S.H.I.E.L.D. #1 (et les dernières aventures de Spider-Woman)

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Ce concept de “sorties de la semaine” dérive complètement, on voit que quelqu’un a passé le plus clair de son mois de décembre à jouer à Dragon Age. Et n’a plus le temps car il déménage. ENFIN BREF.

  • S.H.I.E.L.D. #1
  • Captain Marvel #10 et Spider-Woman #2

S.H.I.E.L.D. #1

Ou “SHIELD” parce que les petits points ça va bien deux minutes. Scénarisée par Mark Waid, cette nouvelle série régulière reprend le cast de la série TV – dont son omniprésent Coulson – pour le retransposer en comics, en étant cette fois-ci libre de faire intervenir n’importe quel personnage Marvel sans contrainte de budget. On nous promet également une histoire par chapitre ainsi qu’un dessinateur différent à chaque épisode. Dans celui-ci, les héros de la Terre doivent faire face à ce qui semble être une invasion de créatures venues des différents royaumes de la mythologie nordique…

I got this job because I’m good at mixing and matching. At studying everyone’s strengths and weaknesses and thinking outside the boxes labeled “Avengers” and “masters of evil”.

Voici la façon dont l’agent Coulson se décrit dans ce premier chapitre, mais on pourrait parler de Mark Waid de la même façon. En effet, dans son run actuel sur Daredevil par exemple, il n’a pas son pareil pour aller rechercher de vieux vilains de quatrième zone qu’on croirait pourtant ringards, pour en faire des menaces crédibles et tisser des histoires tout à fait actuelles et passionnantes. Alors qu’une Grande Histoire d’Amour™ semble être le point d’orgue d’une relation entre deux personnages, il sait aussi écrire une grande histoire d’amitié entre Matt Murdock et Foggy Nelson, ou des liens de famille puissants et émouvants entre les Fantastic Four. On retrouve cet état d’esprit à l’œuvre dans le premier chapitre de SHIELD. En effet, TOUS les héros disponibles sont appelés à la rescousse, qu’ils soient Inhumains ou X-men, super connus ou plutôt obscurs, vieux ou introduits récemment. Ainsi la nouvelle Thor côtoie Blue Marvel ou Iron Fist, et si l’histoire s’attarde sur certains héros, c’est parce qu’ils ont un rôle bien précis à jouer grâce à leurs capacités, pas parce qu’ils sont “bankables”.

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Et surtout, ces héros se battent ensemble contre les ennemis. Oui oui, vous avez bien lu : ensemble. Après un event encore récent s’appelant Avengers VERSUS X-men, après un AXIS infiniment décevant où les héros passaient pas mal de temps à se taper dessus avant de devenir vilains pour un temps et détestables, alors que les héros d’Uncanny Avengers passent leur temps à se bouffer le nez agressivement ou que les X-men aiment rabâcher à Cyclops qu’il a tué le prof. Xavier, Mark Waid arrive ENFIN avec une histoire où des héros se comportent comme tels. C’est tout bête mais qu’est-ce que ça fait du bien de retrouver une certaine idée du héros plus forcément très tendance mais toujours aussi efficace entre les mains qu’une bonne équipe créative. Une vision qui nous rappelle qu’on peut se passer du cliché rebattu des héros qui commencent systématiquement par s’affronter avant de s’allier.

Ce chapitre un peu plus gros que la moyenne nous propose donc une recette efficace : un affrontement épique contre de gros vilains, quelques rebondissements surprenants et enfin un cliffhanger qui donne envie de lire la suite en étant taillé sur mesure pour Coulson (et la nouvelle Ms. Marvel dans le chapitre #2 !). Graphiquement, je n’ai jamais été super fan de Carlos Pacheco dont je trouve le trait assez raide par moments, mais le résultat est honnête et ses scènes de bataille en jettent, ce qui convient tout à fait à ce chapitre.

Captain Marvel #10 et Spider-Woman #2

Tout d’abord, une bonne nouvelle concernant Spider-Woman : Greg Land n’était là que pour les 4 premiers chapitres qui forment le tie-in à Spider-Verse ! Il laissera ensuite sa place à Javier “Lolita HR” Rodriguez (big up aux 3 mangaversiens dans le fond qui ont lu cette série et attendent toujours le tome 4), qu’on avait brièvement pu voir à l’oeuvre dans Daredevil (ou dans la mini Hobgoblin que je n’ai pas lu), pour des aventures plus urbaines dans un nouveau costume designé par Kris Anka.

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Concernant le chapitre #2 sorti le mois dernier par contre… Il est tellement étrange qu’il est difficile de se prononcer dessus. Même si on ne voit que Silk, Jessica et son double alternatif dans cet épisode, on a toujours plus l’impression de lire une mini “Spider-Verse: Spider-Women” que le début d’une nouvelle série régulière consacrée à Jessica Drew. Impression confirmée par le changement radical de costume et de dessinateur au chapitre #5, qui donne le sentiment que c’est là que la série commencera vraiment. Cette stratégie est discutable, mais visiblement payante étant donné que le #1 s’est classé dans le top 10 des ventes du mois de novembre.

Comme Jessica s’est vu confier une mission de la plus haute importance en plus de supporter les erreurs de débutante de Silk, ses monologues intérieurs sont surtout riches en ironie, en auto-dérision et en sarcasme. Ce qui est très elle quelque part, mais ne la résume pas complètement.

Et c’est là qu’intervient Captain Marvel #10, où Carol Danvers reçoit des lettres de ses amis restés sur Terre, à savoir Kit (aka Lieutenant Trouble), Jessica Drew, Rhodey alias Iron Patriot et enfin Wendy Kawasaki qui lui racontent les derniers méfaits de Grace, la vilaine apparue dans le dernier épisode de la précédente saison de Captain Marvel par DeConnick. C’est l’occasion de retrouver les personnages secondaires brièvement apparus au début du premier chapitre avant que Carol ne parte dans l’espace ou dans le précédent run, de beaucoup rire, et de retrouver une histoire un peu plus sérieuse que celles des 3 épisodes précédents. En effet, les 2 chapitres consacrés au chat de Carol étaient plutôt légers, et même s’ils faisaient de Chewie un membre à part entière de l’équipe plutôt qu’une touche d’humour façon lolcat (“aaaah, le chat marche sur le tableau de bord du vaisseau”) on ne retrouvait pas la capacité de la scénariste à mélanger profondeur et légèreté, dont elle avait largement fait montre dans le premier arc. Le concept de la planète dont les habitants parlent en rime dans le chapitre #9 était également rigolo, avec une petite inversion des rôles traditionnels du prince et de la princesse très DeConnick, mais on restait à nouveau dans quelque chose de très fun, de pas très profond.

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Le chapitre #10 nous propose quant à lui une histoire à plusieurs voix très vivante et humoristique, qui reste dans un registre assez léger mais prouve une fois de plus que la scénariste maîtrise à merveille la caractérisation de ses personnages. Et donc j’étais tout le temps mort de rire lors de la lettre de Spider-Woman, dont l’ironie ou le sarcasme se teintent d’une certaine tendresse sous la plume de DeConnick. Carol et elle peuvent s’envoyer toutes les piques qu’elles veulent, on sent qu’elles sont la preuve d’une solide amitié, et que les deux femmes savent se taquiner mutuellement sans pour autant devenir franchement désagréables l’une envers l’autre.

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