Black Magick : explication des références ésotériques

Black Magick

Mabon, les esbats et les sabbats

Le récit commence en pleine célébration de Mabon, qui est l’un des huit sabbats de l’année.

Symboles du dieu et de la déesse

Les symboles du dieu (à gauche) et de la déesse (à droite).

Comme dit précédemment, les wiccans vénèrent un dieu et une déesse, associés respectivement au soleil et à la lune. Le symbole de la déesse ci-contre représente d’ailleurs les trois phases visibles de la lune – croissante, pleine et décroissante – associé aux trois aspects de la divinité : jeune fille, mère et vieille femme.

Les esbats sont des célébrations ayant lieu chaque mois et rendant hommage à la déesse. Elles peuvent avoir lieu à la pleine lune, où son énergie est réputée comme étant la plus puissante, mais ce n’est pas obligatoire.

Les sabbats, qui célèbrent quand à eux le dieu, suivent le cycle des saisons et donc la variation de la durée du jour. Ils marquent les grandes étapes de la relation cyclique qu’entretiennent le dieu et la déesse :

  • Yule, au solstice d’hiver (~22 décembre) : la déesse donne naissance au dieu. Le solstice d’hiver est la nuit la plus longue de l’année, ce qui signifie que les jours qui suivent sont de plus en plus longs. Ce retour du soleil, cette symbolique de la lumière qui revient sur le monde, est également utilisée dans la religion chrétienne puisque c’est aux alentours de cette date qu’est célébrée la naissance de Jésus.
  • Imbolc (2 février) : le dieu est un jeune garçon, et la déesse se remet de son accouchement.
  • Ostara, à l’équinoxe de printemps (~21 mars) : le printemps débute et la Terre se réveille. Le dieu est adolescent.
  • Beltane (1er mai) : le dieu est devenu adulte et tombe amoureux de la déesse. Ils s’unissent, la nature offre ses fruits et la déesse tombe enceinte (c’est symbolique).
  • Litha, au solstice d’été (~21 juin) : c’est le jour le plus long de l’année, LA période où la nature produit en abondance. Le dieu et la déesse sont à l’apogée de leur puissance.
  • Lughnasadh (1er août) : le moment de la première récolte, les nuits s’allongent et le dieu commence à s’affaiblir.
  • MABON, à l’équinoxe d’automne (~22 septembre) : la récolte initiée début août arrive à sa fin, la nuit dure autant que le jour et ne va cesser de s’allonger par la suite, le dieu se rapproche de la mort et la Terre prépare son sommeil hivernal. L’incantation prononcée par Alex pendant la cérémonie, au tout début du chapitre #1, évoque bien tous ces aspects.
  • Samhain (31 octobre) : le dieu meurt avant de renaître à Yule, où le cycle recommencera.
Black Magick : Alex & Rowan

Especially on Mabon, especially on what? 🙂

Dans les premières pages de Black Magick, la cérémonie de Mabon se déroule une nuit de pleine lune, ce qui est particulièrement exceptionnel : on comprend donc que le départ inopportun d’une des participantes soit très agaçant.

Le cercle magique, l’autel et l’athamé

Lors d’un rituel tel que celui-ci, les pratiquant•e•s créent un cercle magique, ou plus exactement une sphère d’énergie qui les entoure. Celle-ci a entre autres pour but de ne pas laisser entrer des énergies extérieures, des esprits malfaisants. De fait, on ne la traverse pas comme on veut. Pour qu’une personne puisse entrer ou sortir, quelqu’un doit créer une ouverture dans la sphère avec un athamé, puis la refermer derrière la personne.

L’athamé est une dague rituelle qui ne sert pas à trancher, mais à canaliser l’énergie durant le rituel (en plus d’ouvrir un passage dans le cercle magique si besoin). Dans Black Magick, Alex semble menacer Rowan avec la lame du sien, mais en réalité elle ouvre un passage derrière elle pour lui permettre de quitter le cercle.

"Ground yourself before you leave" (Black Magick #1)

« Ground yourself before you leave » : l’idée est d’évacuer le surplus d’énergie accumulé pendant le rituel, en se raccordant à la terre par exemple.

Au centre du cercle magique se trouve un autel, une petite surface plane qui est à la fois un espace dédié aux divinités et un plan de travail, sur lequel sont disposés certains objets. Celui de Black Magick correspond aux recommandations usuelles, puisqu’on y trouve :

  • des images du dieu et de la déesse, accompagnées de bougies et posées sur les parties droite et gauche de l’autel respectivement ;
  • une petite cloche, de l’encens, un calice, deux bols remplis d’eau et de sel, un pentacle, quelques cristaux et un athamé ;
  • enfin, des fleurs, fruits et légumes qui évoquent la récolte et rappellent qu’on célèbre Mabon.
L'autel utilisé pendant la célébration de Mabon, dans Black Magick

« So mote it be » est notamment utilisé par les païens, de façon similaire au « amen » de la religion chrétienne, pour signifier « ainsi soit-il ».

Les quarters, mentionnés par une des participantes, désignent les esprits tutélaires des quatre points cardinaux, invoqués pendant le rituel.

Symbolique des robes

Certain•e•s pratiquent leurs rituels nus, d’autres portent des robes réservées à ces occasions, avec parfois des couleurs spécialement choisies pour leur signification. Dans Black Magick, les pratiquant•e•s portent des modèles différents, plus ou moins ouverts, d’une couleur non-identifiée (on pense à du noir mais impossible d’être sûr vu que les planches sont majoritairement en noir et blanc).

Ces différences sont certainement là pour illustrer la différence d’état d’esprit entre Alex et Rowan. La première a l’air très à l’aise dans sa pratique et cela se traduit par son accoutrement : sa robe est translucide et laisse voir son corps nu, et ses bords sont ornés de paillettes. La seconde a l’air plus torturée, sa robe est opaque, discrètement ouvragée et laisse très peu voir son corps.

La Grande Prêtresse

Un coven est généralement dirigé par une Grande Prêtresse, parfois assistée d’un Grand Prêtre, qui mène notamment les rituels et peut être vue comme l’incarnation de la déesse. D’autres membres peuvent avoir une expérience et un niveau d’initiation suffisants pour occuper un tel poste, mais il n’y a qu’une seule Grande Prêtresse par coven.

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Ici, c’est clairement Alex la Grande Prêtresse du leur (vous aurez remarqué que son diadème porte le symbole de la déesse). Dans le dialogue ci-dessus, elle rappelle clairement à Rowan que celle-ci est aussi puissante qu’elle… enfin qu’elle pourrait l’être si elle s’y autorisait. Ce qui vient confirmer que Rowan demeure en retrait par rapport à Alex et à ses propres capacités.

 

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