Captain Marvel #11, SHIELD #2 et Silver Surfer #8

Silver Surfer #8

SHIELD m’enthousiasme autant que la série TV m’avait laissé froid, où le Silver Surfer et Dawn Greenwood me rappellent qu’ils m’avaient manqué, et où j’aimerais bien aimer Captain Marvel un peu plus qu’en ce moment.

  • Captain Marvel #11
  • SHIELD #2
  • Silver Surfer #8

Captain Marvel #11

Suite à la lettre qu’elle a reçue dans le chapitre précédent, Carol Danvers débarque sur Terre. Elle ne s’attend cependant pas à ce que de vieilles connaissances l’attendent au tournant (et que ce soit Noël, accessoirement).

Ce qui me chiffonne depuis la fin du magnifique premier arc de la série, c’est qu’on a l’impression de lire une histoire pour enfants. Non pas que ce soit un problème en soi (s’adresser à un jeune public n’est pas synonyme de médiocrité), mais après la maturité du propos des premiers chapitres et l’utilisation judicieuse des retombées d’Infinity, cela surprend. Et déçoit un peu. Cet épisode est surtout l’occasion pour la scénariste de s’amuser avec les jouets qu’elle a introduits jusqu’ici, dans la précédente saison de Captain Marvel comme dans son run sur Avengers Assemble, mais sans rien raconter de vraiment nouveau avec. Le combat du numéro est expédié via un deus ex machina très dans le thème mais surtout très très gros et difficile à avaler, qui fait se demander si c’était vraiment nécessaire de faire revenir telle ou telle ennemie si c’est pour s’en débarrasser aussi rapidement. Et en parlant de jouets, lire une christmas issue aurait sans doute été plus marquant en décembre qu’en plein mois de janvier, quand on n’est plus dans la préparation des fêtes mais qu’on est déjà passé à autre chose depuis une bonne quinzaine de jours.

Captain Marvel #11

Bref, encore un épisode qui ronronne gentiment et se regarde le nombril, ce qui n’est pas un problème quand ce n’arrive qu’une fois de temps en temps, mais là ça fait presque 5 chapitres d’affilée que c’est le cas. Et en plus, le crossover Black Vortex avec les autres héros cosmiques de Marvel commence à poindre le bout de son nez… Autant envoyer Carol dans l’espace était une bonne idée au vu des résultats du premier arc, autant Kelly Sue DeConnick donne l’impression de ne plus rien avoir à raconter sur son personnage depuis. J’espère que la suite relèvera le niveau, car j’ai l’impression d’assister au lent naufrage d’une série qui, de bonne surprise discrète est en train de devenir un titre complètement dispensable, qui ne développe plus rien, ni intrigue ni personnage. Toujours très sympathique, juste un peu creux.

Du côté visuel, David Lopez continue de nous gâter, notamment avec de magnifiques visages (je pense en particulier à l’avant-dernière case du chapitre, particulièrement émouvante).

SHIELD #2

Après la bataille titanesque du premier chapitre, celui-ci nous propose une intrigue d’envergure plus modeste mais non moins réussie. L’agent Coulson et ses collègues enquêtent en effet sur une sombre histoire de trafic d’objets ayant appartenus à des vilains, et se déroulant dans le lycée d’une certaine Kamala Khan.

S.H.I.E.L.D. #2

Alors que la ronde des dessinateurs dans les comics de super-héros et notamment chez Marvel a parfois de quoi lasser, blaser, ce titre-ci tire pleinement parti du principe “1 numéro = 1 artiste différent”. Avec son style plutôt cartoon, Humberto Ramos est en effet l’homme parfait pour mettre en scène une héroïne rigolote dont le corps peut se déformer à volonté. Et si des auteurs n’hésitent pas à déjà utiliser Kamala dans leurs histoires pour sa sympathie (comme Dan Slott très récemment dans Spider-Man), le succès de son titre solo et le symbole qu’elle représente ne sont sans doute pas étrangers à ses apparitions ailleurs (Ms. Marvel, la nouvelle Wolverine ? :P). L’idée de la faire intervenir ici est cependant inspirée, tant il ne semble pas y avoir de plus grands geeks de l’univers Marvel que Kamala et Coulson. La rencontre entre les deux vaut son pesant de cachuètes (dans la nuit), quoique le principe des pizzas mutantes n’est pas mal non plus, mais c’est surtout le parallèle entre la jeune héroïne et l’agent Jemma Simmons qui est le plus marquant. En effet, toutes deux cachent un pan important de leur vie à leurs parents, et après des séquences riches en humour et en action, comme à son habitude Mark Waid réussit à nous marquer avec une petite touche de gravité lors d’un bref échange entre les deux jeunes femmes, nous donnant ainsi plus qu’un simple divertissement potentiellement vite oublié.

Je radote sans doute un peu, mais face à la décompression actuelle, de bonnes histoires en un chapitre sont toujours bonnes à prendre, surtout quand elles sont aussi réussies que variées. A voir comment le principe va tenir sur la durée, mais les débuts de SHIELD sont plutôt enthousiasmants (pas comme les débuts de… la série TV, par exemple).

Silver Surfer #8

Silver Surfer #8

Une série un peu trop discrète, peut-être à cause de ses retards ? (Dan Slott est visiblement très occupé par Spider-Verse.) Et pourtant on peut l’ajouter à la liste de plus en plus longue de “ces petites séries Marvel qui ne paient pas de mine là, loin des grands événements et tout, mais qui sont quand même rudement sympathiques”. On pourrait presque la mettre tout en haut de cette liste, et cet épisode nous rappelle pourquoi. Après un petite séquence hilarante entre Dorrin et Dawn, le ton devient plus sérieux quand certains secrets sont révélés. Est-ce que la série passe à la vitesse supérieure avec une menace de plus grande envergure, ou s’agit-il juste d’un autre arc avec un enjeu plus conséquent que d’habitude ? Il faudra attendre la suite pour le savoir, en attendant on peut se délecter du talent de l’équipe créative. Mention spéciale ici à la façon dont sont représentés les dialogues entre Norrin et “Toomie”.

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