[Review] Gambit, par James Asmus

Avant de rejoindre officiellement la dernière version d’X-Factor, le mutant Gambit s’est fait courtiser par diverses personnes et organisations, qu’on peut retrouver dans la série solo qui lui était consacrée, et qui s’est achevée en novembre 2013.

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Au début de l’histoire, Remy Lebeau (alias Gambit) ne sait plus vraiment où il en est. Il a le larcin dans le sang, mais pas assez pour se poser en tant que vilain et sans doute un peu trop pour être parfaitement à l’aise en tant que professeur à l’école de Charles Xavier, dont Wolverine a repris la direction. Et pour retrouver certaines sensations perdues, quoi de mieux qu’un petit cambriolage chez un riche collectionneur d’artefacts pas toujours bien acquis ? Sauf que son butin se révèle être un parasite qui s’accroche à lui et lui draine son énergie. Et qu’une autre voleuse de charme était sur le coup. Et que le collectionneur en question est bien décidé à récupérer son bien (et/ou à faire payer Gambit). Et que ça attire forcément l’attention d’autres héros. Bref, une réaction en chaîne qui va obliger Remy à naviguer de péripéties en péripéties.

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Il y a un peu de James Bond chez Gambit, avec qui celui-ci partage un penchant certain pour la séduction, les belles femmes dangereuses et les voyages aux quatre coins du monde (ruines perdues dans le Guatemala, laboratoire secret dans les Alpes suisses et même la résidence de Sa Majesté, à Buckingham Palace). Ça, mélangé avec un peu d’Arsène Lupin pour le côté gentleman cambrioleur. Et avec un fort accent cajun qui fait rire les francophones qui lisent la VO, avec ces mots français qui se baladent parfois dans les bulles, un peu au petit bonheur la chance.

Côté visuel, on bénéficie la plupart du temps du style très esthétique de Clay Mann, qui semble se faire plaisir en dessinant de belles femmes ET de beaux hommes, pas toujours très vêtus. Surtout Gambit d’ailleurs, qui trouve souvent le moyen de s’afficher torse-nu, de sortir de la douche, voire de sortir de la douche EN TENANT UN CHATON *cuteness overload*. Bref, tout un tas de situations un peu gratuites dans lesquelles on est plutôt habitué à retrouver des personnages féminins, sauf que là, non : le fan-service est équitablement réparti, il y en a pour tout le monde.

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Malheureusement, cette bonne impression se dissipe rapidement, à cause du traitement des personnages. Gambit a beau se retrouver dans des situations toutes plus périlleuses les unes que les autres, il a tellement de ressources qu’il arrive toujours à s’en sortir sans trop de souci. Or un héros cool et débrouillard a tendance à vite perdre son capital sympathie à partir du moment où on ne tremble jamais pour lui, surtout quand il nous explique systématiquement ses petits trucs de voleur dans de longs monologues intérieurs.

Mais celle qui s’en sort le moins bien est sans doute Joelle, la voleuse à laquelle il s’oppose avant de faire équipe avec elle à plusieurs occasions. Si elle commence par se poser en femme forte qui n’a besoin de personne, Gambit finit toujours par la sauver. Cliché entre les clichés, on a même le droit à un petit catfight entre elle et Rogue, l’ex de Gambit. A ce stade-là je ne sais pas ce qui est le plus agaçant/ennuyeux : un personnage d’emblée fade et faible, ou bien un personnage qui se la joue forte tête mais qui se révèle rapidement fade et faible, et principalement là pour mettre en valeur le héros : en s’opposant à lui histoire de avant de capituler, en se faisant secourir régulièrement, en couchant avec lui et en se battant avec son ex (“waaah, trop fort Gambit, DEUX femmes s’affrontent pour lui”).

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En résumé, une petite déception sous un très bel emballage, à cause d’une histoire et d’un héros a priori cools mais qui continuent de véhiculer l’air de rien certains des pires clichés. J’étais cependant content d’en apprendre un peu plus sur le nouveau statu quo du héros dans le dernier arc de l’histoire, ce qui éclaire certains personnages et certaines situations d’All-new X-Factor, comme Nil et la Guilde des voleurs.

En VF, les 12 premiers chapitres ont été publiés dans les X-men Extra #96 et #99 de Panini, pour un prix absolument dérisoire comparé à ceux des volumes reliés habituels car il s’agit de hors-série kiosques. Les 5 derniers sont parus dans le magazine X-men Universe.
En VO, 3 TPB regroupent l’intégralité de la série.

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La série résumée en une case.

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