Phonogram: The Immaterial Girl #2

Si on vous proposait d’échanger tout ce que vous n’aimez pas chez vous contre plus de pouvoir, accepteriez-vous ? Claire n’a pas hésité : il y a quelques années, elle s’est séparée de tout ce qui la faisait se sentir misérable pour devenir Emily Aster, une jeune femme très sûre d’elle-même et à la répartie cinglante. Après tout, pourquoi se retenir d’être joyeusement cruel•le quand on a perdu la capacité d’avoir des regrets ?

Dix ans plus tard, les doutes commencent cependant à poindre. Et la moitié d’elle-même qu’Emily avait enfermée derrière les écrans et les miroirs en profite pour échanger leur place, reprenant son entreprise d’autodestruction là où elle l’avait laissée…Lire la suite de

Squirrel Girl #3

La grande question qui obsède beaucoup de fans de super-héros est : « qui est le plus fort ? » Bon personnellement la réponse ne m’intéresse pas trop, pour bien des raisons mais surtout parce qu’elle est évidente et incontestable : c’est Squirrel Girl.

Elle a vaincu Wolverine, Thanos et plus récemment Galactus ainsi que le redoutable Dr Doom (dans Secret Wars elle n’était pas là et ils ont dû s’y mettre à plein + un puissant artefact mystique + un hamburger pour y arriver, je dis ça je dis rien). Il était donc tout naturel qu’elle ait sa propre série – The Unbeatable Squirrel Girl – qui est forcément devenue la meilleure chose que Marvel a publié dernièrement. Voici pourquoi.Lire la suite de

DC Rebirth

Il y quelques semaines, DC Comics a annoncé un relaunch massif de leurs titres. A partir de juin, 17 d’entre eux sortiront dorénavant à un rythme bimensuel (double-shipping en VO), c’est-à-dire tous les 15 jours au lieu d’une fois par mois comme c’est le cas habituellement. Le concept n’est pas nouveau, Marvel le pratique depuis plusieurs années sur certaines séries ou à certains moments (au lancement d’un nouveau titre par exemple), mais c’est la première fois qu’il est appliqué avec une telle ampleur.

Quand on est fan d’une série ou d’un personnage et qu’on n’a pas trop de soucis de budget, c’est plutôt une bonne nouvelle. Dans le reste des cas, l’annonce a de quoi faire grincer des dents. Explication.Lire la suite de

Howard the duck, le relaunch

Depuis quelque temps, Marvel relaunche de plus en plus souvent ses comics, et DC a annoncé il y a quelques jours que la quasi-totalité de leurs titres allaient repartir au #1 à partir de juin. Qu’est-ce qu’un relaunch exactement ? Qu’est-ce qu’un reboot, terme qui est parfois utilisé comme si les deux étaient interchangeables ? (Alors qu’en fait PAS DU TOUT ! *nerd rage*) Explication.Lire la suite de

Midnighter & Multiplex

Midnighter a commencé ses aventures dans les pages de Stormwatch puis de The Authority, où il était le Batman-like de l’équipe, en couple avec leur Superman. Quelques années et un reboot plus tard, le voici un peu plus jeune, célibataire et doté d’un facteur régénérant ainsi que d’un ordinateur dans le cerveau lui permettant de prédire toutes les issues possibles d’un combat – pour bien sûr choisir celle qui l’amène à la victoire. Des capacités qui lui seront bien utiles pour découvrir qui a pillé le God Garden, l’endroit qui l’a modifié ainsi et qui recelait énormément d’armes très dangereuses…

La série Midnighter a beaucoup fait parler d’elle car c’est l’une des seules à mettre en scène un super-héros gay en solo. Et surtout, parce qu’elle le fait bien. Le scénariste Steve Orlando est bi et à la lecture il est évident qu’en matière de relations homme/homme, il sait de quoi il parle. Lire la suite de

Comics : pitch, TPB... qu'est-ce que c'est ?

Qu’est-ce qu’une sollicitation ? Quelle est la différence entre un TPB et un HC ? Combien de temps s’écoule-t-il entre l’annonce d’une série et le moment où le premier tome sera disponible ? Pourquoi est-ce que tout le monde insiste tellement sur les précommandes ? Comment se fait-ils que les nouveautés se vendent souvent aussi peu ? (Oui oui, c’est lié.)

Les comics ont un mode de publication assez particulier et pas toujours évident à comprendre pour les néophytes. Dans ce billet, je vous propose de découvrir ce fonctionnement si particulier et pourquoi il entrave énormément l’émergence de nouveautés.Lire la suite de

Comme vous le savez sans doute, les comics mainstream sont rarement réalisés par une seule personne. La plupart du temps, un scénariste fournit un script au dessinateur, dont les crayonnés peuvent être confiés à un encreur, pour que les planches soient ensuite envoyées à un coloriste, avant d’arriver dans les mains d’un lettreur qui pose toutes les bulles de texte, le tout sous la supervision d’un ou plusieurs éditeurs qui s’assurent que tout se passe bien. Ainsi, chaque membre de l’équipe créative contribue au produit fini que nous tenons entre nos mains.

Sauf qu’on est très enclin à dire par exemple « le Watchmen d’Alan Moore », en éclipsant le travail des autres créatifs impliqués. Les comics sont en effet des formes d’expression visuelles, mais qui paradoxalement célèbrent surtout leurs scénaristes, laissant un peu de côté les artistes, les coloristes et le reste des équipes créatives. Je ne vais pas vous refaire un plaidoyer pour une meilleure reconnaissance des artistes, parce que Si Spurrier a déjà tout résumé :

Et plus sérieusement, parce que d’excellents articles s’en sont déjà chargés (cf. les liens en fin d’article). Je vous propose plutôt un tour d’horizon du rôle des principaux membres d’une équipe créative, afin de mieux savoir qui fait quoi (tout au long de l’article je dirai LE scénariste, LE coloriste etc. mais vous aurez bien sûr compris qu’il peut s’agit d’UNE scénariste, d’UNE coloriste, sauf que le préciser tout le temps serait lourdingue).Lire la suite de

Ms. Marvel #13

[Birds of Prey] was about friendship, even friendship at a cost. That’s why I loved writing it. I sometimes think that the real wish fulfillment in comics isn’t about powers at all, it’s about other things entirely. (…) That’s something I’m always looking for in comics, the relationships that ought to exist, but all too often do not. That’s what Birds of Prey was about for me.

Gail Simone (qui en parle aussi très bien dans cet autre post)

On dit souvent que les comics de super-héros sont des power fantasies (des fantasmes de puissance), et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi : qui n’a pas déjà rêvé d’avoir la force physique et/ou la répartie nécessaire pour se défendre à l’école, au travail, à la maison, dans la rue… ou bien pour porter secours à une victime d’agression sans pour autant avoir peur de se faire démolir le portrait en même temps ?

Les super-héros peuvent nous faire rêver car ils sont capables de toutes ces choses, grâce à leurs pouvoirs extraordinaires (ou, à défaut, à leur super-entraînement en arts martiaux) et à leurs one-liners percutants (oui enfin c’est facile quand un scénariste vous les écrit, hein). Selon les sensibilités, on pourrait rajouter la capacité de voler, de manipuler le temps, de lire les pensées, de se déplacer extrêmement vite, de contrôler les éléments etc.

Un aspect dont on parle moins mais qui est tout aussi important, si ce n’est plus, est le wish fulfillment (la réalisation des souhaits). Lire la suite de