[Review] Inhuman Error

Inhuman Error

Comme je le disais récemment, les Inhumains chez Marvel en ce moment, ce n’est pas franchement ça. Ce qui n’empêche pas d’avoir de bonnes surprises de temps en temps, comme avec cet Inhuman Error qui est loin d’être une erreur.

Inhuman Error

On rembobine : depuis quelque temps, Marvel lance périodiquement des mini-séries en 3 numéros spéciaux d’une trentaine de pages, avec :

  • des scénaristes méconnus et/ou qui ne viennent pas des comics ;
  • des artistes débutant dans les comics, certainement l’occasion pour Marvel de voir comment ils se débrouillent avant de leur confier un travail plus important ;
  • une recette qui ne change pas, à savoir un mélange entre de nouveaux jeunes personnages, un ancien, et pour finir un plus ou moins nouveau qui reprend le titre d’un ancien (ça va devenir plus clair immédiatement).

On a eu The arms of the octopus, mettant en scène les jeunes X-men d’All-new X-men, Hulk et le Superior Spider-Man (secrètement Dr Octopus, donc), qui était plutôt sympathique mais pas inoubliable (on notera un des premiers travaux de Kris Anka sur des pages intérieures, avant qu’il ne se mette à dessiner environ toutes les couvertures de Marvel).

Puis est arrivé No end in sight, avec les jeunes X-men d’Uncanny X-men cette fois-ci, Iron Man et Nova (Sam Alexander, le petit jeune qui a pris la suite de Rich Rider), pour le coup vraiment pas terrible. Bref, je n’avais pas de grandes attentes quant à cet Inhuman Error qui convie les jeunes NuHumans, Spider-Man et Sam Wilson en tant que nouveau Captain America, mais j’avais tort !

Inhuman Error

Tout commence avec Spider-Man, qui assiste à l’apparition dans le ciel d’une cité flottante, de laquelle émerge une nuée de créatures ailées qui s’en prennent aux new-yorkais. Assez rapidement, il apparaît qu’ils s’attaquent plus précisément à New Attilan, la cité des Inhumains. Les autres super-héros locaux ont tous l’air d’être occupés ailleurs, mais Medusa et les siens sont là pour contrer cette attaque. Par la suite, Captain America viendra aussi à leur rescousse…

Jeff Loveness, le scénariste, n’en est pas à son premier scénario pour Marvel, mais ceux-ci furent plutôt confidentiels jusqu’ici (y en a-t-il beaucoup parmi vous qui ont lu Life after Logan, No more bullying et A+X ? …c’est bien ce que je pensais). Il participe cependant au journal satirique The Onion et à Jimmy Kimmel Live! et ce n’est pas surprenant : s’il y a bien une chose qu’on remarque immédiatement en lisant Inhuman Error, c’est que cet homme est doué pour l’humour. Son Spider-Man est tout simplement hilarant, et ses blagues portent la majorité de l’histoire. Qu’il commente sa misérable situation, tente de draguer Medusa ou découvre les NuHumans, il semble avoir une réserve inépuisable de bons mots ou de commentaires décalés.

Cela n’empêche pas quelques passages plus sérieux, comme l’explication des motivations du vilain principal, plutôt touchantes, ou bien les doutes de Sam Wilson quant à sa capacité à être Captain America après que Steve Rogers a mis la barre aussi haut. Ou encore le dernier dialogue entre Spider-Man et Medusa sur ce que c’est d’être un héros, très classique mais sauvé par quelques touches d’humour et de mélancolie, les couleurs d’un beau coucher de soleil aidant à faire passer le tout.

Inhuman Error

Il est amusant de constater que le chapitre spécial d’All-new Captain America est narré par Sam Wilson, celui de The Amazing Spider-Man par Peter Parker, et celui d’Inhuman par… Peter Parker, une nouvelle fois. A la décharge de l’auteur, les NuHumans sont tellement récents et peu développés qu’il est difficile de leur trouver une voix bien particulière sans l’inventer à la place de Charles Soule, mais quelque part ça illustre bien les faiblesses de la série principale.

Par contre j’ai été agréablement surpris de découvrir que le vilain de l’histoire est un authentique personnage datant des débuts de Marvel (à l’époque où ils ne s’appelaient même pas Marvel, c’est dire si on parle de Mathusalem) et qui descend des Inhumains, ce qui le relie à la fois au Captain America d’origine et au peuple de Medusa. Et c’est aussi l’occasion pour Sam Wilson ne nous rappeler / faire découvrir qu’il peut communiquer télépathiquement avec les oiseaux (c’est un peu L’AQUAMAN DES OISEAUX, quoi… tu m’étonnes qu’on ne ressorte jamais ce pouvoir). Des petits détails comme ça qui montrent que l’histoire est très bien construite et que les principaux protagonistes n’ont pas du tout été choisis au hasard.

Graphiquement, les artistes se débrouillent plutôt bien. J’ai aimé voir les couvertures de Jamal Campbell, qui vient s’ajouter à la liste toujours plus longue des artistes remarqués par les éditeurs après avoir posté des fanarts sur le net. Luca Pizzari signe un premier chapitre sur Spider-Man plus que correct, Ryan Lee a un style qui se rapproche plus de Ramon Villalobos que de Jim Lee donc ça tranche un peu, mais son trait assez sale fait de lui LE bon choix pour un chapitre qui parle notamment de la façon dont un peuple d’hommes ailés se sont transformés en créatures monstrueuses, et Alec Morgan ferme le bal avec un style ma foi honnête à défaut d’être éblouissant. Quant à Nolan Woodard, sa colorisation ne peut harmoniser le tout étant donné les styles assez différents des trois artistes (tant mieux, c’est tellement triste de voir des artistes tenter de ressembler à celui du chapitre d’avant au détriment de leur propre identité), mais certaines ambiances sont très réussies et les flashbacks sont immédiatement identifiables.

Inhuman Error

Bref, une histoire bourrée de fun pour ceux qui voudraient passer un bon moment en compagnie de personnages plus ou moins connus, pour les fans de l’humour de Spider-Man, et pour ceux qui aimeraient aimer les Inhumains mais ont eu un peu de mal récemment. A noter que le scénariste revient dans quelques semaines avec la série Groot, dessinée par Brian Kesinger qui vient de Disney animation, avec des couvertures de Declan Shalvey et Jordie Bellaire. Autant dire que je serai au rendez-vous (oui oui, je m’enthousiasme pour les Gardiens de la galaxie, tout arrive, c’est fou).

2 commentaires

  1. J’ai pas encore lu les 2e et 3e numéros mais j’avais bien aimé le premier. L’humour était cool, l’ambiance sympa, Pizzari était plus que prometteur dans son dessin et son encrage et les couleurs de Woodard très très chouettes. Je pense que ce n’est pas un hasard si Pizzari arrive sur la série Red Skull durant Secret Wars (si je ne me trompe pas et je crois qu’il a aussi hérité d’un numéro de Guardians Team-Up à venir ou d’une série du genre) et Jeff Loveness sur Groot. Les deux ont su montrer leur savoir faire et il faut bien qu’ils grimpent un peu. Groot peut vraiment être un gros coup de projecteur pour Loveness, vu la popularité du personnage, donc j’espère pour lui (et pour notre plaisir de lecture) que la série sera réussie.
    En tout cas, bon article encore une fois !

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