L'exposition dans les comics

Dans une histoire, il faut à un moment ou à un autre expliquer au lecteur qui sont les personnages et quel est le monde dans lequel ils évoluent : c’est ce qu’on appelle l’exposition.

Son rôle est particulièrement crucial dans les comics de super-héros, où un chapitre #1 peut faire intervenir des personnages qui existent depuis des décennies, mais où un lecteur débutant doit pouvoir saisir rapidement les principales choses à savoir sur eux. Certaines équipes créatives arrivent très bien à intégrer cette contrainte, d’autres beaucoup moins.

Dans cet article, je vous propose d’étudier deux pages issues de deux titres différents : une qui nous assomme d’informations présentées de la façon la plus plate qui soit, l’autre qui les fait passer de façon subtile et variée.Lire la suite de

DeadEndia - Hamish Steele

Barney, 20 ans, vient de trouver un boulot dans un parc d’attraction. Un truc tout simple : s’occuper de l’entretien d’une maison hantée où travaille son amie Norma. Sauf que surpriiiiise, la maison en question est vraiment hantée. Page 13, le chien de Barney est brièvement possédé par un puissant seigneur démon par exemple. Les projections astrales, les voyages dans le temps et les réalités alternatives, ça vient après.

Ah et Norma a des troubles mentaux, tandis que Barney a en fait fui la maison de ses parents, où ce n’était plus possible pour lui de vivre depuis qu’il leur a appris qu’il était trans. Oui parce que sinon c’était trop facile.

A la base, cette histoire était un court-métrage présenté sur Cartoon Hangover. Comme aucune chaîne de TV ne décida d’en faire une série, son créateur Hamish Steele la transforma en un webcomic : DeadEndia. Dans son ADN, celle-ci a d’ailleurs conservé ce qui faisait la force de certains dessins animés US (Adventure Time et Steven Universe pour ne citer qu’eux).Lire la suite de

Affiche Comic Con 2016

Cette année, le Comic Con Paris avait plein d’invités que j’aimais beaucoup. Comprendre : il y avait l’équipe de The Wicked + The Divine. Certes, elle était déjà à une rencontre organisée par Glénat le jeudi soir au Point Éphémère, mais au CCP il y avait des conférences, ce qui me permettait d’assouvir une grande passion : écouter Kieron Gillen parler de trucs.

Rien ne s’est vraiment passé comme prévu, mais ce fut pour le mieux : j’ai pu parler avec des amis, passer du temps avec des créateurs et tout simplement prendre le temps de profiter du salon. Voici un compte-rendu très personnel de ma journée.Lire la suite de

Wonder Woman #8

La série Wonder Woman actuelle, scénarisée par Greg Rucka, raconte deux récits en parallèle qui se renvoient sans cesse l’un à l’autre. Year One, dessiné par Nicola Scott, est un récit des origines de Diana alias Wonder Woman. Il nous raconte le moment où elle a quitté son île natale pour se rendre dans le monde des hommes. Dans The Lies, dessiné par Liam Sharp et situé des années plus tard, Diana réalise qu’elle ne peut plus retourner sur l’île et se demande ce qu’elle doit croire quant à son histoire.

Dans le premier, elle était aidée à son arrivée par une brillante chercheuse : le Dr Barbara Ann Minerva. Dans le second, Diana requiert à nouveau l’aide de Barbara pour retourner sur son île et démêler les fils de son histoire. Mais celle-ci est entre-temps devenue Cheetah, une puissante créature mi-humaine mi-fauve, épouse d’un dieu qui l’a maudite en l’obligeant à se repaître de chair humaine. Et elle aurait bien besoin de l’aide de Diana pour dissiper les mensonges dont elle aussi a été victime.

Le chapitre #8, dessiné par Bilquis Evely, vient faire le lien entre les deux intrigues. En racontant l’histoire de Barbara avant qu’elle ne devienne Cheetah, il illustre notamment tout le gâchis dont a été victime Barbara depuis son enfance. La façon dont les hommes de son entourage ont tenté de la contraindre notamment, au lieu de la soutenir et de lui permettre d’utiliser ses capacités au maximum [légers spoilers].Lire la suite de

On considère souvent les comics de super-héros – et par extension leurs adaptations – comme l’expression de fantasmes de puissance, comme un moyen de voir ses souhaits exaucés. Un exemple actuel évident : alors que les jeunes américains noirs ont neuf fois plus de chances d’être abattus par la police que les autres membres de la population, le héros noir Luke Cage débarque sur Netflix. Son pouvoir ? Une peau à l’épreuve des balles.

La série Daredevil propose elle aussi son lot de fantasmes, certains moins évidents que d’autres (SPOILERS sur toute la saison 2). Certes, on aimerait par exemple avoir la présence du Caïd lorsqu’il impose le respect à ses co-détenus en buvant du vin dans un verre en plastique. Ou bien les capacités martiales d’Elektra et Daredevil, voire la persévérance de Karen Page et sa capacité à rester fraîche comme le jour en ne dormant jamais. Mais la série alimente aussi des fantasmes d’un autre registre.Lire la suite de

Another Castle #1

Il était une fois, dans un paisible royaume, une jolie princesse qui s’apprêtait à se marier. Sauf qu’en fait non : alors que ses servantes la préparent pour le bal, elle intercepte un espion du royaume voisin, signe que leur tyran prépare quelque chose. Plus le temps pour la danse et le décorum ! La princesse Misty part vers le royaume de Grimoire l’épée à la main, bien décidée à ne pas attendre que sa contrée natale soit envahie. Mais il faudra peut-être plus que ça pour renverser le souverain de Grimoire…Lire la suite de

Angela est la plus redoutable des guerrières de Heven, une société d’anges pour qui rien n’est gratuit : chez elles, tout n’est que marché à honorer ou dette à régler. Elle est aussi la sœur cachée de Thor et de Loki, laissée pour morte après avoir été enlevée par les anges peu de temps après sa naissance.

Au début de ce troisième et dernier tome de ses aventures, elle vient d’apprendre que sa bien-aimée Sera est retenue en Hel, c’est-à-dire là où vont les morts du royaume d’Asgard quand ils ne sont pas dignes d’entrer au Valhalla. Pour sortir Sera de là, il faudra qu’Angela défie la déesse-reine des lieux et devienne à son tour… la Queen of Hel.Lire la suite de

The People Inside, Ray Fawkes

Comme je parle beaucoup de super-héros en collants bariolés, de points d’entrée etc. je me suis dit que ça serait bien de changer un peu de temps en temps, donc aujourd’hui, je vous propose le CONTRAIRE.

The People Inside de Ray Fawkes, c’est du noir et blanc, de l’expérimental, du pas facile d’accès, du si-ça-sortait-en-français-ce-serait-lu-par-trois-mangaversiens. Mais c’est super bien !Lire la suite de

Avec son relaunch Rebirth, DC Comics a pour ambition de ramener dans ses titres des valeurs qui étaient un peu passées à la trappe dans ses New 52. Geoff Johns parle d’espoir et d’optimisme, et en lisant DC Universe: Rebirth #1, on note aussi que l’éditeur renoue avec ses couples les plus célèbres. C’est très bien.

Par contre, ce n’est pas le seul relaunch en cours : leurs séries adaptées des productions Hanna-Barbera commencent aussi en ce moment, et Marvel étale énormément chacun des siens, de façon à avoir des nouveautés tout le temps. Et qui dit relaunch dit « chapitres #1 », or de nouvelles séries apparaissent régulièrement chez tous les éditeurs.

Bref, je ne sais pas vous, mais de mon côté les achats de la semaine incluent de plus en plus de #1. D’un côté c’est agréable de découvrir de nouvelles histoires, de nouvelles équipes créatives etc. D’un autre, certains lieux communs finissent par sauter aux yeux et deviennent quasiment insupportables. Je pense surtout à ma bête noire : l’exposition.Lire la suite de