[Review] Captain America : le soldat de l’hiver

Après les événements du film Avengers, Steve Rogers (alias Captain America) commence à s’adapter à sa nouvelle époque, tout en réalisant que Nick Fury lui cache bien des secrets et qu’il n’approuve vraiment pas la prévention un peu trop intrusive du S.H.I.E.L.D. La situation se complique encore plus quand Nick Fury se rend compte que certains secrets lui échappent également…

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Petit malaise du spectateur francophone en début de film quand il entend des dialogues en français mal interprétés et/ou à la syntaxe très étrange, le summum étant atteint quand Batroc, qu’on présente comme algérien, s’exprime avec un fort accent… québecois ?! ôO Autre déception dans une des premières scènes d’action, qui consiste à regarder Nick Fury enfermé dans sa voiture ultra-blindée, en train de donner des instructions à l’IA du véhicule tout en voyant ses protections céder de plus en plus (oui, une scène d’action où le principal intéressé reste assis sur son siège, c’est un peu mollasson). Heureusement, à l’exception d’un point qui m’a chagriné et sur lequel je reviendrai par la suite, le film m’a pas mal plu.

Tout d’abord, son thème principal est à la fois très à la mode et tout à fait adapté à son personnage principal : quoi de plus actuel à l’époque de Facebook et du scandale de la NSA que d’évoquer les dérives de l’hyper-surveillance ? Surtout lorsque, tel le James Bond de Skyfall, le héros est une sorte de rescapé d’une époque ancienne où deux blocs tout à fait identifiables s’affrontaient. Ici, l’icône de la droiture et du patriotisme se retrouve encore plus perdue, dans un monde tout en nuance de gris où l’ennemi est plus proche qu’on ne le croit. Voire très, très proche… L’humour se fait d’ailleurs beaucoup plus rare que dans le reste des productions Marvel jusqu’ici : s’il n’est pas complètement absent, il a le bon goût de ne pas venir casser toute l’intensité dramatique de certaines scènes (à l’inverse de Thor 2 par exemple).

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A ce propos, je salue les auteurs qui ont réussi à conserver l’essence du personnage tout en l’adaptant à un contexte où un drapeau américain sur pattes habillé en bleu flash prête vite à sourire (le run d’Ed Brubaker qui a introduit le winter soldier leur avait déjà bien préparé le terrain ceci dit). Alors que dans Man of Steel, cet autre héros solaire qu’est Superman rentrait dans le moule sombre et réaliste qui avait fait le succès de la précédente trilogie Batman (et qu’on retrouve à présent un peu partout dans les productions DC), Steve Rogers reste fidèle à ses idéaux et demeure celui qui inspire ses pairs, en les poussant à devenir la meilleure version d’eux-mêmes. Quand on ne connaît pas le personnage, on craint vite d’avoir affaire à un outil de propagande américaine un peu niais, très premier degré, pour finalement découvrir un Steve Rogers qui se dit que le bel idéal de l’Amérique qu’il défendait, ben c’est plus toujours trop ça.

Mais il n’est pas seul dans ce film, et c’est avec plaisir qu’on retrouve aussi Natasha Romanoff, alias Black Widow. Il faut bien avouer que l’espionne avait du mal à exister dans Avengers, car à la différence de ses alliés, sa spécialité se situe à l’exact opposé du déferlement d’action bourrine. Par contre, entourée de personnages (à peine sur)humains (mais pas trop), dans une affaire où il est au moins aussi important d’avoir une longueur d’avance sur ses ennemis que de faire parler les poings et les mitrailleuses, elle peut montrer toute l’étendue de ses talents. La voix basse, rauque et un peu cassée que prend Scarlett Johansson colle d’ailleurs tout à fait à la psychologie et à ce qu’on devine du parcours du personnage.

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Rien à déclarer sur Sam Wilson le Faucon, un personnage bien sympa mais dont la capacité à voler impressionne moins aujourd’hui, surtout après avoir vu Thor et Iron Man dans des films précédents. Mais – Point Minorités™ – un peu de diversité, ça ne fait jamais de mal. Pas vraiment convaincu par le soldat de l’hiver qui donne son titre au film, par contre. Machine de guerre implacable lorsqu’il combat, il perd tout son charisme lorsque son masque tombe et que son visage apparaît. Son acteur n’a pas très bien réussi à rendre les moments où sa carapace d’arme vivante se fissure pour laisser affleurer ce qui lui reste d’humanité. Gageons qu’il s’améliorera dans ses prochains films, car il est finalement assez peu développé, alors que le sous-titre du film laissait penser le contraire.

A l’inverse, Robert Redford assure vraiment dans un rôle que je ne peux détailler au risque de tout spoiler. Et pour rester dans les grands révélations que je me dois de taire (mais que je mentionnerai quand même), effectivement, rien ne sera plus pareil o_O Autant les sollicitations des titres Marvel ont souvent tendance à en faire des tonnes pour annoncer des événements pseudo-révolutionnaires, autant là les auteurs n’hésitent pas à réellement bouleverser l’univers.

Bref, un film plutôt réussi, plus fin que son premier volet qui restait classique et gentil, et de manière générale plus réussi que la majorité des films estampillés Marvel Studios. Comme d’habitude n’oubliez pas de rester pour les deux scènes post-générique, enfin surtout la première : la deuxième arrive vraiment TOUT à la fin des crédits et ne nous apprend rien qu’on n’ait déjà deviné, donc si vous étiez déjà partis, c’est pas trop grave.

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