[Review] She-Hulk #1, par Charles Soule et Javier Pulido

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Dans un univers encore largement peuplé de jeunes hommes blancs hétérosexuels, l’annonce d’une série mettant en scène des héros un peu différents fait toujours parler d’elle. Et encore plus quand la série n’arrive pas toute seule. Depuis quelques mois, la maison Marvel fait beaucoup parler d’elle grâce au lancement de 4 titres au nom de leurs héroïnes respectives :

  • Ms. Marvel, une jeune musulmane d’origine pakistanaise (triple combo minoritaire !) qui reprend le titre de son héroïne préférée, celle-ci étant depuis devenue Captain Marvel ;
  • Black Widow, l’énigmatique membre des Avengers que tout le monde connaît ;
  • Elektra, la ninja apparue pour la première fois dans les pages de Daredevil ;
  • et enfin She-Hulk, qui nous intéresse aujourd’hui.

Lorsqu’elle fut victime d’un grave accident, Jennifer Walters fut sauvée par une transfusion de sang de son cousin Bruce Banner, aussi connu sous le nom de Hulk. Elle hérita ainsi de sa force et de sa couleur verte, mais avec quelques différences : là où le docteur Banner alterne entre sa tranquille forme humaine et sa forme Hulk difficile à contrôler, Jen garde beaucoup plus souvent sa peau verte et ses proportions d’amazone ainsi que la force associée (même si elle peut s’énerver et faire craquer ses vêtements – on est quand même dans une série Hulk). Bref, c’est une avocate compétente, elle boit des bières avec Thor en le dépassant d’une tête, elle est belle, elle est verte et elle sauve le monde, tout ça en même temps.

Et qui mieux que Kevin Wada, un illustrateur notamment connu pour ses versions couture de nombreux super-héros, pouvait dessiner ses couvertures ? Je l’avoue, c’est la première raison pour laquelle ce titre m’a intéressé.

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Avez-vous reconnu Kitty Pryde, la mutante passe-muraille ?

A l’intérieur, je retrouve un artiste qui ne m’est pas inconnu non plus, même s’il en met moins plein les mirettes que M. Wada : Javier Pulido. Sur Hawkeye où il remplaçait parfois David Aja, son talent était malheureusement éclipsé par celui de l’artiste principal : leurs styles plutôt simples sont assez proches, mais David Aja a un tel sens du découpage et de la composition que son collègue faisait pâle figure à côté. Idem dans le tome 3 d’Ed Brubaker présente Catwoman, où il succédait à Darwyn Cooke et son doux dessin rétro, ainsi qu’à Cameron Stewart qui restait dans une veine similaire. Sans être impressionnant au premier abord, son style encore plus sobre qu’à l’ordinaire était pourtant tout à fait adapté à l’histoire d’une fille qui a vu le pire et tente de ne pas sombrer à nouveau.

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Ici, il repoussera sans doute les lecteurs voulant du beau, du photo-réaliste ou de l’héroïne sexy aux formes rebondies. Les autres pourront apprécier un trait simple et surtout expressif, renforcé par de jolies couleurs vives.

Mais qu’en est-il de l’histoire ? Aux commandes on retrouve Charles Soule, que je ne connaissais que de nom jusqu’ici. Actuellement scénariste de bien d’autres séries apparemment correctes, il est surtout avocat. On peut donc s’imaginer qu’il sait de quoi il parle dans ce nouveau titre. Dans ce premier chapitre, après avoir essuyé une sévère déconvenue, Jennifer Walters accepte une affaire a priori perdue d’avance puisqu’elle l’oppose à Tony Stark et, surtout, à son armée d’avocats.

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Tout comme elle, on se sent d’abord enseveli sous cette avalanche de bla-bla juridique ayant pour principal but de décourager tout ceux qui oseraient intenter un procès à Stark Industries. Et c’est d’ailleurs le principal reproche qu’on peut faire à ce chapitre : beaucoup de bulles énormes, qui peuvent laisser sur sa faim un lecteur qui attendait un peu plus de fun et d’action (car il y en a ! mais un peu moins qu’espéré). On comprend rapidement que le but de cette introduction est de donner un nouveau départ à l’héroïne, en embarquant au passage les nouveaux lecteurs dont je fais partie, sans leur donner l’impression qu’ils ont des années de continuité à rattraper avant de pouvoir apprécier l’intrigue.

Bref, une introduction sympathique qui ne séduira sans doute pas les sceptiques, mais ne rebutera pas les lecteurs a priori enthousiastes. Voyons voir ce que l’auteur va pouvoir nous raconter 🙂

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