, j’ai particulièrement aimé le principe-même de la série. En effet, le gros avantage des New 52 était de proposer un univers tout neuf, des séries qui repartent au numéro #1, bref des trucs qui disent “bienvenue ! vous pouvez commencer ici !” Le deuxième effet Kiss Cool par contre c’était “ah oui ben forcément on a jeté avec l’eau du bain des décennies de développement des personnages (voire des personnages tout court)”, en plus d’un univers volontiers sombre sans être forcément mature. Ces histoires hors-continuité permettent aux auteurs de réanimer des versions plus anciennes et plus riches des personnages dans des récits qui a priori ne demandent pas un bagage hallucinant. Les dessins animés de Bruce Timm semblent ici suffire par exemple.

Un autre intérêt du chapitre est de voir Wonder Woman dans un environnement qui lui est peu familier, face à des ennemis qu’elle n’a pas l’habitude d’affronter tels que Two-Face ou le Joker. Un peu comme dans Batgirl, Gail Simone aime insérer des moments où les personnages parlent des autres : Barbara quand elle passe en revue les différents héros qu’elle pourrait appeler, Diana quand elle ne voit pas pourquoi Bruce rencontre des problèmes avec ses ennemis, ou tout simplement le dialogue entre les deux femmes. Des petits mots glissés ça et là mais qui tissent des liens entre les personnages et redonnent l’impression d’une grande famille, chose qu’on a un peu perdu aussi avec le reboot.

Reste à voir comment les autres équipes créatives vont se débrouiller, mais ce début est engageant.

She-Hulk #7

Javier Pulido est de retour o/ Après le chapitre précédent qui refermait temporairement le dossier bleu dans un style graphique difficile, retour aux couleurs éclatantes de Muntsa Vicente et au trait simple et expressif de son confrère espagnol. L’histoire ? Le collègue d’un scientifique travaillant avec lui sur la miniaturisation a disparu, après avoir utilisé leur technologie sur lui-même. Comme un simple jardinet devient le lieu de tous les dangers quand on a la taille d’une fourmi, Jen et Patsy font appel au spécialiste de la miniaturisation Hank Pym pour les accompagner à la recherche de ce scientifique.

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Dans ce récit de transition, Soule nous offre une histoire légère qui rappelle les comics d’antan, où on n’affronte pas des ennemis trop dark qui menacent de bouleverser l’univers à jamais. Non non, on devient tout petit et on se frotte à des moineaux, des fourmis et des chats de gouttière (oui je sais). Enfin je dis légère, mais pas tant que ça. Les longs dialogues auxquels on est à présent habitués sont l’occasion de dresser un parallèle entre ces deux collègues qui ne se font pas si confiance que ça, et Patsy dont l’absence de pouvoirs la fait complexer par rapport à la force surhumaine de son employeuse. Sous des abords anecdotiques, ce petit chapitre est donc l’occasion d’explorer un peu plus les relations entre les personnages, tout en rattachant encore plus She-Hulk au reste de l’univers Marvel (avant le retour de Matt Murdock au chapitre suivant, un autre héros bien connu fait en effet son apparition dans la dernière page…).

Spider-Man 2099 #2

Résumé du chapitre : Miguel se rend à la banque mais forcément des bandits choisissent ce moment pour tenter un hold-up. Miguel parle avec sa voisine et tente de savoir quel secret elle cache. Miguel parle à sa boss et elle tente de savoir quel secret il cache. Beaucoup de dialogues donc, et assez peu d’action, mais Peter David est tellement doué pour l’humour que ça se lit tout seul, en rigolant toutes les deux pages (et puis mine de rien, les intrigues avancent avec de surprenantes accélérations). Côté graphique, les constructions 3D de Will Sliney donnent des résultats toujours aussi impressionnants lorsqu’elles sont associées aux acrobaties du héros. Pour chipoter, c’est juste dommage que les personnages aient souvent l’air d’être posés sur le décor : il manque souvent des ombres, que le coloriste rajoute ou pas.

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Une texture bois, une texture briques et un personnage qui donne plus l’impression d’être posé dessus que d’être vraiment dans la pièce. Ce sentiment est renforcé par le contraste entre le réalisme des textures et le côté très numérique et vide de la colorisation des autres éléments, dont la superposition fait très artificielle. J’avoue que c’est aussi moi qui brode un peu histoire que la chronique ne se résume pas à “bwahaha j’étais mort de rire tout du long :DDDD”.

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