Lexique des comics

lexique comics

Les comics ont quelques spécificités, qui s’accompagnent d’un vocabulaire particulier. Qu’est-ce qu’un tie-in ? Un run ? Une solicitation ? La réponse ci-dessous.

Annual

Un chapitre d’une série, qui ne paraît qu’une fois par an – d’où son nom – et est généralement plus épais que les chapitres habituels. Aujourd’hui, il n’est cependant pas rare de trouver des numéros avec plus de pages que d’habitude, pour lancer une série ou pour la terminer par exemple, sans qu’il ne s’agisse d’annuals.

Back matter

Back Matter Bitch Planet

Les quatrièmes de couverture des single issues de Bitch Planet sont des fausses publicités satiriques.

Ce qu’on trouve à la fin d’un livre, après l’histoire. Dans les comics, on parle surtout de back matter pour les single issues. En effet, les ventes de ces petits fascicules sont souvent très importantes pour la bonne santé financière d’un titre. Mais comme ils sont rassemblés par la suite en recueils plus économiques (cf. trade paperback), il faut bien motiver les lecteurs à choisir ce format. Une des stratégies employées est la création de bonus exclusifs : le back matter. Généralement il s’agit d’un mot des auteurs, du courrier des lecteurs, mais il peut aussi s’agir d’essais (comme dans Bitch Planet ou les œuvres du duo Ed Brubaker & Sean Phillips), d’un glossaire (celui de Phonogram explique les références à la pop culture dont le titre est truffé), de fausses publicités nous informant sur l’univers du titre (Bitch Planet encore une fois, ou Lazarus) voire d’un récit en prose (comme dans Black Magick).

Back-up

On parle de back-up lorsqu’un single issue contient une ou plusieurs courtes histoires en fin de chapitre, généralement assurés par une équipe créative différente. On en trouve par exemple à la fin de chaque chapitre de Phonogram.

Creator-owned

Les bandes dessinées franco-belges et les mangas sont en très grande majorité des créations originales, dont les auteurs possèdent les droits. Aux Etats-Unis, c’est l’inverse : pour la plupart des comics, les droits appartiennent aux maisons d’édition et utilisent des personnages, des univers déjà existant. C’est le cas des comics de super-héros bien sûr, qui sont la production majoritaire, mais cela concerne plus globalement les adaptations de licences existantes (les comics dérivés de séries TV comme Dr Who, de jeux comme Dragon Age, d’univers en place depuis longtemps comme Archie etc.). Lorsque des auteurs ou artistes travaillent sur ces récits, on parle de work for hire (prestation).

Le terme de creator-owned désigne à l’inverse les créations originales, plus minoritaires, mais qui ont le vent en poupe dernièrement. Saga, The Walking Dead ou Scott Pilgrim en sont des exemples connus.

Lire aussi : la différence entre creator-owned et work for hire.

Crossover

Les super-héros évoluent généralement dans des univers partagés, et peuvent être amenés à se croiser ou à travailler ensemble. Spider-Man et Daredevil ont tous les deux un titre à leur nom mais habitent dans la même ville de New York : ils se rendent donc souvent visite dans leurs séries respectives, mais il n’y a pas besoin de lire les deux pour comprendre. Spider-Man est juste un personnage secondaire dans les aventures de Daredevil et réciproquement.

On parle de crossover lorsqu’il faut lire des chapitres appartenant à des titres différents pour reconstituer une même histoire (comme The Unbeatable Squirrel Girl et Howard the Duck pour le crossover Animal House).

Crossover Animal House (Squirrel Girl & Howard the Duck)

Leur principal objectif est de booster les ventes de single issues : en effet, s’il y a un crossover entre les titres A, B et C mais que vous ne lisez que le titre A, vous devez aussi acheter les chapitres des titres B et C pour avoir toute l’histoire… et peut-être décider de continuer d’acheter B et C car en fait ils ne sont pas si mal.

Le terme crossover s’emploie aussi pour parler d’une rencontre entre des personnages d’univers différents, appartenant à des éditeurs différents : Batman / Teenage Mutant Ninja Turtles, Star Trek / Green LanternArchie vs Predator etc. Dans ces cas-là, il n’y a pas besoin de partir à la chasse aux chapitres : le crossover est contenu dans une seule série créée pour l’occasion, et c’est le caractère inédit de la rencontre qui crée l’événement.

Event

Toujours dans le cadre d’univers partagés, il arrive parfois qu’une histoire ait une telle ampleur qu’elle occasionne des répercussions pour beaucoup de personnages. Dans Civil War par exemple, une loi compte obliger les super-héros à s’enregistrer auprès du gouvernement pour encadrer leur activité, et deux camps se forment et s’affrontent : les pour et les contre. Techniquement, tous les héros sont concernés.

L’intrigue principale est généralement racontée dans une série (The Amazing Spider-Man pour l’event Spider-Verse) ou dans une mini-série créée pour l’occasion (Civil War pour… Civil War), tandis que les intrigues plus secondaires ou les répercussions de l’event sont racontées dans des tie-in.

Contrairement au crossover, il n’y a pas besoin de lire plusieurs séries différentes pour saisir l’intrigue. Cependant, la série principale a souvent tendance à être un gros blockbuster bourré d’action, tandis que les tie-in peuvent davantage se concentrer sur le côté humain et apporter plus de nuances à l’intrigue. La lecture est donc plus intéressante si on ne se contente pas que de la série principale.

Comme pour un crossover, le but est de booster les ventes.

Fill-in

On parle de fill-in lorsqu’un•e artiste assiste ou remplace celui ou celle qui était prévu•e à l’origine. Ou assure quelques chapitres le temps que l’artiste principal•e puisse souffler et/ou reprendre de l’avance sur les futurs chapitres.

Cette pratique se retrouve essentiellement dans le work for hire.

Graphic novel

Le terme a plusieurs usages et une certaine connotation.

En France, il existe des magazines de prépublication mais, que ce soit pour la bande dessinée, le manga et une partie des comics, le format de référence est l’album. Aux Etats-Unis, il s’agit plutôt du single issue. Le terme graphic novel désigne à l’inverse les histoires paraissant directement en album.

Ce terme est parfois utilisé pour parler de publications plus adultes / sombres / matures (biffez les clichés inutiles), en opposition aux histoires où des super-héros bariolés se tapent dessus. Bref, quand on fait du graphic novel, on fait du roman graphique, c’est-à-dire des œuvres avec des images mais aussi une vraie prétention littéraire, pas des trucs pour gamins.

Enfin, de simples recueils de single issues peuvent parfois être appelés graphic novels (Watchmen ou The Dark Knight Returns sont parus en single issues à l’origine).

Jumping-on point

Aujourd’hui, il est devenu rare qu’une série atteigne la centaine de numéros sans être relaunchée ou rebootée, mais c’était encore le cas il y a quelques années. De plus, si aujourd’hui les séries finissent toutes par sortir en tomes et que les histoires sont pensées pour ce format, à l’origine elles ne paraissaient qu’en single issue.

Il était donc important que les lecteurs puissent commencer en cours de route, sans aller rechercher un chapitre #1 parfois très vieux et/ou complètement introuvable. Un jumping-on point est donc un point d’entrée dans une série : le début d’une nouvelle intrigue, d’un nouveau statu quo… bref, un moment où on peut commencer sans être complètement perdu.

Jumping-on point All-New Wolverine

Ces derniers temps, Marvel indique le début d’un nouvel arc narratif directement sur la couverture des single issues, afin que les lecteurs puissent identifier immédiatement les meilleurs moments pour prendre l’intrigue en cours de route.

Mini-série / Maxi-série

Une mini ou maxi-série est prévue dès le début pour n’avoir qu’un certain nombre de chapitres. Il n’y a pas de délimitation précise entre les deux, mais généralement on commence à parler de maxi-série à partir de 12 chapitres.

Ongoing

Beaucoup de séries de comics sont des ongoings, ou séries régulières. C’est-à-dire qu’une fois commencées, elles ne se terminent que lorsque les ventes ne sont plus suffisantes pour continuer. Elles sont alors annulées (cancelled).

Une ongoing peut bien sûr se terminer lorsque les auteurs sont arrivés à la conclusion de leur récit et qu’il n’y a plus lieu de continuer, même si les ventes étaient encore bonnes. C’est le cas du creator-owned par exemple. Mais dans le cas des comics de super-héros et du work for hire plus généralement, une autre équipe créative peut prendre le relais : la fin de l’intrigue développée par les précédents auteurs ne signe alors pas la fin du titre.

Reboot

On parle de reboot lorsqu’une série ou un univers repart de zéro. Tout ce qui s’est passé avant ne compte plus. Au cinéma, la franchise Spider-Man a été rebootée plusieurs fois par exemple : les deux films de Marc Webb (en 2012 et 2014) ont annulé les événements des films de Sam Raimi (sortis entre 2002 et 2007), et Marvel Studios s’apprête à sortir un autre film sur le Tisseur qui ne tiendra pas compte de ces longs-métrages.

Relaunch

On parle de relaunch lorsqu’une série repart au chapitre #1, mais sans que ça annule tous les développements précédents. C’est assez similaire à une nouvelle saison de série TV : elle commence par un épisode 1, mais qui fait suite aux saisons précédentes. Si vous ne les avez pas vues ou que vous avez abandonné en cours de route, vous pouvez commencer ou reprendre facilement ici.

S’il est bien pensé, un relaunch ou un reboot est donc un bon jumping-on point.

Lire aussi : Relaunch, reboot… est-ce qu’on s’y retrouve ?

Retcon

On parle de retcon (pour retroactive continuity) lorsqu’une histoire modifie des éléments précédemment établis. Il peut s’agir :

  • d’un ajout (en fait Bucky n’était pas mort et est devenu le soldat de l’hiver !) ;
  • d’une modification (Spider-Woman n’est plus une araignée ayant évolué en être humain mais une humaine à qui on a injecté un sérum expérimental lui ayant conféré des pouvoirs) ;
  • d’une suppression (par exemple : une intrigue dont tout le monde se rend compte que c’était une très mauvaise idée et qu’on dégage de la continuité).

Run

Dans le cas de séries de super-héros et de work for hire en général, plusieurs équipes créatives différentes peuvent se succéder sur un même titre. Scott Snyder a par exemple scénarisé la série Batman de 2011 à 2016, en succédant à Grant Morrison et avant de passer le flambeau à Tom King. Pour parler de son passage sur le titre, on parle du « run de Scott Snyder » (et plus exactement du run de Snyder et Capullo sur le titre, puisque ce dernier a assuré la quasi-totalité des dessins et qu’oublier les artistes, c’est mal).

Single issue

En VO, les comics sont souvent publiés au rythme d’un chapitre par mois, dans des petits fascicules d’une trentaine de pages : les singles issues. Une vingtaine de pages est consacrée au récit, auquel s’ajoutent par des publicités et/ou quelques bonus comme le courrier des lecteurs, un mot de l’auteur etc. dans le back matter.

Par la suite, ces singles issues ou floppies sont rassemblés dans un tome. Ces derniers sont disponibles en librairie, mais les single issues ne se trouvent qu’en boutique spécialisée.

Solicitation

(un L en anglais, deux en français)

Tous les mois, les éditeurs publient la liste de leurs publications prévues trois mois plus tard. C’est-à-dire qu’à la mi-juin par exemple, ils détaillent la liste de leurs sorties de septembre. Cela permet aux revendeurs et aux lecteurs de passer leurs commandes, et à l’éditeur d’imprimer ses ouvrages en fonction des quantités commandées (cliquer pour en savoir plus).

Pour les fans et les sites d’actualité, les solicitations sont généralement riches en informations, et parfois en spoilers.

Tie-in

Tie-in de Spider-Woman à Spider-VerseComme indiqué dans la section sur les events, les tie-in sont les chapitres d’une série impactés par un événement. Par exemple, Spider-Woman a joué un rôle décisif dans l’event Spider-Verse. Son rôle est mentionné dans la série principale, mais détaillé dans les 4 premiers chapitres de la série Spider-Woman : ceux-ci sont donc des tie-in à l’event Spider-Verse.

Trade paperback (TPB)

Un trade paperback ou TPB est tout simplement un tome de comics, qui rassemble plusieurs single issues. On parle de TPB ou de « trades » pour parler des recueils en général, mais un TPB est plus précisément un tome à reliure souple, alors qu’un tome à reliure rigide est appelé hardcover ou HC.

Si vous commandez sur Amazon.fr, « broché » désigne le TPB tandis que « relié » désigne le HC.

Volume

A priori, volume est juste synonyme de tome et a parfois cette signification. Dans les comics, ce terme a généralement un autre sens : lorsqu’une série est relaunchée, on dit qu’on entame un nouveau volume.

Lorsque Kamala Khan a pris le nom de Ms. Marvel par exemple, elle l’a hérité de Carol Danvers. Comme celle-ci avait déjà eu deux séries à son nom par le passé, le début des aventures de Kamala est donc parfois appelé « Ms. Marvel vol 3« . Cette notation n’étant pas vraiment claire, on préfère souvent indiquer l’année de début d’une série (et de fin si elle est terminée) à côté du titre, pour bien indiquer de laquelle on parle. C’est-à-dire All-New X-Men (2012-2015) plutôt que All-New X-Men vol 1.

Work for hire

On parle de work for hire lorsqu’un éditeur fait appel à des auteurs, artistes… pour travailler sur des licences existantes, pas pour qu’ils leur proposent leurs propres créations. Les comics de super-héros sont du work for hire (cf. creator-owned pour plus de détails).

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