[Review] Astonishing X-men: Xenogenesis, par Warren Ellis et Kaare Andrews

Astonishing X-men est une série qui fut lancée par Joss Whedon et John Cassaday, et qui est un peu ma réponse de base à la question “tu me conseilles de commencer par quoi chez les X-men ?” Elle l’est pour tout un tas de raisons, comme le cast assez réduit qui permet de faire la part belle au développement des personnages (Emmaaaaa <3) et à leurs relations, mais aussi le fait que la série reste à l’écart des events et autres crossovers qui donnent l’impression qu’on ne comprendra rien si on ne lit pas les séries X, Y et Z en même temps (tout en ayant 3 onglets Wikipédia ouverts pour savoir qui est qui).

Après leur départ, la série fut reprise par d’autres équipes créatives, dont Warren Ellis (Moon Knight, Trees) et Kaare Andrews (Iron Fist: The living weapon). Dans cette histoire de xénogénèse en 5 chapitres, les X-men découvrent que plusieurs bébés mutants sont nés dans un coin reculé de l’Afrique, mettant en danger la population locale par leurs pouvoirs. Sauf que (1) à ce moment-là de l’histoire des X-men, de nouveaux mutants ne sont pas censés apparaître et (2) les pouvoirs des mutants se manifestent à la puberté et non à la naissance, donc ces bébés sont vraiment très louches…

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J’ai aimé : comme dans le run de Whedon, il n’a que peu de personnages. Cyclops, Emma Frost, Wolverine, Armor, Storm et Beast : c’est tout. Ellis a cependant un humour beaucoup plus froid, beaucoup plus sarcastique que celui de Whedon, ce qui donne un résultat moins chaleureux, même si certaines répliques sont sacrément bien trouvées. Délocaliser l’action en Afrique permet également de soulever des questions intéressantes quant à l’intérêt qu’on porte à un même problème, suivant s’il survient en plein cœur des Etats-Unis ou au fin fond de la jungle.

Je n’ai pas d’avis : les dessins de Kaare Andrews, qui s’est amusé à accentuer à l’extrême les caractéristiques physiques des personnages : Logan et Hank sont des masses, les cheveux d’Ororo et d’Emma n’en finissent pas, tandis que cette dernière est tout en courbes et plutôt vulgaire. On accrochera ou pas à ces choix esthétiques, mais on reconnaîtra je pense une certaine puissance qui se dégage de ce trait.

J’ai été déçu : Ellis réutilise des éléments du run d’Alan Moore sur Captain Britain, à savoir Fury et une autre version de James Jaspers, or ces personnages, ces concepts sont beaucoup trop puissants pour être transplantés tel quel dans d’autres intrigues. Fury est une créature implacable créée pour vaincre des super-héros en s’adaptant constamment : elle ne s’arrête jamais, elle n’est jamais vaincue, ce qui la rend si redoutable. Dans cette histoire, les X-men affrontent plusieurs exemplaires plus faibles de Fury, beaucoup moins dangereux et du coup beaucoup moins intéressants (la menace qu’ils représentent finit par être réglée en 2 pages).

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Conclusion : une histoire honnête et qui recèle son lot d’échanges savoureux (on n’en attendait pas moins de Warren Ellis) par contre avoir lu Captain Britain auparavant lui retire énormément de son charme, tant les personnages réutilisés ne sont que de pâles copies de ce qu’ils ont pu être sous la plume d’Alan Moore.

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